Publié par H16 le 17 juin 2021

On vous l’a dit, on vous l’a répété : il faut absolument que vous installiez l’application TousseAntiCovid tant elle s’inscrit dans l’indispensable boîte-à-outils de nos dirigeants pour aider le bon peuple à se sortir de l’actuelle pandémie et, surtout, pour parer aux prochaines qui ne manqueront pas d’arriver, mondialisation ultralibérale oblige.

Mais si. C’est ainsi.

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Le fait que les gesticulations gouvernementales aient, sur l’année écoulé, amplement prouvé leur caractère toxique et castrateur sur l’activité spontanée ne doit pas rentrer en considération. Le fait que la précédente mouture de la même application ait coûté une blinde pour un résultat minable ne constitue en rien un critère pour ne pas relancer le manège en augmentant le volume de la sono quitte à faire clignoter le stroboscope encore plus vite.

Quant au fait que la dernière version de cette application, destinée à venir stocker les données de test médical et de vaccination, soit manifestement une passoire à données à tel point que plusieurs particuliers et associations, dont la Quadrature du Net, ont déposé plainte à ce sujet, que la sécurité afférente aux procédés mis en place n’est garantie en rien, que son financement soit toujours aussi opaque et l’attribution du marché public toujours aussi sujette à débat, tout cela ne peut pas non plus servir d’excuse pour ne pas le mettre en place.

Il en va de la réputation de tous les groupes publics et parapublics mouillés impliqués dans cette aventure électronique truculente, depuis les ministres qui en vantent niaisement les avantages sans en voir toutes les dérives possibles et avérées, jusqu’aux groupes nationaux stipendiés par le contribuable à son corps défendant comme IN Groupe, émanation de l’ancienne Imprimerie Nationale et dont on imagine déjà les babines luisantes d’appétit devant la masse de données juteuses et monnayables que représente l’introduction de cette application dans le public français.

Il faudrait en effet être fort naïf pour croire que ces histoires de passeports sanitaires ne sont qu’une histoire de suivi sanitaire et d’assurance globale qu’on ne court pas de risques de choper un virus : à mesure qu’on découvre les conflits d’intérêts, les correspondances personnelles de personnes haut placées et les contrats hippopotamesques entre États et grands industriels, il devient en effet difficile d’écarter que cette application et l’ensemble des contorsions gouvernementales autour de la crise sanitaire ne cherchent pas avant tout le profit personnel et très spécifique de certains individus, que ce soit financier ou politique.

Et si certains, douillettement confits de leurs certitudes que tout finira en chansons, croient encore mordicus qu’il y a bien un intérêt médical à souscrire à ces âneries électroniques, on se devra de leur rappeler les dernières saillies de quelques sénateurs manifestement en roue libre sur le sujet : pour eux, pas de doute et tant qu’à faire, il faut aller bien au-delà de ce qui est envisagé et déjà relativement cauchemardesque pour se lancer, tout nu et les bras en l’air avec un sourire idiot scotché au visage, vers une version même pas édulcorée du contrôle social totalitaire à la chinoise.

J’exagère ? J’aimerais.

On découvre ainsi le rapport des sénateurs Véronique Guillotin, Christine Lavarde et René-Paul Savary sur « le recours aux outils numériques dans la prévention et la gestion des épidémies » dont le contenu est détaillé dans quelques (trop rares) articles de presse qui ne font pas assez ressortir toute la fulgurante croustillance des propositions sénatoriales de ces sénateurs LR (ce qui montre au passage que l’opposition qu’on avait pu entrevoir n’était qu’une pure façade opportuniste et que ces clowns réussissent la parfaite synthèse du pire de la majorité et de l’opposition, ce qui donne une idée de l’infini).

Et finalement, c’est dommage qu’on n’entende pas plus parler de ce rapport tant l’avenir qui nous est brossé dans ses 182 pages veloutées mérite plus d’attention.

