Publié par Jean-Patrick Grumberg le 26 février 2021

Joe Biden, menteur et va-t’en-guerre, vient de bombarder la Syrie. S’il bombarde d’autres nations, c’est certain, il recevra le prix Nobel de la paix.

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Les États-Unis ont mené jeudi leur première action militaire sous la direction du président Biden, ciblant les infrastructures autour d’Al-Bukamal, à proximité de la base Imam Ali utilisée par les groupes soutenus par l’Iran en Syrie en réponse aux récentes attaques à la roquette en Irak.

Le secrétaire d’Etat à la Défense Lloyd Austin a déclaré aux journalistes qui l’accompagnaient qu’il avait recommandé cette frappe à M. Biden, qui l’a autorisée lors d’un appel téléphonique.

Contexte

  • La semaine dernière, une attaque à la roquette à Erbil, dans le nord de l’Irak, a tué un sous-traitant militaire privé sous contrat avec le Pentagone, qui n’était pas un citoyen américain, et blessé quatre sous-traitants militaires américains et un membre de l’armée américaine. Au total, huit sous-traitants ont été blessés, dont deux assez gravement pour nécessiter une évacuation.
  • Les États-Unis ont reçu la preuve que l’attaque avait été menée avec du matériel fourni par l’Iran.
  • L’attaque sur Erbil consistait en 14 roquettes, 6 autres étant restées sur les rails de lancement.
  • Le Pentagone a confirmé que :

« Sur ordre du président Biden, les forces militaires américaines ont mené dans la soirée des frappes aériennes contre des infrastructures utilisées par des groupes militants soutenus par l’Iran dans l’est de la Syrie » à 18h (heure de l’Est).

  • Le secrétaire américain à la Défense a déclaré :

« Nous sommes confiants dans la cible que nous avons visée. Nous savons ce que nous avons touché. Nous sommes convaincus que cette cible était utilisée par la même milice chiite qui a mené les frappes contre les Américains en Irak.

  • John Kirby, porte-parole du Pentagone, a déclaré dans un communiqué :

« L’opération envoie un message sans ambiguïté : Le président Biden agira pour protéger le personnel de la coalition américaine ».

Premiers effets

Les frappes ont détruit de multiples installations à un point de contrôle frontalier à al Bukamal, en Syrie, utilisées par un certain nombre de groupes militants soutenus par l’Iran, dont le Hezbollah Kataib et Sayyid al Shuhada Kataib.

Le porte-parole du Pentagone n’a mentionné aucune victime.

Cependant, le groupe de surveillance basé au Royaume-Uni, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, a déclaré que 22 personnes ont été tuées lors des frappes, qui ont, selon lui, touché trois camions transportant des munitions de l’Irak vers la Syrie. Toujours selon l’Observatoire, toutes les personnes tuées étaient des membres des milices soutenues par l’Iran, la majorité d’entre elles appartenant au Hezbollah Kataïb. Les sources du groupe ont déclaré qu’immédiatement après les frappes, les groupes soutenus par l’Iran se sont précipités pour évacuer plusieurs sites à Al Bukamal, craignant de nouvelles attaques américaines.

Pourquoi l’affaire pue

Le 8 décembre 2020, le New-York Times exposait les problèmes éthiques soulevés par la décision de Biden de nommer Lloyd J. Austin au poste de ministre de la Défense, en raison de ses liens avec le secteur militaire (1).

Le général à la retraite Lloyd J. Austin III, qui a recommandé ces frappes au président Joe Biden depuis son poste de ministre de la Défense, siège au conseil d’administration de Raytheon, l’un des plus grands fabricants d’armes au monde, et il est associé dans une société d’investissement qui achète des fournisseurs militaires, expliquait le NYT.

  • Alors qu’il était membre du conseil d’administration, Austin a reçu un total de 1,4 million de dollars en actions et autres compensations sur quatre ans. Raytheon en attendait un retour sur investissement. C’est cette forme de lobbying qui constitue le fond du marécage puant de Washington, un lobbying payé avec l’argent des contribuables, et profite à quelques-uns, mais certainement pas aux Américains.

Raytheon

Raytheon est l’un des plus grands entrepreneurs et sous-traitants militaires au monde. Là où il se distingue de ses concurrents, c’est qu’un membre de son conseil d’administration (2) a été nommé par le président Biden au poste de prochain secrétaire à la Défense.

  • Raytheon, c’est 195 000 employés.
  • L’entreprise fabrique des moteurs d’avions de chasse, des armes, des capteurs de haute technologie et des dizaines de produits militaires.
  • Elle a vendu pour des milliards de dollars d’armes et de systèmes de radar aux alliés américains au Moyen-Orient.
  • Son portefeuille de commandes en attente du gouvernement fédéral est de 73 milliards de dollars, une paille (3).

