Publié par Magali Marc le 2 juin 2021

Le 100e anniversaire de la fondation du Parti Communiste Chinois qui aura lieu le 1er juillet devrait être un événement très important pour tous les Chinois. Ce serait l’occasion de célébrer les améliorations du niveau de vie et de la position de la Chine en tant que grande nation du monde. Sauf l’incapacité de Xi Jinping à traiter d’égal à égal avec le reste du monde, le vol prédateur de secrets industriels, l’initiative « Nouvelle Route de la Soie » qui a, en fait, endetté les pays qui ont reçu son «aide», plus la pandémie catastrophique imposée au reste du monde, ont contribué à faire de la Chine un paria plutôt qu’un leader mondial.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Thomas Lifson, publié sur le site d’American Thinker, le 1er juin.

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Xi, le président chinois, commet peut-être autant d’erreurs que Biden, voire davantage

Nombreux sont les fatalistes qui pensent que l’Amérique est en déclin et la Chine en pleine ascension.
Le dictateur chinois, Xi Jinping, se dit d’accord avec cette vision en public.

Mais sous les nouvelles infrastructures rutilantes, l’incroyable croissance économique et la compétitivité, la Chine est confrontée à un dilemme, au moment où elle se prépare à célébrer le centenaire de son Parti Communiste.

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Nous pouvons remercier le Président Trump d’avoir reconnu tardivement que la Chine est la plus importante menace stratégique pour les États-Unis. Il y a à peine deux ans, Joe Biden rejetait stupidement l’idée que la Chine était une menace :

« Le candidat démocrate à l’élection présidentielle Joe Biden a déclaré mercredi soir que la Chine n’était « pas en concurrence » avec avec les États-Unis, ce qui a suscité des réactions de la part de membres éminents des deux partis politiques. Lors d’un événement dans une ville de l’Iowa, Joe Biden a expliqué pourquoi il pense que les craintes que la Chine puisse un jour dépasser les États-Unis en tant que superpuissance mondiale et force économique sont exagérées. »La Chine va manger notre déjeuner ? Allez, mec », a déclaré l’ancien vice-président. « Je veux dire, vous savez, ce ne sont pas de mauvaises personnes, les amis. Mais devinez quoi ? Ils ne sont pas des concurrents pour nous », a-t-il ajouté. » (NBC News)

Aujourd’hui, même M. Biden et les commentateurs diplomatiques les plus ancrés dans l’Establishment reconnaissent que la Chine est la menace géopolitique la plus importante à affronter dans ce siècle. Fareed Zakaria a écrit dans le Washington Post (27 mai) :

« Dans un pays qui est divisé sur presque tout, un domaine de bipartisme aux États-Unis est vivant et croissant – la peur de la Chine. « Les Chinois sont en train de manger notre déjeuner », déclare le président Biden. Le Sénateur républicain Josh Hawley, du Missouri, affirme qu’ils sont « bien partis » pour atteindre leur objectif de « domination » mondiale. Les experts préviennent que l’initiative  » Nouvelle Route de la Soie » et la diplomatie vaccinale de la Chine renforcent son pouvoir de persuasion. »

La croissance économique stupéfiante de la Chine, post-pandémie (18% au premier trimestre 2021), en plus de ses avancées dans la construction d’infrastructures, de sa domination des télécommunications 5G et de ses prouesses en matière d’exportation, tout cela peut conduire à un certain fatalisme, surtout à la lumière de l’incompétence de la diplomatie de Joe Biden et des liens commerciaux lucratifs de son fils avec la Chine, ainsi que du potentiel de chantage concernant le disque dur de son ordinateur portable.

Mais la Chine, sous le règne quasi-dictatorial de Xi Jinping, est en train de s’aliéner la plupart des pays dont les économies sont les plus avancées au monde.À la fin de la semaine dernière, comme l’a écrit le vétéran de l’observation de la Chine, Katsuji Nakazawa, de Nikkei Asia (un quotidien économique majeur) :

« Le Parlement européen a voté à une écrasante majorité pour geler le processus de ratification d’un pacte d’investissement avec la Chine – un accord que Pékin considérait il y a six mois comme une grande victoire stratégique. Cette décision a provoqué une onde de choc dans toute la Chine, à seulement un mois et demi de l’événement sans doute le plus important de l’ère du président Xi Jinping, le 100e anniversaire de la création du Parti Communiste Chinois, le 1er juillet. Certains membres du parti craignent que l’ambiance festive du centenaire ne soit atténuée par la dure réalité diplomatique. Non seulement les relations de la Chine avec les États-Unis sont mauvaises, mais les relations avec l’Union européenne sont maintenant dans le pétrin.
À ce rythme, peu de dirigeants occidentaux sont susceptibles de téléphoner ou de télégraphier des messages de félicitations à Pékin pour le 100e anniversaire du PCC.
Le président Xi ne semble pas avoir beaucoup de cartes à jouer.
»