Au détour de la prose habituelle en sabir politico-sénatorial, on découvre que ♩ le numérique c’est fantastique ♪ et le tracking ♫ super doux ♬ (à partir de la page 126) où grâce à lui, on pourra s’éviter de nouveaux confinements si de nouvelles pandémies devaient à nouveau parcourir la planète.

Décidément, ces outils numériques – que la gent politique ne maîtrise même pas en rêve et affuble donc de qualités quasi-magiques – sont drôlement pratiques puisqu’ainsi dotés de ces superpouvoirs, ils peuvent sinon changer l’eau en vin et faire revivre les morts (encore que), au moins seraient-ils capables de mitiger les effets consternants des politiques idiotes menées par la troupe d’andouilles qui nous dirigent. Corriger des problèmes politiques et organisationnels par un bricolage technologique ? On y croit !

En pratique, on comprend surtout que ces outils, dont l’aspect invasif n’est plus à prouver, sont autrement pratiques pour paver l’enfer de bonnes intentions sénatoriales détaillées sur des douzaines de pages : grâce à un traçage numérique aussi précis que possible, géolocalisé et bien évidemment obligatoire, on peut offrir une solution crédible pour tabasser le citoyen qui viendrait à ne surtout pas se calfeutrer chez lui s’il était testé positif.

L’idée même qu’on puisse ensuite subrepticement tester positif tout citoyen enquiquinant (qui distribue des baffes par exemple) ne semble pas effleurer nos sénateurs. Nous sommes en démocratie, tralali, la justice fait son travail, tralala, il y aura des garde-fous youkaïdi et CNIL et contrôles et attossion les enfants tout sera encadré, youkaïda. Ayez confiance.

En fait, les idées fourmillent : un citoyen est (politiquement ?) détecté comme simplement positif ? Il est assigné à résidence, sans faire de vague. S’il veut tenter de bouger, on lui sucre les transports en commun et son argent est bloqué. C’est d’autant plus facile que, grâce à une habile convergence des données de différentes applications qu’on va s’empresser d’autoriser pour les piller sans vergogne « mettre à profit », on aura eu la présence d’esprit de rendre les transports individuels impossibles à utiliser (trop taxés ou purement et simplement interdits), et que l’argent liquide, préalablement banni sous forme de pièces et de billets physiques, sera donc exclusivement sous forme numérique particulièrement simple à tracer et geler.

Et rassurez-vous : nos gentils bouffeurs de chatons sénateurs ont même trouvé le toupet courage de pondre ce rapport afin d’améliorer la future réponse du pays aux prochaines pandémies. Ce sont des altruistes et des chevaliers du beau geste qui l’expliquent eux-mêmes :

« Nous ne proposons pas de limiter les libertés, nous cherchons un moyen de les retrouver »

Et qu’y a-t-il de plus beau que des gens de l’État qui permettent aux manants de retrouver des libertés que les gens de l’État leur avaient supprimé en premier chef ? Quel beau geste, et pour une si petite remise en question de nos informations privées !

Devant cet amoncellement de mesures toutes plus liberticides, intrusives et parfaitement scandaleuses, on doit se demander qui peut encore soutenir le passeport sanitaire tel qu’il est envisagé actuellement et tel qu’il se profile de plus en plus. Quand, il y a quelques mois, on évoquait déjà les dérives possibles d’un contrôle social à la chinoise, beaucoup trop expliquaient, l’index en l’air, que nenni il n’y aurait pas de dérives et que les pessimistes l’étaient vraiment trop. Il apparaît à présent que tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire fort mal.

En outre, on peut s’interroger sur l’empressement de nos élus à ainsi pousser de telles mesures.

Sentiraient-ils le vent tourner défavorablement pour eux et, voyant la fenêtre d’opportunité de mettre en place les pires saloperies, se pressent-ils d’en faire le maximum avant l’ire des foules ? Ou pire encore, ces tristes graines de tyrans considèrent-ils au contraire que le peuple, malaxé par une douzaine de mois de propagande, est maintenant mûr pour l’estocade finale et la mise aux fers rapide ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

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