Publié par Gertrude Lamy le 5 mars 2021

Source : Memri

Au cours des dernières semaines, l’Iran a mis en œuvre une politique de « résistance maximale/avisée »[i], qui se manifeste par une « pression maximale » exercée sur les US et sur la communauté internationale dans plusieurs domaines. Cette politique a pour objectif d’entrainer Biden à lever toutes les sanctions sur l’Iran et à indemniser l’Iran des dommages causés ; à  faire accepter l’Iran comme ayant franchi le seuil nucléaire et disposant de la capacité de produire une bombe nucléaire dans une période brève, afin de rééquilibrer les forces au Moyen-Orient ; à bloquer les initiatives européennes qui visent à inclure dans un nouvel accord le sujet du développement des missiles balistiques et l’expansion régionale iranienne ; à pérenniser le régime iranien[ii].

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Les mesures prises par le régime iranien sont les suivantes :

Dans le domaine nucléaire : accélération du développement nucléaire en violation du traité PGAC 2015 sur le nucléaire iranien : enrichissement d’uranium à un niveau élevé de 20% ; enrichissement et utilisation de centrifugeuses de dernière génération ; ratification de législations de non-coopération avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) et d’expulsion de leurs inspecteurs ; déclaration affirmant que la fatwa (qui n’existe pas) prétendument écrite par le Guide suprême iranien Ali Khamenei et qui interdirait à l’Iran d’utiliser la technologie nucléaire à des fins militaires, pourrait être modifiée en fonction des circonstances, levant par là tout défense d’utiliser des armes nucléaires.

Dans le domaine des missiles balistiques : lancement de satellites civils et scientifiques dans l’espace, afin de prouver la capacité de l’Iran de fabriquer des missiles à très longue portée.

Dans le domaine militaire conventionnel : démonstrations de forces conventionnelles, conduite d’exercices militaires étendus, qui incluent l’utilisation de drones avancés technologiquement et en opérations suicides.

Dans le domaine régional :

  • Iraq : attaques de cibles US par le moyen de milices chiites.
  • Golfe : attaques de cibles saoudiennes et de pays du Golfe, par le moyen de milices yéménites houthies.
  • Afghanistan : pression exercée sur les Talibans pour qu’ils annulent l’accord de paix auquel ils sont arrivés avec l’administration Trump.

Dans le domaine politique : pression diplomatique maximale – saisie de tankers pétroliers occidentaux et arrestation de citoyens de pays occidentaux, afin d’exercer des pressions sur les US.

Il convient de souligner le fait que le programme nucléaire iranien est le projet national du régime iranien et que tous les courants politiques, les idéologues, les Gardiens de la Révolution islamique (GRI), le gouvernement du Président Hassan Rouhani et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif y adhèrent complètement. L’accord nucléaire iranien de 2015 (PGAC) conclu avec l’administration Obama, l’avait été en coordination, planification et avec le consentement total de toute l’élite du régime iranien, et sous la supervision complète du Guide Suprême Ali Khamenei, dans l’objectif de faire progresser la position stratégique de l’Iran révolutionnaire.

Le régime iranien estime qu’il peut forcer l’administration Biden à accepter une amélioration de son statut nucléaire. C’est-à-dire que l’administration Obama avait reconnu le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium dans le cadre d’un cycle du combustible nucléaire complet, et maintenant, l’administration Biden peut être amenée à approuver un équilibre des forces

Les premiers indices montrant que le régime iranien cherche à acquérir la légitimité d’une puissance nucléaire dans le cadre d’un ré–équilibrage des forces au Moyen–Orient, apparaissent dans les déclarations d’officiels iraniens membres du Conseil de Discernement de l’intérêt supérieur du régime. Il y est fait mention, ouvertement, du fait que le régime a besoin d’une arme nucléaire et que, si les circonstances l’exigent, le Guide suprême Ali Khamenei pourrait changer la fatwa [qui n’existe en fait pas], interdisant l’utilisation d’armes nucléaires[iv]. Parmi ces officiels, on trouve Mostafa Najafi, secrétaire du groupe de travail du Conseil de Discernement pour les relations extérieures et internationales et commentateur politique. Dans un article publié le 13 décembre 2020 dans IRDiplomacy, organe porte–parole du ministère des affaires étrangères, et dans un autre paru dans Tabnakil justifie la future demande par l’Iran de disposer d’armes nucléaires. (Voir l’article MEMRI à ce sujet)

