Publié par Yves Mamou le 21 avril 2021

L’affaire Halimi est un déni de justice certes, un déni de justice qui résonne fort dans la société française, mais elle est d’abord et avant la consolidation d’un dogme français dominant : rien ne doit pouvoir mettre en danger la victimisation musulmane.

Depuis la fin des années 1960, depuis la guerre des Six Jours, la gauche française (cette gauche progressiste qui croit que l’Histoire avance par un progrès constant contre les discriminations) pense que le musulman est l’incarnation de la victime. Il en est l’essence.

SOS Racisme sans « s » à la fin, Touche pas à mon pote… structurent encore les comportements du pouvoir politique, judiciaire et médiatique. Peu importe que la frange active de l’islam politique soit partie en guerre contre les juifs, puis à partir de 2015, soit partie en guerre contre tous les non-juifs : le Bataclan, le Stade de France, la Promenade des Aanglais à Nice, un chef d’entreprise décapité en Isère, un curé égorgé en Normandie…

L’affaire Sarah Halimi montre que les pouvoirs politique, médiatique, judiciaire refusent de remettre en cause le dogme victimaire qui entoure la présence musulmane en France. Une manière habile mais suicidaire de refuser de répondre à la guerre quand la guerre vous est déclarée. Le terrorisme est devenu une sorte d’accident climatique et la commémoration des morts du terrorisme une technique pour faire taire. On rend hommage aux morts, silence dans les rangs !

Le gouvernement n’a parlé de guerre qu’à propos du covid 19 – « conseil de guerre »… – mais en perdant toutes les batailles, celle des masques, celle des tests, celle de frontière ouvertes ou fermés, celle des vaccins…

Le refus de rendre justice à Sarah Halimi contribue donc au déni français. Quand la société Evian reconnait à un islamiste le droit de se sentir agressé par une invitation publicitaire à boire de l’eau le jour du ramadan, il s’agit d’une réplique de l’attitude de soumission du pouvoir politique envers l’islamisme. Quand une cour d’assise atténue en appel les peines prononcées contre des voyous musulmans qui ont tenté de bruler vifs des policiers dans leur voiture de patrouille, quand la police n’est pas auutorisée à utiliser son arme dans un guet apens en banlieue, il s’agit d’un déni de la guerre.

L’affaire Halimi est donc à cet égard une affaire française : la mort de cette vieille dame est regrettable, mais elle ne doit pas générer d’autre réaction qu’une marche blanche, c’est à dire silencieuse.

L’affaire Halimi est aussi une affaire juive dans la mesure ou elle pose aux Français juifs une question cruciale : jusqu’à quand accepteront-ils de jouer la variable d’ajustement du déni de la guerre qui structure la politique des pouvoirs politique, médiatique et judiciaire.

En d’autres termes, les Juifs ont-ils le désir et le pouvoir de démolir le mur du silence et de la commémoration qui empoisonne la société toute entière ? Ont-ils le pouvoir et le désir de rendre ce service à la France ? Ont-ils le pouvoir de dire que le roi ment et qu’il est nu ?

Indéniablement, oui. Les juifs ont ce pouvoir de dire qu’aujourd’hui ils sont redevenus les victimes de violences de type nazi perpétrées par des islamisteS. Ils doivent se poser en victimes – les vraies, celles qui sont assassinées – et dénonçer l’islamisme comme un projet assassin.

S’ils agissaient ainsi, les Juifs ébranleraient jusque dans ses fondements l’antiracisme occidental blanc qui attribue aux seuls musulmans la qualité de victime. Les juifs ont le pouvoir de rebattre les cartes, Mais ce pouvoir ne peut être exercé que si les dirigeants de la communauté juive prennent soudain conscience que leur silence les place du côté des antiracistes officiels et des islamistes.

Rien n’indique que les notables juifs soient à la hauteur des enjeux historiques qui sont aujourd’hui entre leurs mains.

Yves Mamou

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