Publié par Dreuz Info le 13 juin 2021

« La souffrance d’un peuple privé par Israël du simple droit de croire en l’avenir », cette phrase publiée sous la plume de Natacha Polony dans Marianne en date du  20 mai 2021, témoigne de la monstrueuse inversion des responsabilités.

L’offensive du Hamas – plus de 4000 roquettes tirées contre les populations civiles d’Israël -en application du programme connu du Hamas : la destruction du pays d’Israël et l’assassinat des juifs ou leur exil en Europe, un programme revendiqué également par l’Iran des mollahs totalitaires, l’offensive du Hamas donc est ainsi justifiée et l’autodéfense d’Israël accusée. De même est justifié le refus du fait juif en terres d’Islam qui s’est concrétisé par le statut de la dhimmitude et l’expulsion des juifs des pays arabo-musulmans lors de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948 tout comme par les tentatives d’éradication successives qui ont suivi. De même est agréé le terrorisme du Hamas y compris contre sa propre population.

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Au début du 19eme siècle, un auteur, Chateaubriand,  écrivait dans son «  Itinéraire de Paris à Jérusalem » à propos des juifs et du pays d’Israël:« Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager ; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion. Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute : mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays ; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère de miracle, nous pensons que ce caractère est ici. »

Oui, vous avez bien lu ce qui est dit des juifs en 1806 : « légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays » et le même Châteaubriand dans ses « Mémoires d’Outre-Tombe », celles d’un auteur visionnaire, désignait la matrice culturelle de l’islam à l’origine d’une pensée barbare qui outre l’oppression des Juifs était « fondée sur l’esclavage et la polygamie ».

Vingt-quatre ans plus tard, le même Chateaubriand, au sujet de l’islam, livrait en effet ce propos toujours actuel : « Un nouvel Orient va-t-il se former ? Qu’en sortira-t-il ? Recevrons-nous le châtiment mérité d’avoir appris l’art moderne des armes à des peuples dont l’état social est fondé sur l’esclavage et la polygamie ? Avons-nous porté la civilisation au dehors, ou avons-nous amené la barbarie dans l’intérieur de la chrétienté ? Que résultera-t-il des nouveaux intérêts, des nouvelles relations politiques, de la création des puissances qui pourront surgir dans le Levant ? Personne ne saurait le dire. Je ne me laisse pas éblouir par des bateaux à vapeur et des chemins de fer ; par la vente du produit des manufactures et par la fortune de quelques soldats français, anglais, allemands, italiens, enrôlés au service d’un pacha : tout cela n’est pas de la civilisation. On verra peut-être revenir, au moyen des troupes disciplinées des Ibrahim futurs, les périls qui ont menacé l’Europe à l’époque de Charles Martel, et dont plus tard nous a sauvés la généreuse Pologne. » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, Tome 2, page 390).

Le soutien de la démocratie israélienne confrontée à l’islamisme, tout comme le soutien à toute forme possible de démocratie palestinienne est inséparable de la lutte pour le respect de la démocratie en France et de la culture française.

 Le conflit israélo-palestinien fut la première manifestation de l’islamisme avec à sa tête le mufti Amin Al-Husseini, proche d’Hitler, deux ans en poste à Berlin, également proche du gouvernement de Vichy, chef palestinien des Frères musulmans refusant en 1947 tout Etat juif et refusant de ce fait toute partition. Mufti qui, rappelons-le, avait été exfiltré par la France pour échapper aux prisons anglaises. Le refus du fait juif dans le monde arabo-musulman, est autant un refus culturel que la manifestation d’un refus cultuel.

Par ailleurs, la radicalisation des pays islamisés où règne la violence doit beaucoup à la confrontation de cette culture islamiste avec l’expansion du salariat et de la libre circulation conséquente des femmes sur le marché du travail. Cette radicalisation suscite en effet l’expression d’une incompatibilité entre la liberté des femmes sur ce marché et le texte coranique.

