Publié par Piotr Stammers le 5 mai 2021

Une proposition des sénateurs français pourrait bientôt priver les musulmanes ferventes qui considèrent le port du hijab comme une expression de leur dévotion au prophète Mahomet, de la liberté de le faire dans les espaces publics.

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L'amendement à un projet de loi "anti-séparatisme" destiné à renforcer les valeurs laïques de la France et qui s'applique aux filles de moins de 18 ans a suscité l'indignation et une protestation en ligne sous le hashtag #PasToucheAMonHijab qui est devenue virale au-delà des frontières françaises.

"Il fait partie de mon identité. Me forcer à le retirer serait une humiliation", a déclaré Mariem Chourak, 16 ans. "Je ne peux pas comprendre pourquoi ils veulent faire passer une loi qui discrimine".

La place de la religion et des symboles religieux portés en public est un sujet de controverse de longue date en France, un pays farouchement laïc qui abrite la plus grande minorité musulmane d'Europe.

  • En 2004, la France a interdit le port du foulard islamique dans les écoles publiques à l'initiative d'un élu communiste.
  • En 2010, elle a interdit le niqab, le voile islamique intégral, dans les lieux publics tels que les rues, les parcs, les transports publics et les bâtiments administratifs - même si la police a pour ordre de ne pas être regardante et de ne pas faire respecter la loi.
  • Le nouvel amendement porte sur tous les symboles religieux, mais les opposants affirment qu'il cible les musulmans. Le sénateur Christian Bilhac a déclaré aux législateurs en avril qu'il protégerait les jeunes.

"Les parents ne doivent pas imposer de dogme à leurs enfants", a-t-il déclaré.

"(Les politiciens) veulent notre émancipation, ils veulent nous sauver de cette oppression imaginaire, mais ce sont eux qui nous oppriment", a déclaré Mona el Mashouly, 25 ans, étudiante en médecine, dans sa ville natale de Strasbourg.

Le président Emmanuel Macron a prévenu que l'islamisme porte atteinte à l'unité de la République.

Son projet de loi anti-séparatisme réprime les mariages forcés et les tests de virginité, et prévoit une surveillance plus stricte des associations religieuses. À l'origine, il ne mentionnait pas la possibilité d'empêcher les mineurs de porter le hijab en public.

Le Sénat a ajouté cet amendement, ainsi que deux autres visant à empêcher les mères de porter un hijab lorsqu'elles accompagnent leurs enfants lors de sorties scolaires et à interdire le burkini intégral.

Une commission mixte des deux chambres du Parlement débattra de ces amendements, qui pourraient être retirés du projet de loi.

Mais pour Hiba Latreche, 22 ans, le mal est fait.

"C'est symptomatique de la surveillance constante du corps, des choix et des croyances des femmes en France", dit-elle, "ainsi que de l'instrumentalisation des femmes musulmanes".

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Piotr Stammers pour Dreuz.info.

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