La Chine ne s’est pas seulement aliénée les États-Unis et l’Union Européenne. Le monde entier a été traumatisé par la pandémie du coronavirus dont nous savons maintenant (après plus d’un an de complicité des médias de masse et des médias sociaux concernant la promotion du narratif selon lequel le virus avait son origine dans un marché humide) qu’elle origine du laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan Et nous savons que lorsque les gens sont tombés malades à Wuhan, la Chine a interdit les voyages vers le reste de la Chine tout en autorisant les Chinois à voyager à l’étranger, ce qui prouve que la Chine considérait cette maladie comme une arme biologique, qu’elle ait été délibérément conçue comme telle ou non.

L’Australie a eu l’effronterie d’exiger de la Chine qu’elle rende des comptes sur les origines du coronavirus et a été impitoyablement malmenée par la Chine pour cela. Les voisins de la Chine en Asie, à la seule exception de la Corée du Nord, ont été profondément aliénés par les mesures agressives prises par la Chine dans la mer de Chine méridionale, créant des îles artificielles, y construisant des installations militaires et en revendiquant la souveraineté, y compris le droit de contrôler le commerce maritime sur les routes commerciales les plus fréquentées et les plus importantes du monde sur le plan économique.

La contestation de ces revendications par les États-Unis a obtenu les appuis d’anciens ennemis comme le Vietnam, ainsi que du reste de l’Asie côtière. L’Inde, voisine de la Chine et seul autre pays comptant plus d’un milliard de citoyens, lui fait la guerre dans l’Himalaya et est mobilisée contre la Chine.

Même le prétendu succès précoce de la Chine dans la suppression du coronavirus au niveau national pourrait ne pas être permanent. Prenons l’exemple de ce reportage publié hier (le 31 mai) dans le Daily Caller :

« La ville chinoise de Guangzhou a signalé un pic de cas de coronavirus à l’intérieur de ses frontières dimanche, provoquant des annulations massives de vols à l’aéroport international de Guangzhou Baiyun, l’aéroport le plus fréquenté de Chine. La ville a signalé 27 nouveaux cas, dont 7 étaient des cas importés de voyageurs ayant atterri à Guangzhou. Le gouvernement de la ville a imposé des mesures de quarantaine aux résidents de cinq rues, leur ordonnant de ne pas quitter leur domicile et de fermer les lieux de divertissement et les marchés voisins, selon Reuters. »

L’aéroport de Baiyun a d’ailleurs ravi à Atlanta le titre d’aéroport le plus fréquenté du monde l’année dernière, alors que les voyages aériens américains ont davantage diminué que les voyages intérieurs chinois.

Dans Foreign Affairs, Elizabeth Economy signale des conflits intérieurs en Chine autour de questions qui ont la faveur des progressistes telles que l’inégalité économique, le féminisme et la discrimination raciale, ainsi que d’autres qui dérangent les conservateurs, comme l’ingérence bureaucratique du gouvernement.

« Xi Jinping est engagé dans une course contre la montre. L’éclat du rebond économique précoce de la Chine et de l’endiguement du coronavirus s’estompe. La société chinoise elle-même se fracture de manière complexe et difficile. La discrimination fondée sur le sexe et l’origine ethnique est endémique, renforcée par une rhétorique de plus en plus nationaliste et haineuse sur Internet. La classe créative est à couteaux tirés avec les petits bureaucrates. Et de graves inégalités persistent entre les zones rurales et urbaines. Ces clivages empêchent la pleine participation de secteurs importants de la société à la vie intellectuelle et politique de la Chine et, s’ils ne sont pas résolus, ils risquent de saper la vitalité économique du pays. Alors que Xi cherche à stimuler l’innovation locale et la consommation intérieure, son succès dépend du soutien intellectuel et économique des groupes que ses politiques privent de leurs droits. Et alors qu’il promeut le « modèle chinois » comme digne d’être imité, ces mêmes divisions atténuent l’attrait de la Chine et sapent son influence. Si Xi n’agit pas rapidement pour apaiser les tensions, son rêve chinois du « grand rajeunissement de la nation chinoise » restera lettre morte. »

Considérez le sort de certains des entrepreneurs les plus accomplis de Chine, ceux qui sont à l’origine du progrès économique :

