Publié par Magali Marc le 22 juin 2021

La Grande Réinitialisation est une initiative adoptée par le Forum économique mondial (ou Forum de Davos) afin de « reconstruire l’économie de manière durable après la pandémie de Covid-19 ». Les pays devraient y parvenir en adoptant des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), un système qui ferait en sorte que les entreprises seraient évaluées en fonction de la composition raciale et sexuelle de leur personnel, de leur empreinte carbone, de la taille de leurs bâtiments, de leur engagement dans la lutte contre le changement climatique et des préoccupations de justice sociale.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Justin Haskins, paru sur le site de Townhall, le 21 juin.

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L’Union européenne pourrait bientôt forcer l’Amérique à tomber dans le piège de la « Grande Réinitialisation »

En juin 2020, le Forum économique mondial – travaillant aux côtés de responsables de grandes entreprises, de banques, d’institutions financières et de groupes militants – a lancé une initiative de grande envergure qui vise à appuyer sur le bouton «reset» (réinitialisation) de l’économie mondiale.

Ils l’ont sinistrement appelée la « Grande Réinitialisation » et, depuis sa création, elle a reçu un soutien massif des dirigeants de la classe dirigeante, tant ici aux États-Unis que dans le reste du monde.

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La Grande Réinitialisation a deux composantes principales.

La première composante est une expansion des programmes gouvernementaux, des taxes et des réglementations qui, ensemble, affectent pratiquement toutes les industries du monde, en passant du pétrole et du gaz jusqu’aux soins de santé et la technologie.

La deuxième composante, sans doute beaucoup plus importante, est la modification complète de la façon dont la plupart des plus grandes entreprises du monde sont évaluées.

Dans une économie de marché, ou même une économie qui s’appuie fortement sur les marchés, les entreprises sont soumises à l’offre et à la demande des consommateurs. Les entreprises proposant les meilleurs biens et services se hissent au sommet et se développent. Les entreprises mal gérées finissent par se contracter ou même par fermer complètement, libérant ainsi des capitaux et des investissements pour de nouvelles entreprises.

Bien entendu, quiconque a porté attention à la politique publique et aux développements économiques de ces 50 dernières années sait qu’un système de marché véritablement libre n’existe pas en Amérique, ni dans la plupart des autres pays.

Le copinage, la corruption et la manipulation gouvernementale sont monnaie courante dans l’économie américaine, faussant régulièrement les marchés et permettant à certains de s’enrichir injustement aux dépens des autres.

Plutôt que d’essayer d’améliorer les marchés en les débarrassant de la corruption, les partisans de la Grande Réinitialisation veulent doubler le copinage en donnant à la classe dirigeante – y compris les banques centrales, les universitaires, les fonctionnaires, les dirigeants syndicaux et les titans des entreprises – un plus grand contrôle des marchés.

Ils prévoient d’y parvenir par le biais de ce que l’on appelle les normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), également appelées parfois «investissement durable», «capitalisme inclusif» ou «capitalisme des parties prenantes».

Dans le cadre d’un système ESG, les entreprises reçoivent des notes basées sur des dizaines de paramètres qui vont bien au-delà de la qualité des biens et services d’une entreprise, de ses bénéfices et d’autres facteurs que les investisseurs et les consommateurs prennent normalement en compte.

Avec les mesures ESG en place, les entreprises sont évaluées en fonction de la composition raciale et sexuelle de leur personnel, de leur empreinte carbone, de la taille de leurs bâtiments, de leur engagement dans la lutte contre le changement climatique et d’un tas d’autres préoccupations de justice sociale.

Après avoir été évaluées, les entreprises reçoivent (ou déclarent elles-mêmes) des scores ESG destinés à aider les investisseurs, les régulateurs et les gouvernements à mieux comprendre qui sont les « mauvaises » et les « bonnes » entreprises.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’au cours des dernières années, des milliers d’entreprises dans le monde, y compris un grand nombre des plus célèbres sociétés américaines, ont volontairement adopté les scores ESG. Une étude indique qu’environ 82 % de toutes les grandes entreprises des États-Unis ont déjà mis en place des scores ESG.

