Publié par Christian Larnet le 15 avril 2021
Sarah Halimi

La Cour de cassation confirme la décision selon laquelle Kobili Traore ne peut être tenu pénalement responsable du meurtre de Sarah Halimi car il était dans un état psychotique dû à la consommation de marijuana. Mais ne vous aventurez pas à être attrapé au volant en train de fumer de l’herbe.

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La plus haute juridiction française a estimé mercredi que le meurtrier d’une femme juive, Sarah Halimi n’était pas pénalement responsable et ne pouvait être jugé, provoquant la colère des groupes antiracistes qui estiment que ce verdict met les Juifs en danger.

Sarah Halimi, une femme juive orthodoxe d’une soixantaine d’années, est morte en 2017 après avoir été violentée, torturée, puis poussée par la fenêtre de son appartement parisien par son voisin Kobili Traore, qui a crié « Allahu Akbar » (« Dieu est plus grand que les autres Dieux » en arabe).

Le verdict du tribunal signifie que Traore n’aura pas de procès : il est libre.

Dans sa décision de mercredi, la Cour de cassation a confirmé les jugements des tribunaux inférieurs selon lesquels Traore ne peut être jugé car il était trop défoncé à la marijuana pour être pénalement responsable de ses actes.

Traore, un gros fumeur d’herbe, a été placé en soins psychiatriques depuis la mort d’Halimi. Le tribunal a déclaré qu’il avait commis le meurtre après avoir succombé à une « crise de délire » et qu’il n’était donc pas responsable de ses actes.

Le meurtre d’Halimi a momentanément alimenté le débat sur l’antisémitisme chez les jeunes musulmans des quartiers à prédominance immigrée.

Le traitement du meurtre d’Halimi a été un événement décisif pour de nombreux Juifs français, qui affirment qu’il souligne les échecs de l’État français dans la gestion de l’antisémitisme.

« Désormais, dans notre pays, on peut torturer et tuer des Juifs en toute impunité », a ajouté le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat.

Le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a qualifié la décision de « coup dévastateur », qui, a-t-il dit, « crée potentiellement un précédent pour tous les criminels de la haine qui peuvent simplement invoquer la folie ou décider de fumer, de sniffer ou d’injecter des drogues ou même de s’enivrer avant de commettre leurs crimes ».

Après le verdict de mercredi, les avocats représentant la famille d’Halimi ont déclaré qu’ils avaient l’intention de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.

« C’est un mauvais message pour les citoyens juifs français », a déclaré l’avocate du frère d’Halimi, Muriel Ouaknine Melki.

Mais l’avocat de Traore, Patrice Spinosi, a déclaré que s’il pouvait « évidemment comprendre la frustration des victimes de ne pas avoir de procès », la loi « dans son état actuel » ne permet pas de juger les auteurs dans de telles circonstances.

Une cour d’appel a déclaré que Traore, aujourd’hui âgé d’une trentaine d’années, avait des préjugés antisémites et que le meurtre y était en partie lié. Mais elle a également accepté les revendications de la défense selon lesquelles Traore était trop drogué pour être jugé pour ses actions et il a été placé dans un établissement psychiatrique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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