Publié par Magali Marc le 16 juin 2021

Au niveau de la Chambre des Représentants, les Démocrates ont la majorité la plus mince depuis des décennies (un avantage de seulement six sièges – sept lorsque Troy Carter de Louisiane sera assermenté) et plusieurs membres partiront à la retraite lors des élections de mi-mandat de 2022. Les midterms sont souvent mauvaises pour le parti au pouvoir. Il risque d’y avoir une vague républicaine qui leur enlèvera le peu de pouvoir dont ils disposent actuellement. Au niveau du Sénat, les Démocrates sont affaiblis par la résistance de certains Sénateurs comme Joe Manchin qui veulent conserver les appuis de leurs électeurs modérés.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Joe Cunningham, paru sur le site de RedState, le 15 juin.

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Chuck Schumer : Le « leader » le plus faible de Washington

Il est difficile d’être un dirigeant de l’une des trois branches de notre gouvernement fédéral et de n’avoir aucun pouvoir. L’intérêt de devenir leader est d’avoir du pouvoir et de l’exercer, que ce soit avec prudence ou avec abandon.

En fait, être l’un des principaux dirigeants du gouvernement à Washington et ne pas avoir le moindre pouvoir est une situation que l’on croyait impossible. Mais un homme a regardé le désert dystopique de Washington D.C. au lendemain de l’élection de 2020 et a pensé « Je vais réaliser l’impossible ».

Cet homme, c’est Chuck Schumer.

Le Sénateur de New York est, essentiellement, le leader du Sénat. C’est en passant par lui que les travaux du Sénat sont planifiés. C’est lui qui est chargé de mener les négociations finales afin de réaliser ce que son parti cherche accomplir. Ses adversaires sont le Parti Républicain, qui partage techniquement le Sénat avec lui, mais qui est impuissant car les Démocrates disposent de la voix prépondérante de la vice-présidente.

Pourtant, M. Schumer est dépendant d’un petit groupe de sénateurs qui ne permettront pas aux Démocrates de détruire le filibuster et d’adopter un projet de loi très discutable élargissant le rôle du gouvernement fédéral dans nos élections.

Les membres du Parti Démocrate ne sont pas acquis à cette cause.

Le chef de file des centristes est Joe Manchin, le Sénateur de la Virginie occidentale. Lorsque nous utilisons le terme « centriste », nous ne l’entendons pas de manière idéologique. M. Manchin est un homme assez à gauche, comme le confirme ses habitudes de vote au Sénat.

Son centrisme, cependant, est basé sur sa conviction que certaines règles doivent être maintenues afin d’empêcher la corruption de l’institution sénatoriale – une conviction partagée par une majorité de Démocrates.

M. Manchin, parce qu’il a la capacité de faire ou défaire ce que le Parti Démocrate cherche à réaliser, est l’homme le plus puissant du Sénat et, sans doute, le deuxième après le président Joe Biden en termes de pouvoir.

M. Manchin a non seulement déclaré qu’il voterait pour le maintien du filibuster (l’obstruction parlementaire), mais aussi qu’il voterait contre le H.R. 1, le projet de loi électoral mentionné plus haut.

Ce projet de loi, qui est la pierre angulaire du programme des Démocrates dans ce Congrès, est donc tombé à l’eau.
Par contre, le Sénateur Manchin n’est pas le seul à tenir cette position.

Deux Sénateurs de l’Arizona, Kyrsten Sinema et Mark Kelly, font également obstacle au programme démocrate. Les trois Sénateurs viennent d’États qui comptent suffisamment d’électeurs républicains pour qu’ils aient à en tenir compte dans leurs calculs politiques.

Le Sénateur Manchin, cependant, est plus ou moins établi comme le leader de l’aile centriste des Démocrates. Il demeure celui que l’on appuie ou attaque, ce qui lui donne beaucoup plus de pouvoir que M. Schumer.

Derrière M. Manchin, cependant, se trouve Mitch McConnell, le chef de la minorité républicaine au Sénat, qui a un niveau de pouvoir inattendu pour un chef de minorité.

Une partie du problème relève du fait que M. Schumer n’a pas la même autorité sur son caucus que M. McConnell, et cela se voit.

M. McConnell est capable de diriger les votes des Républicains au Sénat, et l’a prouvé à maintes reprises. Même les RINOs anti-Trump les plus critiqués et ridiculisés tels que Lisa Murkowski et Susan Collins, votaient contre le parti seulement à des moments où les Républicains avaient déjà assez de voix pour faire passer un projet de loi ou lorsqu’il était clair qu’ils ne l’auraient pas même avec leur appui.

M. McConnell dirige les Républicains au Sénat d’une manière que M. Schumer ne semble pas capable de faire avec les Démocrates.

C’est une faiblesse flagrante de M. Schumer.

Il envisage de faire passer des projets de loi qui divisent les Démocrates et ne parvient pas à les rallier.

Le pire, c’est que les voix les plus fortes de son parti – Alexandria Ocasio-Cortez, l’Escadron, etc. – et même la direction de la Chambre des Représentants semblent avoir plus d’influence sur les Démocrates du Sénat que lui.

M. Schumer est en quelque sorte tombé dans cette position lorsque Harry Reid a décidé de se retirer du Sénat. M. Reid, comme M. McConnell (bien qu’il n’ait pas été aussi efficace), avait assez de pouvoir sur son caucus pour parvenir à apporter des changements. M. Schumer ne peut rien faire de semblable, et il est incroyablement vulnérable à cause de cela.

L’année 2022 ne sera pas bonne pour les Démocrates, et cela sera dû en partie à un manque de leadership efficace de la part de M. Schumer.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources :

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