Publié par Christian Larnet le 5 mai 2021

Le Parlement français devrait voter une nouvelle loi sur le changement climatique destinée à renforcer la crédibilité écologique du président Emmanuel Macron à un an des élections nationales, sur le dos des Français, qui seront les premières victimes.

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Il est presque certain que le projet de loi sera approuvé en première lecture par l’assemblée, où M. Macron dispose d’une majorité active, mais il a été fortement critiqué par les groupes environnementaux.

Les militants considèrent qu’il est trop timide compte tenu de ce qu’ils perçoivent comme le rythme d’un changement climatique dans le monde, et accusent le dirigeant français de s’engager en demi-teinte dans une cause qu’il a admis avoir embrassée tardivement.

La ministre française de l’Environnement, Barbara Pompili, a défendu le texte, affirmant qu’il « affectera la vie quotidienne de tous nos citoyens » [NDLR : oui, négativement] et qu’il s’agit de « l’une des plus grandes lois du mandat (du président) ».

Les mesures comprennent :

  • l’interdiction des vols intérieurs de moins de deux heures et demie qui peuvent être effectués en train sauf pour les élites qui peuvent prendre des jets privés,
  • des restrictions sur la location de propriétés mal isolées,
  • la création d’un nouveau crime d' »écocide » pour punir les pollueurs – qui est une excellente chose : commençons par la Chine, l’Inde et le Brésil, les principaux pollueurs du monde.

L’objectif global est de mettre en place des mesures qui permettront à la France d’atteindre son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport aux niveaux de 1990 à l’échéance de 2030, objectif dont le président Trump avait dépassé les points d’étape tout en se retirant des Accords de Paris sur le climat, contrairement à la France, pourtant initiatrice des Accords, et qui est très en retard : typique des dirigeants français : des mots, l’argent de l’Amérique sur qui on crache, et pas d’action.

Des groupes de pression tels que Greenpeace l’ont qualifié d' »occasion manquée du mandat de Macron », tandis que le conseil consultatif pour l’Environnement du président lui-même a déclaré qu’il aurait « un impact potentiellement limité ».

Il est également moins ambitieux que les nouveaux objectifs de réduction de 55 % convenus au niveau de l’UE et est en deçà du plan allemand qui a été rejeté la semaine dernière par la Cour constitutionnelle du pays, le jugeant « insuffisant ».

Le changement climatique et la protection de l’environnement seront-ils des thèmes plus importants qu’en 2017 lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine ?

Le principal parti vert en France a réalisé des gains importants dans les villes comme Strasbourg, Bordeaux et Lyon lors des élections locales de l’année dernière, reflétant une tendance européenne en faveur des groupes environnementaux, particulièrement les pastèques – rouges communiste dedans, vert écologistes dehors.

En Allemagne, le parti des Verts a dépassé les conservateurs de la chancelière Angela Merkel dans les derniers sondages.

La loi sur le climat a également été un test de ce que Macron a présenté comme une forme de gouvernement plus inclusive, qui a vu des membres du public triés sur le volet pour leur obéissance totale, invités à faire semblant de participer à la rédaction de la législation.

Après les émeutes anti-gouvernementales des gilets jaunes en 2018, Macron s’est engagé à changer son style de leadership qui était considéré par les critiques comme trop centralisé et éloigné du grand public. Rien n’a changé, mais les Français sont comme une dent dévitalisée : ils ne sentent plus rien.

Cyril Dion, figure de proue du congrès, a participé à un rassemblement de protestation appelant à des mesures plus audacieuses en mars et a déclaré que la loi « ne permet absolument pas à la France d’atteindre ses objectifs. »

Le gouvernement a répliqué qu’il tente de trouver un équilibre entre la réduction des émissions et la protection des travailleurs et de l’industrie, à un moment où l’économie est malmenée par la pandémie de Covid.

« Avec la loi, nous marchons sur une ligne fine, en faisant de grands changements tout en restant économiquement et socialement acceptables », a déclaré Pompili au Financial Times la semaine dernière.

M. Macron a été piqué au vif par les manifestations des « gilets jaunes », initialement déclenchées contre des politiques environnementales telles que l’augmentation des taxes sur le diesel et les vieilles voitures polluantes.

Son prédécesseur François Hollande avait été contraint de faire volte-face par les chauffeurs routiers, connus sous le nom de « bonnets rouges », qui avaient protesté contre ses efforts pour imposer une taxe environnementale sur les poids lourds.

Même si elle est adoptée par l’Assemblée et le Sénat, la nouvelle loi devra très certainement être mise à jour pour que la France puisse respecter les objectifs de l’Union européenne en matière de réduction des émissions.

Fin avril, le Parlement européen et les États membres de l’UE se sont mis d’accord sur un objectif de réduction d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, alors que l’objectif fixé par la loi française est de 40 %.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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