Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 février 2021

CPAC, ou Conférence sur l’action politique des conservateurs, est le plus grand et le plus influent rassemblement de conservateurs au monde. Lancée en 1974, CPAC rassemble des centaines d’organisations conservatrices, des milliers de militants, des millions de téléspectateurs, et cette année, Donald Trump.

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Il est clair que le parti républicain est désormais et pour longtemps le parti de Donald Trump. Ceux qui en doutent constateront que cette année, la CPAC aurait pu être rebaptisée TRUMPAC.

Ce qui est certain, c’est que les politiciens qui veulent oublier ou se débarrasser de Trump vont avoir un réveil brutal lorsqu’il sera temps de s’adresser à leurs électeurs lors des réélections. CPAC est un indicateur de ce qui se prépare.

La conférence, qui se tient à Orlando en Floride, accueillera M. Trump dimanche pour un discours très attendu qui sera diffusé sur Dreuz.info. La la liste des participants est pleine de loyalistes et d’anciens responsables de l’administration Trump. Les opposants du président ont soit préféré s’éclipser, soit n’ont pas été invités cette année, et la liste, qui ne surprendra pas les initiés, a de quoi surprendre…

Non invités

Les lecteurs de Dreuz qui suivent l’actualité comprendront rapidement qui n’a pas été invité et pourquoi.

  • La première personne de la liste est le leader du parti républicain au Sénat, Mitch McConnell.

    Cela peut surprendre que le républicain le plus haut placé à Washington n’ait pas été invité à la conférence cette année. McConnell a voté pour l’acquittement de Trump lors de son dernier procès pour destitution, mais il a très injustement et très violemment critiqué l’ancien président dans un discours prononcé après le procès. Et ce n’est un secret pour personne qu’il n’a jamais aimé Trump, qui pourtant l’a aidé à se faire réélire.

    McConnell est un animal du marécage de Washington, il est son incarnation la plus puante. Il a subi d’immenses critiques de nombre de ses collègues au Congrès et des millions de partisans de Trump le vomissent. Il est à la fois le symbole des RINO (republican in name only) et de l’establishment qui s’occupe de ses petites affaires et méprise le peuple américain. Seul point positif dans ce tableau noir, McConnell est celui qui a aidé Trump à nommer un nombre record de juges conservateurs, y compris trois juges à la Cour suprême – qui ont cependant, pour l’instant, fortement déçu les conservateurs.
  • Un autre oiseau qui ne devrait pas surprendre et n’a pas été invité : le sénateur de l’Utah Mitt Romney. Il déteste Trump parce qu’il est jaloux et a un complexe de supériorité. Comment Trump a-t-il pu être élu là où lui a lamentablement échoué lui reste en travers de la gorge. Et Trump n’a pas été particulièrement astucieux en rajoutant une couche.

    Romney est le seul républicain à avoir voté deux fois l’impeachment de Trump.

    Matt Schlapp, président de l’Union conservatrice américaine, qui organise CPAC, a tweeté l’année dernière que Romney était désinvité, et il n’a pas été invité cette année.

    Beaucoup sont convaincus que Romney sera incapable de s’assurer une réélection, étant donné que des millions d’Américains ne peuvent plus le sentir. Il semble cependant qu’il soit extrêmement puissant dans l’Utah, et qu’il soit soutenu au-delà de la ligne de fracture politique. A suivre.

Ont décidé de ne pas participer

  • L’ancien vice-président Mike Pence a été très chaleureusement invité par la direction de CPAC, mais il a finalement décliné l’invitation. La direction de la CPAC a qualifié cette décision d' »erreur ».

    Il n’est un secret pour personne que des tensions fortes sont nées entre Donald Trump et Pence le 6 janvier, lorsque le président s’attendait à ce qu’il rejette les listes électorales officielles de plusieurs d’Etats en faveur des listes dissidentes, non confirmées. Les constitutionnalistes sont bien entendu partagés, mais la tendance est que Pence n’avait pas l’autorité constitutionnelle de décider quels électeurs accepter, et lesquels rejeter.
  • L’ancienne ambassadrice des Nations unies, Nikki Haley – considérée comme l’une des candidates aux primaires présidentielles républicaines de 2024 – a été invitée cette année, mais a refusé l’invitation, en raison de « conflits d’horaires antérieurs » – ce dont il est permis de douter, car nous avons tous entendu ce qui s’est passé récemment entre Haley et Trump.

    L’ancien président a vertement rejeté sa demande de rencontre en face à face mi-février, ce que beaucoup considèrent de la part de Trump comme une vengeance pour ses paroles sévères à l’égard du président après les émeutes du Capitole du 6 janvier, pour lesquelles elle a tenté, maladroitement, de faire un retour en arrière calculé.
  • La députée Liz Cheney n’est pas non plus présente cette année, et pour des raisons évidentes : en raison de sa haine pour Trump, elle lui a tout fait, y compris voter pour l’impeachment sur les bases d’une accusation pour laquelle elle n’avait aucune preuve. À l’époque, elle a déclaré que le président « a convoqué la foule, a réuni la foule et a allumé l’incendie de l’attaque [du Capitole] ». Pour une femme qui soutient des valeurs conservatrices, il est stupéfiant de voir qu’elle ne reconnaît pas la plus élémentaire d’entre-elles : la présomption d’innocence. Par ailleurs néo-conservatrices et interventionniste, elle est à la fois la troisième plus importante personnalité républicaine du Congrès, et la plus méprisée par les partisans de Trump.
  • Plusieurs médias conservateurs ont noté que le sénateur Rand Paul ne sera pas présent non plus. Il a d’excellents rapports avec Trump et est plutôt bien aimé par les partisans de Trump. Il était invité, mais ne sera pas présent. Il convient de préciser que n’est pas inhabituel de sa part. Ce n’est pas la première fois qu’il ne participe pas à la conférence.

Une conférence « TRUMPAC »

Les invités qui ont pris la parole lors de la première journée de la Conférence ont clairement annoncé la couleur : c’est la conférence de la présidence Trump et de la doctrine politique Trump.

Ils ont critiqué les restrictions du coronavirus communiste chinois, la cancel culture qui gangrène la nation, la manière dont l’élection de 2020 a été volée et les dangers qu’ils voient dans les politiques de Joe Biden. Très peu ont mentionné l’attaque du Capitole – il y a de quoi en avoir honte, car les partisans de Trump présents au Capitole lui ont fait un mal considérable. Les orateurs ont en revanche abondamment évoqué les émeutes de l’été dernier suite à la mort de George Floyd.

La conférence, consacrée à l’avenir du mouvement conservateur, a donc clairement indiqué que l’avenir s’appelle Donald Trump. Tous les orateurs lui ont déclaré leur fidélité. Et le public n’a pas raté les selfies avec la statue de Trump en or, très humoristique en bermuda et Flip flops.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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