Un autre dirigeant officiel, Amir Mousavi, à la tête du Centre de Recherche Stratégique et de Recherches Internationales, émanation du régime et du Conseil de Discernement, ancien ambassadeur d’Iran en France, a évoqué par deux fois lors d’interviews avec des media arabes et russes, la possibilité de changer la fatwa nucléaire et l’obtention d’armes nucléaires (voir ces deux videos sous–titrées en anglais : https://www.memri.org/tv/fmr-iran-diplomat-amir-mousavi-nuclear-weapons-unnecessary-wipe-off-zionist-entity-khamenei-change-fatwa-circumstances ou  https://www.memri.org/tv/fmr-iran-diplomat-mousavi-khamenei-change-nuclear-fatwa-force-biden-return-jcpoa

A noter que la section T de l’annexe I du PGAC autorise l’Iran à utiliser des « systèmes de détonation d’explosifs adaptés à des explosifs nucléaires », avec l’accord de la Commission conjointe : voir MEMRI Daily Brief No. 180, How Iran Deceived The U.S. Intelligence Community – Part II: Iran Does Not Allow The IAEA To Monitor The Most Critical Area Of Its Nuclear Project – Developing A Nuclear Explosive Device (Section T In The JCPOA), March 18, 2019).

Le PGAC – Le projet national du régime iranien

Le dialogue Iran–US est un sujet très sensible en Iran du fait de l’idéologie très anti-américaine du régime, qui qualifie les Etats-Unis de « Grand Satan ». Le Guide Suprême Ali Khamenei ne permet pas de discussions officielles avec les États-Unis, sauf, en 2012, à l’équipe de négociation portant sur des pourparlers directs avec l’administration Obama. Ces pourparlers ont mené à leur point culminant en 2015 dans le cadre du PGAC.

Il faut souligner que ces pourparlers directs entre l’Iran et les US ont commencé à Oman, par des circuits secrets et seulement après que le Président Obama eut reconnu par écrit que l’Iran avait le droit d’enrichir de l’uranium. Cela a eu lieu dans l’année précédant celle de l’élection du Président Hassan Rouhani – en 2013. Les circuits utilisés pour ces discussions n’étaient pas aussi ouverts que l’on pourrait penser, du fait que l’Iran était soumis à la pression des sanctions occidentales.

Depuis l’entrée en fonction de l’administration Biden, et compte tenu de l’annonce de celui-ci qu’il avait l’intention de revenir au PGAC en forçant l’Iran à s’y conformer, il semblerait que l’option de pourparlers Iran-US soit à nouveau envisagée. On peut penser que des contacts ont été établis bien avant l’entrée en fonction de l’administration Biden. (Le régime iranien a émis un véto contre la demande du Président Trump de ré-ouvrir le PGAC et a refusé toutes les demandes européennes d’inclure les sujets des missiles balistiques et de l’expansion régionale). L’Iran a même ouvertement annoncé qu’il ne respecterait plus le PGAC et qu’il en avait clairement enfreint les termes.

La lutte politique de la dernière décennie entre les cercles idéologiques et les cercles pragmatiques du régime iranien est le résultat de leurs approches divergentes : le camp pragmatique, avec le Président Rouhani à sa tête, appelle ouvertement à l’utilisation de la diplomatie et aux négociations avec les US, dans l’objectif d’améliorer la situation économique et géopolitique du régime révolutionnaire iranien. Le camp idéologique, au contraire, rejette tout dialogue ouvert. Mais tous deux agissent pour renforcer le régime et expriment loyauté et obéissance au Guide suprême Khamenei, considéré comme l’autorité absolue en Iran.

