Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 mai 2021

En 2013, l’administration Obama a secrètement obtenu les relevés téléphoniques des journalistes d’Associated Press. Le scandale n’a pas duré longtemps, mais il était réel.

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En 2013, le ministère de la Justice de l’administration Obama a secrètement obtenu deux mois de relevés téléphoniques (1) pour au moins 20 reporters et rédacteurs qui travaillaient pour l’agence de presse Associated Press, y compris les relevés des téléphones personnels et cellulaires des journalistes et rédacteurs, ainsi que la ligne directe d’AP au sein de la Chambre des représentants.

1 Le département de la Justice (DOJ) d’Obama a secrètement obtenu les relevés téléphoniques de journalistes et de rédacteurs qui travaillent pour l’agence de presse Associated Press, dans ce que l’agence a qualifié de « grave interférence avec les droits constitutionnels d’AP de recueillir et de rapporter les informations ».

Les enregistrements, qui couvraient les mois d’avril et mai 2012, avaient été saisis par le DOJ au début de l’année et couvraient plus de 20 lignes téléphoniques. Ils répertoriaient les appels sortants des numéros de téléphone professionnels et personnels de chaque journaliste, ainsi que les lignes téléphoniques générales des bureaux d’AP à New York, Washington et Hartford (Connecticut), et un numéro principal utilisé par les journalistes d’AP à la Chambre des représentants.

2 Selon CBS, des documents judiciaires publiés en mai 2013 montrent aussi que l’administration Obama a secrètement surveillé un journaliste de Washington, James Rosen. En demandant un mandat de perquisition, le FBI d’Obama a même accusé James Rosen, de Fox News, de « co-conspirateur criminel », même s’il n’a été accusé d’aucun crime.

« Ce niveau de surveillance gouvernementale d’un journaliste était sans précédent », ajoutait l’éditorial de CBS (2).

https://www.cbsnews.com/news/fox-news-reporter-secretly-monitored-by-obama-administration-court-documents/

3 Jake Tapper de CNN – lors d’un rare signe d’honnêteté – a révélé qu’Obama avait utilisé l’Espionage Act « pour s’en prendre aux lanceurs d’alerte qui ont divulgué des informations aux journalistes non seulement plus que n’importe quelle administration précédente, mais aussi plus que toutes les administrations précédentes réunies. » (3)

Mais faisant fi de la réalité, et ignorant les abus de l’administration Obama, les médias décrivent Obama comme « un champion de la liberté de la presse ».

4 Le 17 avril 2020, le Comité pour la protection des journalistes publiait un rapport sévère (4) sur les abus de l’administration Trump par rapport aux médias. Profondément enfouies dans le rapport (qui mentionne Trump plus de 200 fois et l’ancien président Barack Obama seulement une douzaine), se trouvaient cependant quelques pépites :

  • « Barack Obama avait promis que son administration serait la plus transparente de l’histoire. Au lieu de cela, elle est devenue la plus déterminée à limiter les informations dont les médias d’information avaient besoin pour tenir le gouvernement responsable de ses actions. »

    Mais elle l’a fait de manière très hypocrite, car l’administration Obama « ne s’est jamais engagée dans une rhétorique publique contre la presse », a noté Jonathan Peters, professeur de droit des médias à l’université de Géorgie. »
  • « Plus grave encore, l’administration Obama a poursuivi 10 employés et contractants du gouvernement pour avoir divulgué des informations classifiées à la presse. Huit de ces poursuites ont été engagées en vertu de la loi sur l’espionnage de 1917, qui avait été promulguée pendant la Première Guerre mondiale pour protéger le pays contre les espions des gouvernements étrangers. Elle n’avait été utilisée que trois fois au cours des neuf décennies précédant la prise de fonction d’Obama. »
  • « Le grand nombre de poursuites contre des sources d’information par le ministère de la Justice de Trump ‘est la faute de l’administration Obama’, m’a dit Margaret Sullivan, chroniqueuse média du Post. ‘Elle a créé un plan qui a été facile à suivre. L’utilisation de la loi sur l’espionnage pour ce genre de choses est terrible.’  »

5 La « poursuite d’individus en vertu de l’Espionage Act est une menace directe pour le journalisme d’investigation, qui s’appuie souvent sur des lanceurs d’alerte pour fournir aux journalistes des informations d’intérêt public, que ce soit en raison de préoccupations morales, éthiques ou juridiques », a déclaré Sabine Dolan, directrice exécutive par intérim du bureau Amérique du Nord de Reporters sans frontières (RSF).

RSF a accusé l’administration Trump, le 10 mai 2019, d’avoir engagé des poursuites contre trois lanceurs d’alerte. (5). Obama : 10.

Mais le grand scandale du jour que vous lirez partout dans les médias ces jours-ci, est que le ministère de la Justice de Donald Trump a légalement saisi les relevés téléphoniques de trois reporters du Washington Post qui ont couvert l’enquête fédérale sur les liens révélés inexistants et inventés par les Démocrates, entre la Russie et la campagne présidentielle de 2016 de Donald Trump, a indiqué le WaPo ce vendredi.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.nytimes.com/2013/05/15/opinion/spying-on-the-associated-press.html
  2. https://www.cbsnews.com/news/fox-news-reporter-secretly-monitored-by-obama-administration-court-documents/
  3. http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/1401/02/cg.01.html
  4. https://www.startribune.com/rash-report-a-pointed-report-on-the-trump-administration-and-the-media/569742462/
  5. https://rsf.org/en/news/us-trump-administration-prosecutes-third-whistleblower-under-espionage-act

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