Publié par Magali Marc le 12 mars 2021

Les grandes entreprises sont en train de se rendre compte que les Américains de la classe moyenne, les « déplorables » qui ont voté pour Donald Trump, veulent reprendre le pouvoir politique et élire des responsables qui mettront en œuvre les politiques qui leur seront favorables. Pour ce faire les « déplorables » sont prêts à ouvrir leur porte-feuille comme jamais auparavant. Les dirigeants des entreprise ont une aversion pour le risque. S’ils considèrent le populisme comme une vague inévitable, ils changeront leur fusil d’épaule et recommenceront à faire des dons importants au GOP ne serait-ce que protéger leur influence.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Thomas Lifson, paru sur le site d’American Thinker, le 10 mars.

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Le boycott des entreprises qui refusent leurs dons aux Républicains qui croient aux fraudes électorales en 2020, se retourne contre elles alors qu’un changement sismique dans la collecte de fonds canalise les petits dons vers les alliés de Trump.

L’establishment politico-médiatique des États-Unis a vu dans l’incursion du 6 janvier au Capitole américain l’occasion de démolir le Parti Républicain et de discréditer à jamais tous ceux qui osent remettre en question l’intégrité de la dernière élection présidentielle.

De nombreuses grandes entreprises ont annoncé, en prenant un ton moralisateur qu’elles ne feraient plus de dons aux 147 Républicains qui ont voté contre la certification du vote du Collège électoral. Leur intention était clairement de priver de financement leurs campagnes de réélection et de les chasser de la place publique.

Ça s’est retourné contre eux de façon spectaculaire.

Les dons sont en forte hausse pour les principaux sceptiques, car les petits donateurs font plus que compenser la perte des fonds venant des entreprises.

L’agence Reuters a rapporté le 9 mars, en se discréditant comiquement avec toutes ses remarques éditoriales concernant les supposées « fausses » allégations de fraude électorale qui accompagnent ce qui est censé être un reportage direct que :

« En fait, les plus grands partisans de Donald Trump qui répètent qu’il y a eu des fraudes électorales – tels que le Sénateur du Missouri Josh Hawley et la Représentante de Géorgie Marjorie Taylor Greene – ont été récompensés par une avalanche de dons des partisans de la base, ce qui a plus que compensé la perte de l’argent provenant des entreprises. Et les contributions des petits donateurs et des riches particuliers qui cherchent à combattre le programme démocrate ont afflué dans les coffres de collecte de fonds du Parti (Républicain). »

Ce qui me fait croire qu’il ne s’agit pas d’un feu de paille temporaire, c’est qu’une tendance se dessine, indiquant qu’une révolution populiste est en cours, et que la population réalise qu’elle doit donner de l’argent ou se rendre à l’oligarchie…

Toujours selon Reuters :

« L’impact limité du boycott souligne la diminution du rôle de l’argent des entreprises dans la politique américaine. Ces dernières années, les dons individuels de 200 dollars ou moins ont représenté une part croissante du financement des campagnes, tandis que la part des entreprises américaines a diminué. Cette tendance s’est accélérée avec la montée en puissance de personnalités contestataires, tant à droite qu’à gauche, telles que M. Trump et le flambeur progressiste Bernie Sanders, Sénateur du Vermont. »

Oui, des gauchistes comme Sanders et AOC font partie de la vague populiste, ne vous y trompez pas. Et si leurs idées peuvent être répugnantes à bien des égards, ils partagent le même scepticisme à l’égard des oligarques et pourraient faire cause commune pour limiter davantage la capacité des entreprises à acheter de l’influence.

En fait, les entreprises ne peuvent déjà pas faire de dons directs aux candidats politiques et doivent recourir à l’écran de fumée consistant à collecter des dons « individuels » auprès de leurs cadres bien rémunérés, puis à les « regrouper » en des sommes substantielles destinées à acheter le soutien de leurs programmes, en particulier l’ouverture des frontières, tout en maintenant la fiction juridique selon laquelle Facebook et Twitter ne sont pas des « éditeurs » mais plutôt des « forums ouverts », de sorte qu’ils ne peuvent pas être poursuivis pour les messages qu’ils hébergent – même s’ils censurent les conservateurs.