Le PGAC a été conclu avec le consentement total et préalable de toute l’élite du régime iranien, et en complète coordination et supervision du Guide Khamenei tout au long du processus, dans l’objectif d’améliorer la position stratégique du régime. Le représentant iranien aux Nations Unies, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré, le 19 janvier 2021, qu’il n’était « pas correct d’affirmer que l’accord nucléaire était le produit du gouvernement Rouhani, [parce que] le Conseil suprême national de sécurité avait donné son avis et que Khamenei avait fourni des instructions dans ce domaine également. L’accord nucléaire était un sujet évoqué par les [décisionnaires] du régime, et maintenant que nous avons atteint un stade critique, nous avançons en accord avec la législation du Majlis. »[v]

Même le père du projet nucléaire iranien, Général des Gardiens de la Révolution et Docteur en physique Mohsen Fakhrizadeh, assassiné fin novembre 2020, a fait partie de l’élaboration du PGAC, en accord avec la requête du régime et des dirigeants iraniens. Le 1er décembre 2020, le porte-parole du gouvernement iranien Saeed Khatibzadeh a admis ceci : « Fakhrizadeh se tenait dans les coulisses et a contribué à l’élaboration de l’accord nucléaire »[vi]. En outre le vice-Ministre des Affaires Etrangères Abbas Aragchi, un des directeurs des pourparlers nucléaires avec les US, a dit, le 5 janvier 2021, au cours d’une interview radiophonique au sujet de cet apport de Fakhrizadeh : « Au cours des négociations pour l’accord nucléaire, nous avons bénéficié de conseils étroits de sa part. Son expertise technique était d’une grande aide, et nous étions en contact continu sur de nombreux sujets pour lesquels nous avions besoin de son avis. Fakhrizadeh a collaboré avec nous avec beaucoup d’amour, de passion et de motivation au service de l’intérêt national, avec ses visions enrichissantes. Son absence constitue une grande perte pour nous. »[vii]

Le régime iranien a refusé d’annuler le PGAC suite à la politique anti-iranienne de l’administration Trump. Voir par exemple les déclarations du dirigeant du Comité de politique extérieure et de sécurité nationale du Majlis, le 29 juillet 2019, indiquant que l’Iran réduirait progressivement ses engagements vis-à-vis du PGAC, jusqu’à ce qu’il devienne pratiquement inexistant – mais précisant qu’il ne s’en retirerait pas :

https://www.memri.org/tv/senior-iranian-official-hossein-naghavi-jcpoa-not-withdraw-gradually-reduce-committement-plutonium

Afin de préserver l’accord, le régime a annoncé que son cadre serait conservé bien que vidé de son contenu.

Les revendications de l’Iran auprès de l’administration Biden

Le Guide Suprême Khamenei : « notre problème n’est pas de savoir si les États-Unis reviendront on non au PGAC. Notre revendication légitime concerne la levée des sanctions. Le régime de la République Islamique doit renforcer ses supporters et alliés dans la région. Notre présence dans la région apporte de la stabilité, et est définitive ».

Le Guide suprême Khamenei a déjà autorisé la reprise des pourparlers avec l’administration Biden, lors d’un discours le 8 janvier 2021, au cours duquel il a fixé les contours des négociations avec l’administration Biden : « les Occidentaux et nos ennemis doivent mettre fin aux… sanctions vis-à-vis de la nation iranienne, et ceci immédiatement. C’est ce que nous leur demandons… Bien sûr, j’ai dit cela souvent et je le répèterai : Ils [les Occidentaux], doivent lever les sanctions. »

