Publié par Gaia - Dreuz le 20 juin 2021

Source : Ojim

L’observatoire du journalisme le soulignait récemment : à chaque crise migratoire aiguë, les médias de grand chemin mettent en avant un symbole de la détresse humaine pour faire accepter à l’opinion publique une immigration extra-européenne massive.

Cela a été le cas en 2015 avec la photo du jeune Alan, mort sur une plage grecque, qui a fait le tour de la terre. Cela a été également le cas en 2021, lors des franchissements massifs de la frontière du territoire espagnol de Ceuta par des clandestins, avec la diffusion de la photo du sauvetage d’un bébé de la noyade par un garde civil espagnol.

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Le créateur de l’ONG Open Arms, qui a été poursuivie pour « association de malfaiteurs en vue de favoriser l’immigration clandestine », a récemment voulu de nouveau choquer l’opinion publique en diffusant une image morbide. Pas de chance, le quotidien italien Il Giornale n’a pas mordu à l’ameçon. Bien au contraire, dans un article paru le 27 mai, le journal critique vertement cette nouvelles tentative de manipulation de l’opinion publique.

Nouvelle photo choc sur les réseaux sociaux

Le 24 mai, le créateur de l’ONG Open Arms publiait sur son compte Twitter la photo d’un enfant mort sur une plage libyenne. La date de la parution de cette photo très largement commentée et relayée n’a pas été choisie au hasard : les chefs d’État de plusieurs pays européens devaient le week-end suivant se réunir pour trouver une solution aux très nombreuses arrivées clandestines en Europe par la mer méditerranée, que ce soit sur les côtes italiennes ou en Espagne. En fait de solution, c’est la répartition des migrants entre pays européens qui est de nouveau envisagée, en dépit d’un opinion publique majoritairement réfractaire à cette politique débridée de peuplement.

La réaction de nombreux médias n’a pas tardé. Ainsi, très rapidement, le journal italien La Stampa mettait en couverture de son édition du 26 mai la photo de l’enfant mort, dans un article repris notamment par Courrier international en France. Le même jour, le site d’information Infomigrants nous informait que le premier ministre italien Mario Draghi avait qualifié cette scène d’« inacceptable ».

Réaction négative du quotidien italien Il Giornale

Il Giornale est un quotidien italien conservateur à grand tirage. Certains de ses articles ne cèdent pas au conformisme ambiant. La diffusion de la photo d’un enfant mort sur une place libyenne par le créateur de l’ONG Open Arms a amené l’un de ses journalistes, Fausto Biloslavo, a réagir vivement à cette nouvelle tentative de manipulation de l’opinion publique. Nous reproduisons quelques extraits saillants de cet article :

« Dès qu’elle le peut, l’ONG médiatique et machine de guerre de propagande utilise des photos de corps noyés flottant, de sauvetages désespérés et d’enfants qui ne peuvent plus respirer. S’ils le faisaient uniquement pour signaler les morts en mer, ce serait acceptable, mais en réalité, ils utilisent les massacres d’innocents pour renverser la réalité tragique.

Les seuls vrais coupables des enfants sans vie, le visage dans le sable, sont les trafiquants, qui envoient les migrants sur leurs radeaux de la mort en Italie contre rémunération. Des ONG, comme Open Arms, qui grâce à son fondateur Oscar Camps ont lancé des images choquantes, préfèrent pointer du doigt notre pays et l’Europe qui, selon elles, ont abandonné le sauvetage en mer. Le résultat évident est que pour éviter des drames, la flotte humanitaire doit s’en occuper en débarquant des migrants en Italie  (…). Le moment du coup de poing photographique dans l’estomac n’est également jamais choisi au hasard. Les dernières photos sortent à l’occasion du sommet des chefs de gouvernement de l’UE, qui devait aborder la question de l’urgence des migrants. De plus, les navires des ONG, comme l’Open Arms, sont ralentis par des arrêts et des contrôles administratifs. Et bientôt le Parlement devra voter pour renouveler, ou non, les missions en Libye dont le soutien aux garde-côtes qui ont ramené plus de 9 000 migrants depuis janvier. Et aussi les Nations Unies, avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, demandent à la Libye et à l’UE de modifier les opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée.

Open arms et plaque tournante

Face à l’indignation, personne ne se demande comment ces photos sont sorties. Le porte-parole d’Open Arms le passe sous silence, mais la plage des enfants noyés est proche de Zuwara, la principale plaque tournante de départ des migrants, où les trafiquants et les miliciens commandent. Les trafiquants auraient intérêt à faire circuler les photos des enfants noyés pour voir réapparaître la flotte des ONG au large des côtes libyennes.  Le Haut Comité aux Réfugiés des Nations Unies a du personnel sur le terrain, mais ils ne connaissaient rien des images au point qu’ils ont ouvert une enquête pour en savoir plus. Le Croissant-Rouge, l’équivalent musulman de notre Croix-Rouge, récupère souvent les cadavres des noyés, mais aurait pu signaler le naufrage sans avoir à transmettre les photos via Open Arms. (…).

Une flopée de pseudo-bienfaiteurs participe au chœur de l’indignation, qui ne se rendent pas compte de la réalité : le problème doit être résolu sur terre et non en mer, quand il est trop tard. Moins de photos qui font serrer le cœur et plus de faits, qui bloquent les départs, garantissent l’humanité dans les centres de rétention et ramènent chez eux les nombreux migrants qui veulent sortir de l’enfer libyen. Les plans sont là, mais personne n’a la volonté de les appliquer, en Italie et en Europe ».

À quand un tel accès de clairvoyance dans un média français de grand chemin ?

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