« Xi s’est attaqué au contenu des jeux vidéo, a critiqué les entreprises technologiques qui ne censurent pas suffisamment les contenus illicites sur leurs plateformes et a cherché à s’assurer que les leaders technologiques du pays ne deviennent pas des sources indépendantes d’influence politique. Quelques-uns des leaders les plus connus de l’industrie technologique chinoise ont ouvertement critiqué l’intervention du gouvernement et ont subi des réactions implacables. Lorsque, fin 2020, Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, a critiqué la bureaucratie chinoise concernant ses efforts maladroits pour réglementer des problèmes complexes et pour étouffer l’innovation, l’introduction en bourse prévue de sa société fintech, Ant Financial, a été annulée quelques jours plus tard. Puis, en mai 2021, Pékin a pris des mesures à l’encontre de l’université de Ma, un programme de formation commerciale compétitif destiné aux entrepreneurs, en le démettant de ses fonctions de président et en s’engageant à modifier le programme d’études. (Selon un rapport, le PCC craignait que Ma ne crée un réseau exclusif qui pourrait d’une manière ou d’une autre défier le PCC). Lorsque Wang Xing, PDG du service de livraison de nourriture Meituan, a partagé un poème de la dynastie Tang soulignant la bêtise du premier empereur de Chine qui tentait d’assurer son pouvoir en brûlant des livres et en supprimant les intellectuels (une critique voilée de Xi, prétendument), l’action de Meituan s’est effondrée. L’un après l’autre, les principaux entrepreneurs technologiques du pays – Ma, Zhang Yiming de ByteDance, Huang Zheng de Pinduoduo, Pony Ma de Tencent – se sont retirés de la direction des entreprises qu’ils avaient fondées ou se sont retirés des projecteurs des médias. »

Cela ne veut pas dire que la Chine est condamnée. Elle demeure dédiée au progrès économique, et ses universités et écoles primaires ne sont pas troublées par l’abrutissement et l’anti-intellectualisme qui ont pourri l’éducation américaine. Les Chinois respectent l’apprentissage et la réussite scolaire et y travaillent très dur. David Goldman, l’un des observateurs les plus avisés de l’économie internationale, spécule avec une bonne dose d’ironie que la Chine pourrait devenir « le dernier refuge de la culture occidentale » parce que ses universités enseignent rigoureusement les classiques de la vie intellectuelle occidentale, alors même que les barbares, membres de l’élite occidentale dans le monde du travail, se débarrassent de notre héritage culturel suprême, de l’apprentissage classique aux mathématiques en passant par la musique ( qui est maintenant dénoncé comme raciste par les ignares de la gauche).

Une raison supplémentaire pour laquelle je prédis que la Chine aura de graves difficultés à mener le monde vers un nouvel ordre mondial post-américain dont elle serait le leader est l’histoire plurimillénaire de la Chine. Jusqu’à son déclin et sa chute abrupts, qui ont commencé lorsque les Occidentaux ont forcé la Chine à accepter l’importation massive d’opium (imposée par deux guerres au cours desquelles les canonnières occidentales ont vaincu les armements traditionnels de la Chine), la Chine n’avait aucune expérience de la diplomatie en tant que relation entre des États souverains ayant un statut égal en tant que tels – le système d’État dit westphalien.

La Chine était l’Empire du Milieu auquel tous les autres pays devaient payer un tribut en tant que vassaux s’ils souhaitaient nouer des relations.

Cette vision du monde s’est effondrée sous le poids de la défaite militaire et de la domination des puissances occidentales qui ont « découpé le melon chinois » à leur profit et humilié la Chine pendant des siècles, les invasions, les conquêtes, la brutalité et la colonisation japonaises en étant la preuve au siècle dernier. L’ordre impérial est tombé, pour finalement céder la place au Parti Communiste Chinois qui, dans un premier temps, a maintenu la Chine dans la pauvreté pendant quarante ans de régime maoïste. Mais après la mort de Mao, alors que les États-Unis ramenaient la Chine dans le système commercial mondial et que les structures économiques étaient assouplies au niveau national, la Chine s’est modernisée à une vitesse fulgurante et s’est élevée au rang de pair et de rival des États-Unis en tant que leader mondial.

Le 100e anniversaire de la fondation du Parti Communiste Chinois mentionné par Nakazawa, qui aura lieu dans un mois exactement, sera un événement psychologiquement énorme pour tous les Chinois. Xi et le PCC veulent désespérément que ce soit un moment de triomphe, une occasion pour le peuple chinois d’exprimer sa gratitude pour les améliorations très tangibles de son niveau de vie et de la position de la Chine en tant que grande nation du monde.

Mais l’incapacité de Xi et de la Chine à traiter d’égal à égal avec le reste du monde, son vol prédateur de la propriété intellectuelle – qui n’est plus accepté avec désinvolture par les Occidentaux comme étant le prix à payer pour faire des affaires dans le pays – et son initiative destructrice Nouvelle Route de la Soie qui a déjà mis en faillite ou profondément endetté les pays qui ont reçu son «aide», tout cela contribue à donner à la Chine un statut de paria.

La Chine semble avoir surtout imposé au reste du monde une pandémie qui a été une catastrophe de premier ordre.

* L’initiative Nouvelle route de la soie est un ensemble de liaisons maritimes et de voies ferroviaires entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Americanthinker

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