Publié par Magali Marc le 28 avril 2021

En campagne électorale, Joe Biden se décrivait comme un modéré, déterminé à travailler avec les Républicains de manière bipartite, afin de rétablir un sentiment de normalité à Washington.

Personne n’aurait pu le considérer, à ce moment comme un nouveau Franklin Delano Roosevelt (FDR), comme un homme qui allait changer de manière radicale le mode de vie américain. Sa volonté d’ériger un énorme édifice progressiste est vouée à l’échec. Il ne peut même pas éliminer le filibuster, ce qui lui aurait permis de passer ses projets de loi les plus radicaux sans avoir besoin de l’appui des Républicains au Sénat.

Pour les Lecteurs de Dreuz, j’ai traduit la chronique de Rich Lowry, parue dans le New York Post, le 26 avril.

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Le projet de Joe Biden de révolutionner l’Amérique alors qu’il ne dispose que d’une faible majorité au Congrès est du pur délire.

Il y a le fait de croire ses propres communiqués de presse. Et puis il y a le fait d’être intoxiqué par la folie des grandeurs. Joe Biden devrait se regarder dans le miroir tous les matins et voir un président élu sur la base de l’impopularité de son prédécesseur à un moment où le pays était frappé par une pandémie unique en son genre.
Au contraire, de l’avis général, il voit un leader transformateur ayant pour mandat de changer l’Amérique aussi rapidement et de façon aussi irréversible que possible.

Comme l’a noté le site d’information Axios, Joe Biden veut que ses 100 prochains jours soient « plus audacieux » que les 100 premiers, car il cherche « à réorganiser les fondements mêmes de l’Amérique – les inégalités, le droit de vote et le rôle que joue le gouvernement en ce qui a trait à la croissance économique ».

Rien que ça ?

La volonté de M. Biden d’être un nouveau FDR (Franklin Delano Roosevelt ) et d’ériger un énorme édifice progressiste sur de faibles fondations politiques est d’une arrogance monumentale et presque certainement vouée à l’échec.

Le 46e président envisage d’utiliser le genre d’appât qui réussit rarement. Oui, les projets politiques sur lesquels il s’est présenté l’année dernière étaient plus à gauche que ceux de l’ancien président Barack Obama et que ses propres positions en tant que sénateur. Mais, en campagne électorale, M. Biden s’est décrit comme un modéré qui voulait travailler avec les Républicains et rétablir un sentiment de normalité à Washington.

Il a déclaré, comme il l’a fait lorsqu’il a exhorté les Républicains à ne pas pourvoir le siège de la défunte juge Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême, « Nous devons désamorcer la situation, pas l’aggraver ».

De ceux qui ont écouté ces propos ou un millier d’autres tenus par lui au cours de la campagne électorale, personne n’aurait pu le considérer comme l’homme qui entreprendrait immédiatement des changements radicaux dans le mode de vie américain.

Pour un futur FDR, Biden n’a pas l’air de comprendre qu’une source fondamentale du pouvoir du promoteur du «New Deal» était les énormes majorités qu’il avait au Congrès.

FDR est entré en fonction en 1933 avec une majorité de presque 200 sièges à la Chambre des Représentants, 313 contre 117, après que les Républicains aient perdu plus de 100 sièges lors des élections.

Quand Joe Biden est entré en fonction en 2021, il n’avait qu’une majorité de neuf sièges à la Chambre des Représentants, les Démocrates ayant perdu du terrain dans tout le pays.

C’est la majorité démocrate la plus mince à la Chambre depuis les deux dernières années de l’Administration du républicain Rutherford B. Hayes (de 1878 à 1880).

Au Sénat, FDR avait 58 sénateurs démocrates, les Républicains ayant perdu 12 sièges en 1932 lors de l’une des pires raclées sénatoriales de l’histoire.

M. Biden a une égalité de 50-50 après que les Démocrates aient remporté deux élections spéciales en Géorgie cette année, ce qui oblige la vice-présidente Kamala Harris à se tenir prête à intervenir en cas d’égalité de vote pour éviter le blocage.

Le sort du programme législatif de M. Biden ne tient qu’à un fil : il dépend de la décision des Sénateurs Joe Manchin et Kyrsten Sinema, des Démocrates relativement modérés, d’appuyer ou non ses propositions.

Si FDR avait été dépendant de deux Sénateurs démocrates idéologiquement antipathiques dès le début de son administration, il ne serait pas FDR.

Si M. Biden se sent enhardi par ses 100 premiers jours, c’est que sa barre de ce qui constitue une réussite est bien basse.

FDR a signé plus d’une douzaine de mesures importantes pour lutter contre la Grande Dépression au cours de ses 100 premiers jours, tandis que Joe Biden a obtenu un projet de loi de 1,9 trillion de dollars sur l’aide au titre du COVID – certes une énorme quantité de dépenses, mais dont la plupart visent à financer des mesures temporaires.

Les experts pro-Biden se réjouissent du fait qu’il bénéficie d’un taux d’approbation d’environ 53 % (NdT: selon un sondage biaisé pour lequel plus de sympathisants démocrates que républicains ont été interviewés), un résultat respectable, mais qui ne constitue pas une position de force écrasante pour tenter de révolutionner le pays.

Il est important de noter que FDR est devenu encore plus puissant après 1933. Les Républicains ne comptaient plus que 17 sénateurs et 89 membres au Congrès lors des élections de 1936, alors que M. Biden aura de la chance s’il parvient à conserver sa mince majorité à la Chambre des Représentants lors des élections de mi-mandat l’an prochain.

Avec une marge d’erreur législative aussi mince, il est peu probable que M. Biden parvienne à ses fins sur d’autres sujets que les dépenses et les impôts. Presque toutes ses propositions radicales, qu’il s’agisse de fédéraliser les élections ou de faire de Washington un État, tomberont à l’eau.

Plus précisément, Joe Biden a tort de tenter de faire passer en force des mesures aussi radicales alors que son mandat pour le faire n’existe que dans l’image ridiculement gonflée qu’il a de lui-même.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source :

https://nypost.com/2021/04/26/bidens-plan-to-revolutionize-america-on-a-slim-majority-is-downright-delusion/

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