Un ministre de la Défense impliqué dans l’armement, ça fait tousser

La décision de Biden de nommer le général Austin a suscité des questions sur les étranges choix de Biden pour son administration, qui promet – mais ils le promettent tous – une administration transparente et éthique.

Ces liens sont particulièrement problématiques concernant le Pentagone, qui dépense chaque année des centaines de milliards de dollars en armement et sous-traitance.

« Il est important que le secrétaire à la Défense soit indépendant, et il est très inquiétant de voir qu’un candidat vient directement de l’un des principaux entrepreneurs militaires », a déclaré Daryl G. Kimball, le directeur exécutif de l’Association pour le contrôle des armes.

Il a ajouté : « Raytheon, je tiens à le souligner, a un énorme enjeu financier dans les décisions à venir de l’administration Biden, du Congrès, du secrétaire à la Défense ».

Même les membres du propre parti de M. Biden lui ont demandé de ne pas nommer au poste de secrétaire à la Défense des personnes venant directement du monde des entreprises d’armement.

« La sécurité nationale américaine ne devrait pas être définie par les bénéfices désirés par Boeing, General Dynamics et Raytheon », a déclaré le mois dernier le représentant Mark Pocan, Démocrate du Wisconsin, dans un communiqué.

https://www.commondreams.org/news/2020/11/12/should-be-basic-common-sense-lee-and-pocan-urge-biden-appoint-pentagon-chief-without

Et ce n’est pas tout !

Raytheon n’est pas le seul lien du général Austin avec les sous-traitants militaires du Pentagone. Il a également les pieds dans une société d’investissement qui a racheté de petites entreprises de Défense, Pine Island Capital, dont il a rejoint le conseil d’administration en juillet 2020 (4). Cette société a récemment acheté de nombreux petits entrepreneurs militaires, dont Precinmac Precision Machining, qui vend des pièces spécialisées pour les systèmes de lancement de fusées et les mitrailleuses.

Pendant le mandat de M. Trump, le budget militaire a augmenté d’environ 15 %, atteignant 705 milliards de dollars au cours du dernier exercice financier, soit l’un des niveaux les plus élevés en dollars constants depuis la Seconde Guerre mondiale. D’une part, le président Trump est le premier président depuis 50 ans à ne pas avoir déclenché de guerre parce que sa stratégie consistait à imposer la paix par une démonstration de force, ce qui a payé, et de l’autre, il avait découvert en 2017 en entrant en fonction, une armée vétuste, sous-équipée, et au matériel dangereux vieillissant.

Biden, va-t’en-guerre menteur

En février 2020, Joe Biden déclarait :

« En tant que président, j’utiliserai le pouvoir militaire de manière responsable et en dernier recours. Nous ne reviendrons pas éternellement sur les guerres au Moyen-Orient ».

  • En janvier 2020, il dénonçait les intentions prêtées au président Trump d’entrer en guerre contre l’Iran :

Soyons clairs : Donald Trump n’a pas l’autorité nécessaire pour nous faire entrer en guerre avec l’Iran sans l’approbation du Congrès. Un président ne devrait jamais emmener cette nation en guerre sans le consentement éclairé du peuple américain ».

Riposte disproportionnée

  • Et en février 2021, Biden bombarde la Syrie. Une riposte disproportionnée, sans demander l’accord du Congrès, et pour des motifs plus que douteux : des sous-traitants blessés.

En juin 2019, le président Trump a annulé au dernier moment une frappe contre l’Iran parce qu’elle risquait de faire jusqu’à 150 victimes côté iranien, en notant que l’abattage d’un drone par l’Iran n’avait tué aucun Américain. C’était une riposte proportionnée. Mais cela ne compte pas, car les tweets de Donald Trump étaient agressifs et quelques fois malpolis, tandis que ceux signés au nom de Biden sont plutôt gentils.

Point secondaire et significatif, la vice-présidente Kamala Harris n’a pas été informée avant le bombardement syrien, et elle semble être très contrariée d’avoir été mise à l’écart.

Deux poids deux mesures

En janvier 2021, un pro-Biden déclarait : « Etre assez bête pour croire que Joe Biden va littéralement « bombarder » le Moyen-Orient, les pro-Trump sont tous des fous. »

En 2017, Jen Psaki, actuellement attachée de presse de la Maison-Blanch a écrit à propos de Trump :

« Quelle est l’autorité légale pour les bombardements ? Assad est un dictateur brutal. Mais la Syrie est un pays souverain ».

Elle justifie maintenant les frappes de Biden comme légitimes.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.nytimes.com/2020/12/08/us/politics/lloyd-austin-pentagon-military-contractors.html
  2. https://www.rtx.com/our-company/corporate-governance
  3. https://investors.rtx.com/static-files/e7a17bc7-b7bc-4d7b-9c57-24e7c5cf0152
  4. https://pineislandcp.com/news/

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