De nombreuses raisons expliquent la volonté des entreprises de mettre en place d’importants systèmes ESG en leur sein, mais les deux principales sont l’argent et la crainte d’une action gouvernementale future. Des dizaines de milliers de milliards de dollars ont déjà été engagés ou alloués au financement d’entreprises ESG et d’autres formes d' »investissement durable », et les investisseurs et les institutions financières ont déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois qu’ils cesseraient progressivement leurs relations commerciales avec ceux qui ne soutiennent pas certains ou tous les objectifs ESG.

Les systèmes ESG sont très inquiétants, car ceux qui ont le pouvoir de les modifier ont la capacité de contrôler, ou du moins d’influencer de manière significative, la société.

Lorsque cette préoccupation a été soulevée dans le passé, les partisans de la Grande Réinitialisation ont dit qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, car les systèmes ESG ne sont pas obligatoires. Les entreprises et les banques choisissent librement de les adopter.

Cependant, la vérité est que les entreprises n’ont pas adopté les systèmes ESG parce qu’elles soutiennent les causes ESG, mais plutôt parce qu’elles ont été contraintes de le faire et, plus important encore, parce qu’elles savaient depuis au moins un an que les mandats gouvernementaux ESG n’étaient pas loin.

Les récents développements en Europe prouvent que ces craintes n’étaient pas infondées. En mars, le Parlement de l’Union européenne a adopté une résolution visant à obliger la quasi-totalité des plus grandes entreprises de l’UE – ainsi que de nombreuses petites entreprises – à adopter et à privilégier les mesures ESG.

Et, ce qui est particulièrement important pour les entreprises et les consommateurs américains, la résolution exigerait en outre que les entreprises de l’UE ne travaillent qu’avec celles qui partagent les normes environnementales, sociales et de gouvernance de l’Union européenne. Comme l’a noté le cabinet d’avocats Shearman and Sterling dans un rapport sur la résolution :

« Si elle est adoptée, tous les États membres de l’UE seront tenus de transposer la directive dans leur législation nationale. Il en résultera une diligence raisonnable substantielle des exigences imposées aux entreprises, qu’elles soient basées dans l’UE ou qu’elles vendent leurs produits et services dans l’UE, sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, avec des sanctions potentielles en cas de non-conformité. »

Il est essentiel de prendre note du terme «chaîne de valeur». Dans la résolution, elle est définie comme « l’ensemble des activités, opérations, relations commerciales et chaînes d’investissement d’une entreprise et comprend les entités avec lesquelles l’entreprise entretient une relation commerciale directe ou indirecte, en amont et en aval, et qui soit : (a) fournissent des produits, des parties de produits ou des services qui contribuent aux propres produits ou services de l’entreprise, ou (b) reçoivent des produits ou des services de l’entreprise. »

Cette disposition s’appliquerait à pratiquement toutes les entreprises américaines qui travaillent dans l’Union européenne ou qui ont une relation commerciale avec une entreprise de l’UE, donnant ainsi une influence substantielle sur la société américaine aux fonctionnaires de l’UE.

Bien que la résolution de l’UE ait déjà été approuvée par le Parlement de l’Union européenne, elle n’est pas encore contraignante. Elle doit d’abord être présentée officiellement par la Commission européenne et la version finale doit être approuvée par les représentants des États membres de l’UE. Toutefois, le soutien apporté à la résolution par le Parlement de l’UE est un signe fort que les systèmes ESG pourraient bientôt devenir obligatoires dans toute l’Europe. Cette initiative est tout droit sortie du livre de jeu de la Grande Réinitialisation et, si elle est complètement mise en place, elle a le potentiel de transformer fondamentalement le monde – un objectif déclaré des membres les plus en vue du mouvement de la Réinitialisation.

C’est un moment important et potentiellement catastrophique pour le mouvement pro-liberté.

Si les Américains et leurs représentants élus ne se rebiffent pas rapidement contre l’Union européenne et ne mettent pas un terme aux efforts visant à imposer les systèmes ESG en Amérique, il n’y aura aucun moyen d’empêcher la Grande Réinitialisation de devenir une réalité.

* Justin Haskins est le directeur éditorial du Heartland Institute et le directeur du projet Stopping Socialism de Heartland.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Townhall

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