Publié par Ftouh Souhail le 26 avril 2021

Jamel Gorchene, le djihadiste qui a assassiné la policière dans au commissariat, est un bel enfant de l’islamisme politique installé en Tunisie depuis 2010. Le terroriste de Rambouillet est un super fan du président tunisien Kais Saied élu, fin 2019, grâce à une campagne appuyée par les forces islamistes.

L’homme qui a porté les coups mortels à la policière de Rambouillet, le 23 avril 2021, en début d’après-midi avant d’être lui-même abattu affiche fièrement sur les réseaux sociaux plusieurs post de soutien à la campagne électorale de Kais Saied, un universitaire antisémite élu président de la Tunisie en 2019, et fanatique de la question palestinienne.

Sur la page Facebook du terroriste Jamel Gorchene, de nombreuses photos sont partagées du portrait du président tunisien qui refuse tout compromis territorial et politique avec l’État hébreu.

Aux présidentielles, de 14 octobre 2019, Kais Saied a remporté plus de 70% des voix lors du second tour de la présidentielle grâce aux partisans du parti d’inspiration islamiste Ennahdha.

Sur la page Facebook du terroriste Jamel Gorchene, le candidat à la présidentielle Kais Saied
Le terroriste Jamel Gorchene soutien le candidat aux convictions conservatrices Kais Saied
Le terroriste Jamel Gorchene fait éloge du président tunisien, candidat des islamistes. Ennahdha avait appelé à voter pour lui en 2019
Le terroriste Jamel Gorchene compare entre le candidat des islamiste Kais Saied et le laïque Nabil Karoui

Le djihadiste de Rambouillet partage avec le président Kais Saied la même détestation idéologique de l’État juif. Il partage avec lui ce nationalisme arabe palestinien qui n’a toujours pas renoncé à son refus obstiné de reconnaître Israël comme État du peuple juif.

Le terrorisme, qui est le principal attribut original du nationalisme palestinien, veut une Palestine arabe et musulmane sur l’ensemble du territoire disputé soit par la guerre, soit à défaut de pouvoir la gagner, par le biais d’une patience madrée.

Le président tunisien ne rate pas une occasion pour encourager sa base électorale, notamment des jeunes, à perpétuer la lutte contre la partie israélienne. Les violences contre les juifs même se seraient aggravées en Tunisie, depuis le début de l’année 2021, quand le président tunisien avait accusé les Juifs d’être à l’origine de l’instabilité dans le pays (1).

Pourtant ce nationalisme arabe largement mâtiné d’islamisme aura collaboré pendant la Deuxième Guerre Mondiale avec l’Allemagne hitlérienne aux fins d’obtenir l’extermination de la communauté juive.

Personne ne peut nier aussi la responsabilité de l’islamo-nationalisme palestinien dont les connivences avec le terrorisme international sont légion. Le résultat aujourd’hui est là, Le réveil est dur.

Le Parti constitutionnel libre (PDL), un parti d’opposition laïque, a dénoncé dans un communiqué du 24 avril 2021 l’attentat flagrant de Rambouillet tout en portant la responsabilité sur le président Kais Saied et son chef du gouvernement pour leur aveuglement face au terrorisme.

En Tunisie la machine à intox a été vite déployée par les médias locaux, pour faire en sorte que le lien entre l’égorgeur de Rambouillet et la campagne du président tunisien Kais Saied ne soit surtout pas évoqué dans ce dernier attentat.

Ce faisant, le djihadiste qui a assassiné la policière sous le prétexte du djihad au ramadan, a rendu orphelin deux enfants, endeuillé une famille, une institution, un pays la France, et jeté l’opprobre dans le même temps sur la Tunisie, principale pays pourvoyeur des terroristes depuis 2011.

Les autorités françaises devraient attribuer des fiches S à tous ceux qui manifestent une sympathie avec le terrorisme palestinien. Il s’agit d’une mesure de préservation et d’autodéfense.