« En ce qui concerne notre présence dans la région, au sujet de laquelle ils [les États-Unis et les Occidentaux] demandent toujours : pourquoi l’Iran est présent dans la région [?], le régime de la République islamique est engagée à agir en soutien de ce alliés et supporters dans la région. C’est notre devoir. Notre présence dans la région confère de la force à nos alliés [régionaux] et à nos soutiens… Notre présence [dans la région] crée de la stabilité. Il a été prouvé que la présence la République islamique éliminait les causes d’instabilité [comme] Daesh en Iraq, de divers problèmes en Syrie, etc… C’est pourquoi cette présence est définitive. Elle doit exister et elle continuera d’être. »

« Ils parlent de la [possibilité] d’un retour des US au PGAC. Nous n’insistons pas sur point. Nous ne sommes pas pressés que l’Amérique revienne au PGAC. Notre problème n’est pas de savoir si les US reviendront au PGAC. Notre revendication légitime concerne la levée des sanctions. Ceci est un droit de la nation iranienne…. »

« Si les sanctions sont levées, le retour des US au PGAC aura un sens. Bien sûr, la question des dommages [causés par les US à l’Iran et les dédommagements] font partie de nos exigences, et [les responsables du régime] traiteront cette question dans les étapes ultérieures. »

« Toutefois, si les sanctions ne sont pas levées, le retour des US au PGAC pourrait se faire à nos dépens… En effet, j’ai dit aux officiels des pouvoirs exécutif et législatif du gouvernement [iranien] de poursuivre leurs actions dans ce domaine, dans le strict respect des lois. »

« En deuxième lieu, la décision prise par le Majlis et par le gouvernement de ne pas se conformer aux obligations édictées par le PGAC est la bonne. Cette décision est complètement logique, rationnelle et acceptable. »

Le Président Rouhani : l’administration Biden doit dédommager l’Iran pour les erreurs de l’administration Trump.

Le Président Rouhani a déclaré, dans une réunion du gouvernement qui s’est tenue le 20 janvier 2021 : « Si les nouveaux membres de la Maison Blanche ont tiré quelque leçon de la précédente administration, ils répareront les erreurs [de Trump]. Le président précédent construisait des gratte-ciels et ne comprenait rien à la politique. Mais la nouvelle administration américaine comprend la politique et dispose d’une expérience politique… La balle est dans le camp des États-Unis et de Washington. S’ils remplissent leurs obligations, nous ferons de même. Trump est mort, mais le PGAC est toujours vivant. »

Le ministre des Affaires étrangères Zarif : « le retour au PGAC est secondaire. Le sujet principal est la normalisation des relations économiques avec les autres pays », c’est-à-dire la levée des sanctions économiques.

Dans une interview pour le site internet du Guide Khamenei, le ministre des Affaires étrangères iranien Mahammad Javad Zarif a déclaré : « l’objectif du PGAC était la levée des sanctions. Aujourd’hui, pour remplir ces conditions, il n’est pas suffisant que les États-Unis reviennent simplement au PGAC. Ils doivent lever les sanctions, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas se contenter de dire qu’ils appliquent le PGAC. »

« Au cours des quatre dernières années, le but de Trump était de détruire le PGAC. Premièrement, les US doivent remplir leurs obligations ; ensuite, le retour au PGAC est secondaire. Le sujet principal est la normalisation des relations économiques que nous avons avec les autres pays… »

« C’est pourquoi, la volonté du Guide, des officiels de l’État, et de ceux en charge des négociations est que l’annulation des sanctions soit la priorité. Seulement alors, le retour des US au PGAC pourra être considéré… »

« [Les Européens et les Américains] doivent lever les restrictions qu’ils ont placées sur la vente du pétrole iranien… Nos relations bancaires doivent revenir à la normale. Nos contrats conclus avec diverses entreprises doivent s’appliquer. Les diverses activités bancaires via des intermédiaires doivent revenir à leur état d’origine. Les problèmes de transport [de fret entre l’Iran et les autres pays] et des assurances doivent être annulés. »

« En d’autres termes, tout l’annexe II du PGAC met en évidence les effets de ces actions. [Nous demandons] que Biden signe le texte : une signature est nécessaire, mais ceci est juste une condition obligatoire. Ce que nous demandons, c’est le constat des effets des actions américaines [sur nous]… »

