Publié par Sidney Touati le 6 avril 2021

Les opinions exprimées dans l’article ci-dessous ne sont pas nécessairement partagées par la rédaction de Dreuz et ses auteurs.


Les élections israéliennes sont riches d’enseignements.

Elles se sont déroulées dans le contexte très spécial de l’épidémie de grippe chinoise. En dépit d’une impensable mise en scène, les électeurs n’ont pas donné une majorité à Netanyahu. Loin de là. Le Likoud recule par rapport au dernières élections. Il n’obtient que 24,19% des voix et 30 sièges (-5) sur les 120 que compte la Knesset.

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Comment expliquer cet échec ?

Il me semble que le chef du gouvernement a commis trois fautes majeures.

Première faute :

Le pouvoir exécutif s’est, dès le début, totalement impliqué dans la gestion de ce que l’on a appelé, crise sanitaire, soumettant les populations à des mesures contraignantes, privatives de libertés fondamentales.

Dans l’ensemble, le peuple et les appareils d’Etat, se sont activement prêtés à cette politique d’austérité.

Face à cette quasi-unanimité, le pouvoir exécutif a pensé qu’il avait obtenu l’assentiment du peuple.

Or, le résultat des élections prouvent qu’il n’en est rien.

En dépit d’une mise en scène et d’une propagande savamment orchestrées, le peuple n’a pas validé cette politique. Au regard des chiffres, tout se passe comme si cette crise et sa gestion n’avaient rien changé.

La manipulation consistant à déplacer ou à réduire la très grave crise généralisée (quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité) que traverse la société israélienne, à l’unique problème de santé, a totalement échoué.

Le peuple n’a pas validé le leurre.

Il est resté extrêmement lucide.

L’auto-dénigrement du pouvoir politique.

Le pouvoir exécutif en s’emparant de l’épidémie, en agissant comme le médecin- chef de la nation, s’est en quelque sorte auto-détruit. En réduisant son action à la lutte contre la maladie, il a, sans le vouloir, montré que le pouvoir politique était impuissant, voire inutile. Que seul le pouvoir medical comptait vraiment.

Le mérite de la vaccination n’a pas été imputé à Netanyahu, (ou aux Etats-Unis à Trump) mais aux chercheurs, aux médecins et c’est justice. Qui se souvient du nom du président de la République du temps où Pasteur a mis au point le vaccin contre la rage ?

Les vrais problèmes politiques -le fossé de plus en plus grand qui sépare une minorité qui tire profit du système, de la masse qui globalement s’appauvrit, le chômage, le mélange des valeurs, le sacrifice des petites structures, la question de la culture…- ont été pendant toute une année, ignorés par le pouvoir.

Deuxième faute : En contradiction totale avec lui-même, le pouvoir qui se présentait comme libéral est devenu, du jour au lendemain, un fervent adepte d’un interventionnisme étatique, autoritaire et brutal.

Troisième faute : L’usure du pouvoir.

Bibi Netanyahu appartient incontestablement à la catégorie des grands chefs d’Etat qui l’ont précédé: David Ben Gourion, Moshe Dayan, Golda Meir. Mais il possède également le même défaut, ou la même tare. Ils ne sait pas quitter le pouvoir au moment où il atteint le zénith. Il attend d’être déchu pour partir.

Monsieur Netanyahu ignore l’existence d’une règle qui a frappé les plus grands dirigeants des pays démocratiques : l’usure du pouvoir. Churchill, de Gaulle… ont en été les victimes en leur temps.

La médiatisation extrême accélère ce phénomène d’usure.

Une loi limitant le nombre de mandats, devrait remédier a ce drame récurant.

Israel est souvent le laboratoire des démocraties et ce qui s’y passe ne tarde pas à se produire ailleurs. Monsieur Macron et d’autres dirigeants européens devraient en tirer les leçons: le peuple n’est pas dupe. Le roi est nu. Fuir dans la gestion de la maladie, agir comme la mouche du coche… ne leur ajoutera pas une once de popularité ou de gloire.

Qu’ils cessent de jouer « au docteur » comme le font les enfants. Qu’ils s’occupent des problèmes pour la solution desquels ils ont été portés au pouvoir.

Pour ce qui concerne la santé, les médecins sont là.

Mais pour les grands problèmes de société, c’est le néant. Il n’y a personne. Le fauteuil est vide.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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