Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 février 2021

Mikhaïl Gorbatchev a donné une interview pour son 90e anniversaire, et a prévenu Poutine et Biden « d’empêcher la guerre nucléaire ».

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L’ancien dirigeant du Kremlin croit en une amélioration des relations entre la Russie et l’UE malgré les tensions. La plus grande menace pour lui reste un éventuel conflit nucléaire avec l’administration Biden.

Le jour de son anniversaire, l’ancien chef du Kremlin, Mikhaïl Gorbatchev, a exprimé l’espoir d’une amélioration des relations avec l’Union européenne. « Vous ne devez pas avoir peur des négociations », a-t-il déclaré samedi à l’agence Interfax (1).

Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique qui a reçu le prix Nobel de la paix, a déclaré que même si les relations sont à leur point le plus bas depuis la guerre froide, un terrain d’entente pourrait être trouvé.

Il a expliqué durant l’interview à Interfax qu’il pense que Moscou et Bruxelles peuvent surmonter la crise actuelle dans leurs relations.

Parlant de la réticence de l’Europe à établir des relations avec la Russie, Gorbatchev a dit :

« Ils sont tous réticents au début. Il en a toujours été ainsi. Et ensuite, après qu’ils se soient assis à la table des négociations, tout va bien ».

« Les relations entre Moscou et Bruxelles sont aussi tendues dans le conflit en Ukraine qu’elles ne l’ont jamais été depuis la guerre froide », affirme t-il.

« Seules les négociations, seules les réunions à tous les niveaux – en particulier au plus haut niveau – peuvent apporter des résultats positifs. J’y crois, et l’expérience le prouve.

L’expérience montre que les réunions et les accords sont incontournables et le plus important est d’éviter de s’obstiner les uns les autres. Après tout, il est clair qu’il faut éviter une guerre nucléaire. Comme il est impossible d’éviter ce problème seul et qu’il ne peut être résolu seul, ils doivent se rencontrer et tout le monde devrait être préoccupé par cette situation », a déclaré M. Gorbatchev.

L’expérience à laquelle il fait référence est celle qu’il a eue avec le président américain Ronald Reagan dans les années 1980. Selon lui, elle montre que les dirigeants des deux plus grandes puissances nucléaires pouvaient réaliser beaucoup de choses sur les questions de sécurité mondiale s’ils le voulaient.

« Il n’y a pas de politiciens avec qui on ne peut pas discuter », a-t-il dit. « Bien sûr, il y a ceux qui entretiennent des desseins de gangster et, bien sûr, on ne peut rien faire contre eux, mais ils ne sont pas majoritaires. Les partis doivent se rapprocher les uns des autres pour réaliser des progrès », a déclaré l’ancien dirigeant soviétique.

Washington et Moscou avaient signé plusieurs traités de désarmement nucléaire sous la direction de Gorbatchev, qui a contribué à la réforme de l’Union soviétique.

« Je pense que les présidents [Poutine et Biden] doivent certainement se rencontrer. Mon expérience des relations avec le 40e président américain Ronald Regan montre qu’il était extrêmement conservateur avant nos discussions, mais qu’il est devenu un participant très actif dans le processus de négociation après avoir compris la question », a déclaré M. Gorbatchev à Interfax.

Sous le prédécesseur de Biden, Donald Trump, les États-Unis s’étaient retirés d’une grande partie de ces accords, ce qui avait tempéré les aspirations hégémoniques de Poutine de réaliser son rêve de reformer la « Grande Russie ».

Gorbatchev :

Il faut comprendre que nous sommes tous des Européens. Cela signifie que nous devons négocier, a déclaré Gorbatchev, qui a invité le président russe Vladimir Poutine et son collègue américain Joe Biden à une rencontre face à face, et à de nouvelles négociations sur le désarmement nucléaire.

« L’essentiel aujourd’hui est d’empêcher une guerre nucléaire », prévient Gorbatchev. « Pour progresser, il faut s’approcher les uns des autres. »

Washington et Moscou ont convenu fin janvier, après l’entrée en fonction de Biden, de prolonger de cinq ans le dernier grand traité de désarmement nucléaire « New Start ».

  • Le traité sur la limitation des armes nucléaires stratégiques a été signé le 5. Février 2011 est entré en vigueur.
  • L’accord, qui aurait expiré début février, limite les arsenaux nucléaires de la Russie et des États-Unis à 800 systèmes de transport et 1550 têtes nucléaires prêtes à l’emploi chacun.
  • La Russie et les États-Unis possèdent à eux deux environ 90 % des armes nucléaires du monde.

Certains alliés européens s’inquiètent du fait que M. Biden est resté passif concernant l’oléoduc Nord Stream 2 de Poutine, après avoir bloqué le Keystone XL qui devait relier les Etats-Unis au Canada, et craignent que la rhétorique dure du nouveau président contre la Russie ne sera suivie d’aucune action.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://interfax.com/newsroom/top-stories/71198/

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