Publié par Gaia - Dreuz le 10 avril 2021

Source : Justice-droit-kafala

Yves Pendeliau, dont Dreuz a relaté (1)(2) les terribles abus dont il a été victime au Qatar, a été incarcéré abusivement et a subi des pressions psychologiques au commissariat de police de Vichy, afin de lui faire reconnaître des fautes qu’il se défend d’avoir commises.

Les propos et accusations portées par Yves Pandelieu n’engagent pas la responsabilité de Dreuz Info, qui n’est pas en mesure de vérifier de façon indépendante ou de mener une enquête sur les faits allégués. Notre rôle se résume à offrir à Yves Pandelieu un espace de liberté pour exprimer son opinion et présenter ses arguments.

J’ai ainsi été incarcéré abusivement et subi des pressions psychologiques, été pris en photo avec prises d’empreintes, test salivaire… au commissariat de police de Vichy afin de me faire reconnaître des fautes que je n’ai pas commises, quasi copié-collé des sévices que les affaires étrangères françaises et leurs exécutants, le faux-avocat de l’ambassade de France Mathieu Faupin, William Bourdon, Joseph Breham, Gilbert Collard, m’ont fait subir au Qatar par obstruction à la justice, privation de liberté, tortures morales, afin de me faire avouer une créance que preuves à l’appui je n’ai jamais contractée et qui m’aurait valu, selon Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères françaises (qui ne savait rien par suite de la violation des protections consulaire et diplomatique), une peine de détention à perpétuité, ceci pour blanchir des gens, dont des ambassadeurs et des hauts fonctionnaires, impliqués dans l’attribution de la coupe du monde 2022, et éviter le moindre nuage ayant pu impliquer les locaux en ternissant leur image, comme par exemple par la dénonciation publique de ma séquestration à vie dans l’émirat.

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Suivant cette expérience ultime, la première pensée qui me vient est que lorsque l’on se trouve impliqué en tant que suspect, un pas irréversible peut-être franchi malgré soi, entre le statut artificiel de bien-pensant heureux mangeant bien sa soupe, et celui de délinquant, paria de la société, privé de tous ses droits.

Entre ces deux conditions, il n’y a pas de frontière. C’est glaçant.

Le commissariat de police de Vichy est un lieu quelque peu vétuste sans confort ressemblant de l’extérieur à un manoir.

Désorientation., la notion du temps n’y existe pas puisque qu’aucune horloge n’est visible et qu’au local de fouille, on prend tout incluant ma montre.

Quelle heure est-il ? Depuis combien de temps suis-je ici ? Questions sans réponses.

J’arrive le 1er avril à neuf heures du matin avec mon sac monoprix bleu nuit ansé à fermeture éclair, contenant mes documents, mes médicaments quotidiens, ainsi qu’une canne pliante.

La matinée est ensoleillée.

Deux minutes après m’être présenté à l’accueil avec convocation et pièce d’identité, j’entends l’appel de mon nom depuis la salle d’attente ou j’avais été invité à patienter.

En un éclair je me retrouve face à un jeune brigadier fluet mais de bonne stature aux cheveux foncés et à la coiffure «in» avec courte mèche cerclée d’un élastique.

Masqué COVID, je le suis par l’escalier menant au couloir de son bureau situé au premier étage.

Je suis invité à m’asseoir. Une vitre en plastique transparent posée verticalement sur un bureau marron nous sépare. Derrière l’investigateur, une fenêtre fait contre-jour.

L’audition débute, les questions pleuvent sur de prétendus évènements dont je ne sais rien et dont je suis apparemment coupable désigné d’office.

L’affaire étant en cours d’enquête, aucun propos ne sera relaté dans cet article.

Au bout d’une heure environ, le brigadier me fait descendre au local des fouilles, antichambre des cellules. Sauf mes premiers vêtements, tout est listé et mis dans une cagette en plastique.

J’avais laissé mon téléphone portable dehors

Le policier présent m’indique un couloir de quelques mètres de long sur lequel débouchent les trois ou quatre portes métalliques des salles de garde à vue On me pousse sans violence vers l’intérieur et un lourd bruit métallique de la fermeture à double tour d’une serrure du moyen-âge retentit.

La cellule :

Deux mètres sur deux avec grosso-merdo, 2 mètres 80 de hauteur de plafond.

Un matelas fort sale, souple comme une planche de bois, enveloppé de skaï beige est posé sur un rectangle de béton, il mesure environ 60 cm de large sur 1 mètre 90 de long, pour 10 cm d’épaisseur.

Une caméra fixe filme au travers de la vitre donnant sur le couloir et de celle de la porte, chacun des carreaux mesure un peu plus d’un mètre de hauteur.