Pascal Boniface, auteur de « La France malade du conflit israélo-palestinien« (2) avait montré déjà le lien de la mobilisation autour de la cause palestinienne et le ressentiment des jeunes Français d’origine maghrébine : certains projettent leur propre situation sur ce qui se passe là-bas.

Kais Saied un président arabo-conservateur, qui croit au caractère sacré de l’arabe

En visite à Paris les 22 et 23 juin 2020, le président tunisien, Kaïs Saïed, a tenu à marquer les esprits en affirmant clairement lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue français, Emmanuel Macron, qu’il préférait s’exprimer en arabe, sa “langue maternelle”. Une initiative qui a également suscité des critiques.

Les locuteurs natifs d’arabe ont longtemps prétendu que l’arabe est beaucoup plus qu’une langue ; plutôt la langue d’Islam choisie par Allah et elle illustre la primauté du religieux sur toute autre considération et les rapports profonds à la foi Islamique.

La langue arabe est le symbole le plus puissant du djihad enveloppant une idéologie culturelle et religieuse. Beaucoup perçoivent l’arabisation comme une cause principale de cette islamisation accrue et empêchant les jeunes arabisés de « penser différemment ».

D’ailleurs l’égorgeur de Rambouillet, 36 ans, ne communique qu’en arabe sur les réseaux sociaux. Le djihadiste partage avec le président et l’universitaire Kais Saied la même obsession pour la Langue arabe.

Les jeunes arabisés sont plus conservateurs – bornés sur beaucoup de questions-ils lisent seulement la presse arabophone et écoutent les stations d’émission arabe. La presse de Langue arabe diffère dans son orientation idéologique des médias Francophones. 

Les médias de Langue arabe dans ce pays ont clairement une approche plus islamique et anti-occidentale.

Les individus arabisés trouvent les symboles des groupes islamiques et leurs référents culturels plus familiers et persuasifs. Le caractère fortement sacré de l’Arabe stimulent un nombre de terroristes qui ont rejoint les rangs des organisations de Daech, d’Al-Qaida et l’OEI (Organisation État Islamique). Les « printemps arabes » ont favorisé l’essor de ces mouvements djihadistes arabes qui offraient une alternative islamique aux partis politiques laïques francophones alors souvent contestés.

Le système éducatif en Tunisie a été infiltré pendant par trois décennies par les islamistes. L’Arabisation de l’éducation a eu des effets directs sur l’orientation culturelle des jeunes. Les références islamiques de l’Arabe l’imprègnent du symbolisme religieux puissant qui a des connotations politiques importantes comme Califat. La langue arabe sert donc de symbole religieux fortement chargé. 

L’arabe et l’Islam sont complémentaires et se renforcent mutuellement (3). L’arabisation et l’islamisation sont les parties inséparables d’un idéal culturel qui est contre la modernisation, ce qui explique en partie pourquoi la Tunisie est présentement identifié un pays exportateur de terrorisme.  

En effet, la montée de l’islamisme d’aujourd’hui est naturelle, la conséquence peut-être inévitable de la politique nationaliste arabe d’il y a trente ans. Pendant cette période actuelle de grand bouleversement social et d’incertitude, nombre de terroristes quittent leur pays pas pour aller travailler à l’étranger mais pour aller combattre. L’égorgeur de Rambouillet est un exemple.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Ftouh Souhail pour Dreuz.info.

  • (1) Pinchas Goldschmidt, grand rabbin de Moscou et président de la Conférence rabbinique européenne, avait alors dénoncé cette violence et l’inaction des autorités tunisiennes.
  • (2) Voir « La France malade du conflit israélo-palestinien », Éditions Salvator, février 2014.
  • (3) Cette explication va avec les vues de tels linguistes que Jerome Bruner, Joseph Glick, R. Jakobson, Edouard Sapir et Benjamin Whorf, qui soutiennent que la langue impose inévitablement les catégories cognitives qui forcent un individu dans un ordre symbolique particulier dans la pensée, la communication et l’ordre de son expérience.

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