On peut donc s’étonner : comment se fait-il que l’offensive du Hamas et du djihad islamique, soutenue  par l’Iran, ait fait l’objet d’une telle complaisance de la part de certains médias  et d’hommes de pouvoir se permettant de prévenir d’un éventuel « apartheid »  de la  part d’Israël où les arabes  représentent 20 pour cent de la population et jouissent d’une représentation parlementaire et des droits du citoyen. Pour répondre à cette question il convient d’ouvrir une enquête concernant l’antisémitisme et l’antisionisme propres à l’Europe. Or là, force est de constater que l’incitation de Léon Poliakov, historien de l’antisémitisme, à mettre en cause la théologie de la matrice culturelle chrétienne sous forme sécularisée n’a pas été menée à son terme. De même n’ont pas été analysés les effets de l’antisémitisme des principaux pères fondateurs de la pensée de gauche sur leurs propres théories sociétales. Marx qui ciblait « la religion du trafic » et « les juifs de la bourse » et qui affirmait :« Dès que la société parvient à supprimer l’essence empirique du judaïsme, le Juif est devenu impossible ». Fourier qui s’indignait du droit de cité accordé aux juifs. Proudhon qui proclamait : « il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer ». Bakounine qui souhaitait quant à lui « dissoudre ce peuple sangsue » et justifiait les pogromes commis par les classes populaires.

En fait ce que déchiffrait Léon Poliakov, c’est la mutation sous forme rationnelle de l’anti judaïsme chrétien et sa transmission dans l’extrême droite des chrétiens germaniques et dans l’extrême gauche de Marx , de Proudhon et de Bakounine. La matrice  chrétienne du moyen âge avait affirmé une religion de la Mère vierge et du Fils-Dieu. Le père juif y était porteur diabolique du péché originel et de la chute ainsi qu’il est dit dans Jean 8(44) à l’égard des juifs : « vous avez  pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père ». Ces mêmes juifs dont il était dit qu’ils «ne plaisent point à Dieu et qui sont ennemis de tous les hommes » Thessaloniciens (2,15) . Chrétien de Troyes auteur considéré du  roman du Graal en tirera la conclusion : « les mauvais juifs…on devrait les tuer comme des chiens ». En conséquence l’occident est porteur d’un inconscient culturel auquel n’échappent pas des hommes d’Etat tels que De Gaulle et sa fameuse phrase ou Raymond Barre qui laissait entendre après l’attentat de la rue Copernic que les juifs n’étaient ni français ni innocents. Voltaire, antisémite de haut niveau sera un artisan de cette sécularisation.

Le texte original de la chrétienté est donc riche d’une équation mystérieuse : le juif y est à l’origine de la chute, le  juif est un corps étranger, sale et visqueux , il complote pour établir le pouvoir du père, il faut donc l’éliminer. L’Eglise après la Shoah et Vatican 2 a manifesté une prise de conscience et tenu l’affirmation d’un message de compassion.

Mais l’ équation mystérieuse désormais sécularisée agira dans l’inconscient culturel et on passera de l’antisémitisme originel à l’antisionisme : Israël est un Etat colon, il opprime les arabes palestiniens, c’est un corps étranger démoniaque qu’il faut éliminer. On passera ainsi du slogan de peuple de trop à celui de pays de trop.

Il existe donc aujourd’hui un antisémitisme et un antisionisme , celui-là plutôt de gauche qui mérite son surnom « d’islamo-gauchisme, qui tous font passer de peuple de trop à pays de trop, collusion qui suppose une certaine complaisance ou démission vis-à-vis de l’islamisme radical. Les énoncés anti Israël répandus par les médias majoritaires en témoignent. Il est temps de démystifier cet antisionisme caché issu d’un inconscient culturel toujours à l’œuvre.

Le propos de Natacha Polony accusant Israël d’ôter tout espoir aux Palestiniens en révèle l’urgence. L’ incapacité à décrypter l’islamisme aux portes du minuscule Israël rend inapte à décrypter l’islamisme qui désormais  se développe et nous agresse .

Claude Berger

Claude Berger est l’auteur de « Pourquoi l’antisémitisme ? »  (Ed. de Paris) et de « Itinéraire d’un Juif du siècle » (idem), de  Blanchir Vichy (Wern éditions), de Marx, l’association, l’anti-Lénine (Payot1974),…

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