Les murs décrépis ont été peints il y a des décennies de couleur vieille urine. Le plafond encore blanc libère des plaques de plâtre tombant en éclats sur le sol de béton.

La peinture plus qu’écaillée des murs a laissé place à de nombreuses et larges blessures ou apparaissent du plâtre noirci.

Le sol est jonché des débris noirs de ce plâtre supposé être blanc et de saletés diverses.

24 carreaux translucides en verre très épais, joints par du mastic, composent la fenêtre donnant sur l’extérieur. L’ensemble doit mesurer environ un 1 mètre quarante de fauteur sur un mètre de large, situé à plus d’un mètre du sol.

Les cornières de la porte métallique ont été si souvent mal ressoudées qu’on ne se donne plus la peine de cacher la rouille.

La photo en noir et blanc de ma couverture est celle de l’une des salles de torture de la milice française entre 1940 et 1944 situé sous le petit casino à Vichy, appelé désormais centre culturel Valery Larbaud

De nombreux graffitis au crayon de papier ornent les parois verticales : prénoms féminins et masculins, des suites de chiffres, pas d’insanités, et puis une inscription a retenu mon attention : «48 heures je nie, à la sortie je revis ».

Privé de tout contact, il faut mettre sa soif et ses besoins de toilettes sous son mouchoir, s’il n’a pas été confisqué lors de la fouille.

Une jeune dame n’ayant pas la langue dans sa poche occupe le palace voisin. Deux personnes sont en garde à vue ce premier avril 2021.

Un policier fait lourdement bruiter la serrure : nouvel interrogatoire.

Je passe ensuite au trombinoscope dans un autre local : empreintes, photos de face de profils, debout, prise d’ADN.

Puis retour en cellule.

Au bout d’un temps indéterminé, un robuste policier équipé d’un gilet pare-balles m’apporte une barquette en plastique contenant de la blanquette de veau qu’il vient de réchauffer insuffisamment au micro-ondes de la salle des fouilles, avec un petit gobelet d’eau flexible. L’unique ustensile est une petite cuillère en plastique.

Nouvelle séance de cuisine, le brigadier tient absolument à me faire signer des aveux.

Retour au bloc. Consécutivement à mes acouphènes, j’ai un étouffement et un blocage de respiration dont je me remets difficilement.

Le policier de la fouille avait dit qu’il suffisait de gesticuler devant la caméra pour que l’on se préoccupe de ma situation.

La voisine d’infortune tape à la vitre, je cogne la partie métallique de la porte, je fais le singe devant la caméra. Personne.

J’informe le grand policier affable mais sans sourire qui arrive un quart d’heure plus tard, de la totale insécurité du local et des cellules. La dame de la geôle voisine l’informe de mon problème respiratoire.

Le policier explique qu’à cette heure les caméras sont aveuglées par le soleil, qu’il n’y pas de son, et que devant s’occuper du poste, il ne peut surveiller les prisonniers.

Plus tard, au bout d’un temps certain, Le brigadier descend me chercher en personne. Je l’informe de l’incident. Il dit  « on va le signaler dans un PV », et tente d’en profiter pour me faire signer des aveux.

Un peu plus tard, il ouvre lui-même la porte de fer pour me faire signer des aveux.

Jusqu’à cette heure probablement avancée, je n’ai encore rien signé.

On me ressort. Un homme serviette à la main attend dans la salle des fouilles et me conduit vers une pièce blanche minuscule sans fenêtres avec fort éclairage où trônent ce qui ressemble à deux chaises et une table. La salle est située au bout d’un couloir de quelques mètres de long en impasse.

« Un nouveau tortionnaire» me dis-je.

Mais non, c’était l’avocat commis d’office que j’avais demandé trois heures auparavant.

Il prend quelques notes et m’assiste pour le dernier interrogatoire.

Le brigadier note mes réponses et paroles, dans lesquelles je déclare, preuves à l’appui l’absence de faits, d’éléments probants, etc.

Je signe le PV, l’avocat quitte le bord ; je suis ramené à la villa des roses.

Après chaque entretien, le brigadier fait un rapport en direct au procureur.

Il me libère vers 18 heures.

Que la vie est belle à 68 ans et que l’air du dehors est doux. Tout le monde est beau. Le pain a un goût qu’il n’a jamais eu.

© Yves-Marie Pendeliau

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  1. https://www.dreuz.info/2019/12/03/qatar-letat-prison/
  2. https://www.dreuz.info/2018/01/20/la-milice-francaise-du-qatar-les-politiciens-ont-les-moyens-de-vous-faire-taire/

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