« En ce qui concerne l’indemnisation des dommages causés, le leader [Khamenei] nous a dit, tant dans ses instructions que dans ses discours publics, que le problème des dommages causés est un des sujets à discuter lors des prochaines étapes… Les agissements des Etats-Unis ont causé des dommages au peuple iranien… Nous ne devons pas oublier que 50 entreprises chinoises ont été boycottées par Trump au cours des quatre dernières années, et nos partenaires [chinois] en ont souffert. Ces pertes doivent également être compensées… »

« Selon la résolution 2231 [du Conseil de sécurité], la participation des États-Unis au PGAC n’est utile que si elle entraîne des bénéfices économiques pour l’Iran. L’objectif de la République islamique a été atteint avec la [résolution] 2231, c’est-à-dire que les résolutions entérinées [par le Conseil de sécurité des Nations Unies] contre l’Iran sont abrogées. Maintenant, les États-Unis peuvent regagner ce privilège en rejoignant le PGAC ; et ce n’est pas un privilège que [les États-Unis] nous accordent, mais qu’ils s’accordent eux-mêmes, [et qui permettra ensuite] de superviser l’application du PGAC. C’est pourquoi, le retour des US au PGAC, sans levée des sanctions, sera un non-bénéfice tant pour nous que pour les US. »

« Ils [les participants au PGAC], n’ont aucun droit [d’imposer de nouvelles conditions à l’Iran], en échange [de la levée des sanctions]. Premièrement, l’objet du PGAC était son programme nucléaire, et pas ses missiles ; ce point ne les concernait pas du tout. [De plus], la résolution du Conseil de sécurité portait sur les ogives nucléaires [dont nous ne disposons pas]. »

« Si l’Iran n’a pas d’armes nucléaires, [le fait d’évoquer] des missiles avec ogives nucléaires est dépourvu de sens. C’est pourquoi, premièrement, cela est hors de propos pour nous, et représente une limite que nous fixons [les armes nucléaires]. Deuxièmement, les membres du PGAC, dont les ventes annuelles d’armes vers la région dépassent 100 milliards de $, ne sont pas en position de demander à l’Iran de renoncer à ses [missiles] de défense… Les Européens et les Américains devraient savoir que nous ne discuterons pas ce qui a été déjà résolu. Ce serait aller à l’encontre de nos règles de négociation. »[viii]

Conclusion et diagnostic : présence de signes montrant que l’Iran va renouveler sa demande concernant le niveau des seuils nucléaires qui permettrait de produire une arme nucléaire.

La stratégie iranienne pour négocier avec l’administration Biden est fondée sur les principes suivants :

  • Le PGAC de 2015 sur l’accord nucléaire doit rester inchangé.
  • Les États-Unis doivent lever les sanctions sans rapport avec tout autre aspect de leurs relations avec l’Iran.
  • Une fois que les sanctions seront levées, l’Iran demandera des dédommagements pour les dommages causés par l’administrations Trump.
  • Du point de vue de l’Iran, un nouvel accord est possible, pour peu qu’il lui garantisse un statut nucléaire supérieur à celui que l’administration Obama avait accordé dans le PGAC. Les États-Unis devront consentir à ce que l’Iran soit reconnu comme État autorisé à atteindre des niveaux d’enrichissement lui permettant de produire l’arme nucléaire.

Il faut noter que l’Iran avait déjà requis un statut de puissance nucléaire selon le modèle germano-japonais, au EU3 (Royaume-Uni, France et Allemagne, groupe avec lequel il menait des négociations nucléaires jusqu’en 2006) et à l’administration Obama. Tant l’Allemagne que le Japon disposent de la possibilité de produire une bombe nucléaire mais ils restent au seuil de cette possibilité, comme le requiert explicitement leurs constitutions.

