Publié par Jean-Patrick Grumberg le 23 juin 2021

L’Organisation mondiale de la santé a abandonné sa recommandation de ne pas vacciner les enfants contre le coronavirus, quelques heures après la censure par Facebook des messages qui mentionnent et reprennent la recommandation de l’OMS.

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Lundi, l’OMS a publié ses directives actualisées concernant les vaccinations contre le SRAS-COVID-2. Et dans ses directives, l’OMS a écrit que les enfants ne devraient pas être vaccinés contre le COVID pour le moment, tout en recommandant que la plupart des personnes de plus de 18 ans reçoivent le vaccin.

Site internet de l’OMS, lundi 21 juin

« Les enfants ne devraient pas être vaccinés pour le moment », a écrit l’OMS.

Il n’y a pas encore assez de preuves sur l’utilisation des vaccins contre le COVID-19 chez les enfants pour faire des recommandations sur la vaccination des enfants contre le COVID-19.

Les enfants et les adolescents ont tendance à présenter une maladie moins grave que les adultes. »

http://web.archive.org/web/20210621123602/https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/covid-19-vaccines/advice

Les propos de l’OMS n’ont pas plus à Facebook

Après cette recommandation publiée sur le site Web de l’OMS, Facebook a commencé à supprimer tous les commentaires qui y faisaient référence.

« Votre commentaire va à l’encontre de nos normes communautaires sur le spam », a écrit Facebook à un abonné du réseau social suite à la censure de son message où il mentionnait le site internet de l’OMS.

Une autre personne a vu s’afficher :

« Personne d’autre ne peut voir votre commentaire. Nous avons ces normes pour empêcher la publicité mensongère, la fraude et les violations de sécurité, » après qu’il ait partagé une copie d’écran de la page de l’OMS.

Le lendemain, l’OMS a obtempéré et a révisé ses directives pour se conformer plus aux exigences de Facebook et supprimé toute mention disant que les enfants ne doivent pas être vaccinés. La page ressemble maintenant à ça :

Il est nécessaire de disposer de davantage de données sur l’utilisation des différents vaccins COVID-19 chez les enfants pour pouvoir formuler des recommandations générales sur la vaccination des enfants contre le COVID-19.

On peut lire désormais :

Le Groupe consultatif stratégique d’experts (SAGE) de l’OMS a conclu que le vaccin Pfizer/BionTech peut être utilisé par les personnes âgées de 12 ans et plus. Les enfants âgés de 12 à 15 ans qui sont à haut risque peuvent se voir proposer ce vaccin en même temps que d’autres groupes prioritaires pour la vaccination. Les essais de vaccins pour les enfants sont en cours et l’OMS actualisera ses recommandations lorsque les données probantes ou la situation épidémiologique justifieront un changement de politique.

Les nouvelles directives conviennent à Facebook. Elles ne contiennent plus aucune recommandation concernant la vaccination des enfants, et elles précisent que l’OMS « mettra à jour ses recommandations lorsque les données probantes ou la situation épidémiologique justifieront un changement de politique ».

A qui la faute ?

Qui est responsable de ce scandaleux abus de pouvoir d’un réseau social qui n’a aucune autorité sur la question : nous, et nous seuls.

Ne regardons pas ailleurs. Ne désignons pas des boucs-émissaires pour nous défaire de nos responsabilités. Ne nous plaignons ni de BigTech, ni de BigPharma, ni de BigGouvernement, ni de Bill Gates ou de Zuckerberg : les responsables, c’est nous.

Je m’explique.

1 Des post-adolescents banals, sans aucune compétence, sans aucune connaissance, sans aucune sagesse ou intelligence ou vision sur le monde, se sont retrouvés à la tête d’un pouvoir qui dépasse celui des Etats – ils ont pu censurer la liberté d’expression de l’homme le plus puissant de la planète, le président de la première puissance mondiale, sans qu’il ne puisse rien faire.

2 Ils ont acquis un pouvoir extraordinaire parce qu’ils ont inventé une bonne solution internet ou une bonne application informatique au bon moment : rien qui leur confère la moindre légitimité en rien, j’insiste lourdement. Personne ne les a élus à rien, personne ne connaît leurs médiocres idées, leurs lubies, leurs fantasmes et leurs petites obsessions (Jack Dorsey, le patron de Twitter qui régit la vie politique et la capacité d’expression des politiciens de tous les pays du monde occidental, et fait qu’un politique ne peut plus être élu sans Twitter et les réseaux sociaux, prend plusieurs bains glacés par jour pour se « purifier » : lui confiriez-vous d’aller promener votre chien ?).

3 Ils ont gagné un pouvoir financier gigantesque parce que nous leur vendons à bas prix une chose que nous possédons et qui vaut très cher : nos données personnelles. Nous leur vendons à 1 dollar (le prix que devrait nous coûter l’utilisation mensuelle de Facebook, de Google, de Twitter ou de YouTube) quelque chose qui vaut 750 dollars : nos données complètes qu’ils revendent aux entreprises annonceurs.

Alors bien-sûr, avec une telle marge bénéficiaire, ils se sont enrichis, sont devenus les maîtres du monde parce qu’ils arrosent le Congrès sous une pluie d’argent distribué par les entreprises de lobby, afin que les élus regardent ailleurs et les laisse tranquilles s’enrichir encore plus sans rien payer.

Les coupables ? Nous. Par paresse, par facilité, par bêtise, par indolence et indifférence. Par passivité.

Parce que nous sommes ravis des avantages que nous apportent leurs applications, le GPS, envoyer des fleurs à l’autre bout du monde, commander des livres ou des accessoires pour notre iPhone, allumer la clim ou voir qui sonne à la porte, surveiller notre maison quand nous sommes au restaurant… Nous profitons sans voir le coût, parce qu’ils ne nous disent pas clairement quel est le coût : nous sommes « la donnée » de leur base de données, qu’ils vendent très cher.

Zuckerberg et les mômes qui décident de censurer les décisions de l’OMS ou les propos de Donald Trump n’ont aucune compétence médicale, politique, scientifique, économique, sociale ou dans quelque domaine que ce soit à part écrire du code informatique. Et ils n’ont pas besoin de ces compétences : nous leur remettons les rênes d’un pouvoir absolu, plus grand que celui de nos gouvernements et de nos présidents, chaque fois que nous cliquons sur « Like ». Parce que c’est si cool, si pratique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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