Les « déplorables » sont tellement en colère qu’ils envoient plus d’argent aux candidats du GOP que les oligarques et les petits donateurs n’en envoient aux Démocrates :

« Reuters a examiné les contributions de plus de 45 comités d’entreprises donatrices qui ont juré de couper les 147 républicains – huit sénateurs et 139 membres de la Chambre des Représentants. L’examen a révélé que les comités d’action politique (PAC) ont donné environ 5 millions de dollars aux législateurs au cours du cycle électoral 2019-2020 – soit seulement environ 1% de l’argent que les législateurs ont collecté, selon les divulgations de la Commission électorale fédérale (FEC).
En comparaison, les opérations de collecte de fonds républicaines soutenant les candidats au Sénat et à la Chambre des Représentants ont récolté un total de 15,8 millions de dollars pour le seul mois de janvier, grâce à des dons de faible montant. Ces groupes ont collecté plus de 2 millions de dollars de plus que leurs homologues démocrates ce mois-là, selon les documents réglementaires.
»

J’ai passé une grande partie de ma vie d’adulte à étudier et à conseiller les grandes entreprises et je pense que, lorsqu’il s’agit de politique (et de questions sociales également), elles ont surtout une aversion pour le risque et ne sont pas motivées par des principes autres que la protection des bénéfices du trimestre suivant.

Les grandes entreprises sont également très vulnérables à la pression exercée par les institutions d’élite et les universités, aujourd’hui dominées par la gauche et fournissant aux bureaucraties un flot de jeunes recrues ayant subi un lavage de cerveau, non seulement aux entreprises, mais aussi aux médias, dont la critique est très redoutée par les bureaucrates des entreprises.

C’est pourquoi ils se laissent si facilement intimider par les campagnes de médias sociaux et ce qui ressemble à des sentiments populaires, alors qu’en fait, ces derniers sont moins favorisés par le grand public qu’il n’y paraît superficiellement.

Voyez, par exemple, l’adhésion désastreuse de la compagnie Gillette à la propagande féministe anti-hommes qui lui a coûté des milliards, ou la reddition de Coca-Cola à l’antiracisme ces jours-ci.
Les entreprises qui boycottent le GOP ont déjà des doutes :

« Signe que la réaction des entreprises pourrait déjà s’estomper, la Chambre de commerce des États-Unis, le principal lobby d’entreprises du pays, a déclaré vendredi qu’elle avait décidé de ne pas boycotter les législateurs républicains après avoir discuté avec plus de 100 entreprises. »

Nous sommes arrivés à un moment décisif , avec les Démocrates qui tentent de faire passer HR 1, une prise de contrôle fédérale inconstitutionnelle des règlements électoraux, institutionnalisant des mesures telles que la distribution massive de bulletins de vote par correspondance sans vérification qui habiliterait la tricherie pour toujours, créant en fait un État à parti unique.

Ils font cela alors que de nombreux acquis des années Trump sont en train d’être effacés, avec des conséquences extrêmement désagréables pour les Américains ordinaires : ouverture des frontières, flambée des prix de l’essence, dépendance à l’égard des approvisionnements étrangers en pétrole et augmentation de la criminalité.

Les Démocrates tentent de contourner le « filibuster » ( NdT : une procédure d’obstruction au Sénat visant à empêcher l’adoption d’un projet de loi – il faut un vote des deux tiers des Sénateurs pour y mettre fin) pour adopter le projet de loi HR 1. S’ils y parviennent et que la SCOTUS (NdT : la Cour suprême des États-Unis) refuse de l’annuler, alors que la Constitution donne clairement le pouvoir aux législatures des États de réglementer les élections, le coup d’État sera complet.

Mais c’est loin d’être inévitable, surtout si les Républicains s’acharnent à souligner la grave menace qu’elle fait peser sur les élections légitimes.

La chute de la cote de popularité de Biden et le spectre d’un transfert normal du pouvoir à mi-mandat au détriment du parti du nouveau président menacent le maintien au pouvoir des Démocrates, à moins qu’ils ne changent les règles en leur faveur.

Les Démocrates et les oligarques qu’ils servent craignent que les Américains ordinaires, les « déplorables », reprennent le pouvoir politique et élisent des responsables qui mettront en œuvre les politiques qui sont à leur avantage.

Leur problème est que trop de « déplorables » ont compris et sont prêts à ouvrir leur porte-feuille comme jamais auparavant.

Comme je l’ai écrit plus haut, les dirigeants d’entreprise ont une aversion pour le risque. S’ils considèrent le populisme comme une vague inévitable, ils le soutiendront par leurs dons, ne serait-ce que pour obtenir une certaine influence et une protection, afin d’atténuer les coups qui pourraient leur être portés.

Il y a encore beaucoup de reportages à écrire avant que les Américains ne retournent aux urnes en 2022 et 2024.

Certains croient que le désespoir est, en ce moment, l’émotion dominante des Conservateurs dans leur dernier retranchement.

Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue, car je crois que leur domination institutionnelle et médiatique a rendu les gauchistes aveugles à l’ampleur de leur propre impopularité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source :

https://www.americanthinker.com/blog/2021/03/corporate_boycott_of_donations_to_gop_election_integrity_skeptics_backfires_as_seismic_shift_in_fundraising_channels_small_donations_to_trump_allies.html

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