Deux ministres des Affaires étrangères iraniens, Kamal Kharrazi en 2005 et Manouchehr Mottaki en 2009, ont demandé que le statut de l’Iran soit le même que celui de l’Allemagne et du Japon, tous deux reconnus comme puissances nucléaires non suspects de vouloir produire des armes nucléaires (Voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 888, Iran Becomes A Nuclear Threshold State, October 4, 2012).

Lors d’une rencontre à Berlin, le 17 février 2005 avec son homologue allemand, Joschka Fischer, le ministre des affaires Étrangères Kharrazi avait proposé le modèle germano-japonais comme base des négociations Iran-UE. Kharrazi y avait présenté la perspective iranienne pour résoudre le différend avec le groupe EU3 : « des usines nucléaires pacifiques en Allemagne et au Japon peuvent servir de modèle pour les projets nucléaires iraniens, et pour tout cycle de pourparlers sur le sujet. »[ix]

Lors d’une conférence de presse conjointe en mai 2009 avec le Ministre des affaires Étrangères japonais Hirofumi Nakasone, le ministre des Affaires étrangères iranien Mottaki a appelé à appliquer le modèle nucléaire japonais à l’Iran : « il existe une opinion selon laquelle les activités nucléaires japonaises pourraient être appliquées à d’autres pays, dont l’Iran ».

Mottaki a répété que les activités nucléaires iraniennes étaient « légales et pacifiques » et a ajouté que « le Japon a passé de nombreuses années à ériger la confiance quant à ses activités nucléaires. L’Iran avance sur le même chemin… Au cours de ces années au cours desquelles le Japon a bâti la confiance, il ne lui jamais été demandé d’interrompre ses activités nucléaires. »[x]

Les officiels du régime iranien ont récemment justifié leur demande pour atteindre un équilibre des forces nucléaires par le fait que les armes nucléaires ne seraient pas utilisées pour détruire Israël (que, selon des hauts responsables iraniens, l’Iran pourrait détruire avec des armes conventionnelles). Les armes nucléaires,disent-ils, établiront un équilibre des forces qui assurera stabilité et sécurité dans la région, sur la base d’une égalité stratégique, politique et sécuritaire entre l’Iran et ses rivaux au Moyen-Orient.

Les Iraniens luttent pour créer un équilibre des forces nucléaires reposant sur un équilibre régional.  Cet équilibre des forces serait basé sur le statut de puissance nucléaire de l’Iran. Pour cela, ils estiment qu’ils peuvent gagner le soutien de l’administration Biden, influencés qu’ils sont par d’anciens officiels démocrates, parmi lesquels le président Obama, l’ancienne Secrétaire d’État et candidate présidentielle Hillary Clinton, et l’ancien Secrétaire d’État John Kerry.

En 2009, en tant que Secrétaire d’État, Clinton a explicitement évoqué la possibilité pour l’Iran de disposer de l’arme nucléaire, et a recommandé aux Iraniens de revoir la situation si tel était le cas. L’Iran ne pourrait plus, se fondant sur ses armes nucléaires, intimider et dominer ses voisins, parce que les États-Unis fourniraient un parapluie défensif aux pays du Golfe. En marge d’un sommet sécuritaire en Thaïlande en juillet 2009, elle a déclaré : « Nous voulons que l’Iran prenne en compte le fait qui me semble équitable, que si les États-Unis déploient un parapluie défensif sur la région, si nous faisons même plus pour soutenir la capacité militaire des pays du Golfe, il est très peu probable que l’Iran soit plus fort et plus sûr, parce qu’il n’aura plus la possibilité d’intimider ni de dominer, comme ils pensent apparemment pouvoir le faire s’ils disposaient de l’arme nucléaire.[xi]

Les premiers signes du combat iranien pour atteindre ces objectifs apparaissent dans les déclarations des officiels du Conseil de Discernement, qui témoignent ouvertement de leur soutien à la levée de l’interdiction de possession et d’utilisation d’armes nucléaires que mentionnerait la fatwa (inexistante).

Voir la version originale en anglais

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