Publié par Manuel Gomez le 24 juin 2021

Sous la pression de la vice-présidente, Kamala Harris, Joe Biden a décrété que le 19 juin, jour de l’émancipation des derniers esclaves au Texas il y a 156 ans, serait retenu comme date de commémoration de l’esclavage noir aux USA. 

Chez nous, en France, c’est le 10 mai qui fut retenu par le président Jacques Chirac comme « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition. » et cela faisant suite à la loi Taubira qui, en 2001, déclarait « la seule traite négrière occidentale (dont les « blancs seraient les seuls responsables) comme « crimes contre l’humanité ». 

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Pour qu’il y ait des « acheteurs » d’esclaves, il fallait obligatoirement « qu’il y ait des vendeurs d’esclaves », et ces vendeurs étaient les chefs de tribus, les frères noirs de cette jeunesse noire qu’ils vendaient, ainsi que les parents qui s’enrichissaient en vendant une partie de leur nombreuse progéniture. 

Sans eux la traite noire eut été impossible, puisque les esclaves étaient capturés, transportés, parqués et, enfin, vendus, par ces mêmes chasseurs d’esclaves noirs aux acheteurs « blancs » qui attendaient dans les ports, à bord de leurs navires, que les captifs leur soient livrés. 

Y aurait-il eu un esclavage noir si les « noirs » n’avaient pas organisé la vente de leurs frères noirs ? 

Une partie des Africains se sont enrichis en vendant une autre partie de ces mêmes africains. 

Qui sont les responsables, selon les descendants de ces esclaves qui nous rendent responsables de l’esclavagisme ? Ceux qui venaient « acheter » une main d’œuvre ou ceux qui « vendaient » leur propre jeunesse, leurs propres enfants ? 

Il me semble tout de même nécessaire que les noirs africains apprennent leur « Histoire », cela devrait leur permettre de ne pas se tromper de combat et, surtout, de ne pas mourir totalement idiots. 

L’esclavage, en Afrique, a toujours existé. Il a toujours été pratiqué depuis l’Antiquité. Il a toujours donné lieu à un important trafic humain. 

Il se pratiquait déjà dans la Grèce antique. 

En dehors de l’esclavage obtenu par les guerres tribales (asservissement des prisonniers), et l’esclavage criminel, l’esclavage, à des fins domestiques, était répandu dans toute l’Afrique. 

Dès le Moyen-Age, l’esclavage en Afrique n’a fait que poursuivre les trafics présents depuis l’Antiquité. 

Avec l’avancée de l’Islam, dès le VII° siècle, les premiers raids arabes approvisionnaient les marchés aux esclaves et, dès le XI° siècle, le trafic caravanier, par différents itinéraires parfaitement codés, a progressé très rapidement et de très nombreux chefs de tribus africaines se sont convertis à la religion musulmane, afin d’y participer. 

Dès le 13° siècle, l’Empire du Mali est fondé et étend sa souveraineté sur une grande partie de l’Afrique Occidentale. Les premiers empereurs règlementent l’esclavage (Charte de Manden) et il se développe rapidement au cours du 15° siècle. 

L’esclavage se limite aux « non musulmans » car la loi islamique autorise l’esclavage, mais l’interdit à ceux qui pratiquent la religion musulmane, ce qui explique les nombreuses conversions. 

Ainsi les principales victimes de cet esclavage seront les noirs des régions frontalières de l’Islam en Afrique. 

Dès le 9° siècle, les esclaves étaient capturés sur les côtes de la mer Rouge et de l’Océan Indien et vendus à travers le Moyen-Orient. 

Les premiers européens « négriers » furent les Portugais, dès les années 1440 en Guinée. 

De nombreux états africains s’organisaient autour de la traite négrière, notamment le Ghana, le Niger, et même les Royaumes Mossi, à l’origine contre l’esclavage humain mais finissant par y participer dans les années 1800, avec la traite atlantique comme principal marché. 

L’empire du Mali augmente ses échanges commerciaux d’esclaves avec l’Afrique-du-Nord. 

A l’origine, en Afrique, l’esclave appartient à un groupe familial : le maître et l’esclave travaillent ensemble. Il donne sa protection à l’esclave et tout ce qui lui est nécessaire à sa subsistance : « Un homme libre est pire qu’un esclave, car il ne peut réclamer sa nourriture à qui que ce soit. » 

En Gambie et au Sénégal, entre le 14° et le 19° siècle, 1/3 de la population était en esclavage et, dans les états musulmans : Soudan, Ghana, Mali, Sierra Leone, Cameroun, Niger, Congo, Angola, Dahomey, Ouganda, où près de la moitié des populations était asservie. 

Ce furent des traites négrières, beaucoup plus meurtrières : la traite arabo-musulmane (dont l’anthropologue franco-sénégalais Tidiane N’Diaye a fort bien détaillé le fonctionnement et montré qu’elle constitua en fait un véritable génocide, prouvant ainsi aux « noirs » qu’ils en étaient les premiers responsables), mais aussi la traite intra-africaine, qui, indépendamment de la traite atlantique à laquelle elle est en partie liée, fut plus importante en nombre et en durée. 

Lorsque le trafic des esclaves a été organisé par les Arabes, de très nombreuses tribus locales ont fourni des captifs pour approvisionner les marchés d’esclaves à destination de la traite atlantique. 

La traite « dite occidentale » n’a duré que trois siècles, alors que la traite arabo-musulmane s’est étendue sur plus de 13 siècles. 

Tout le territoire africain au nord du fleuve Zambèze et la région des lacs, à partir de Zanzibar, a été saigné à blanc par les chasseurs d’esclave appartenant à de nombreuses ethnies.  

La capitale, Tombouctou, en fut très longtemps la plaque tournante qui livrait les « marchés » d’Alger, de Tunis et de Tripoli. 

Cela a marqué les débuts des marchés d’esclaves « hors de l’Afrique » et, lorsque l’esclavage atlantique a été aboli, au début du 19° siècle, l’esclavage dans les plantations a augmenté considérablement car de nombreux états africains, dont la principale économie provenait de la traite internationale des esclaves, se sont réorientés vers l’exploitation des esclaves pour une économie commerciale légitime. 

Il est incontestable que la « traite atlantique », qui est tellement contestée depuis des décennies, aurait été impossible sans la participation active des états africains. 

Dans les ports des côtes de l’Afrique de l’ouest, les négriers européens achetaient les esclaves noirs capturés à l’intérieur des terres et acheminés jusqu’à eux dans des conditions le plus souvent effrayantes et inhumaines. 

Ce n’est qu’en l’An 1642 que le roi de France, Louis XIII, autorisait la traite des « noirs » et le fameux « Code noir », qui officialisait le droit de « posséder, vendre ou échanger », sera l’œuvre de Louis XIV. 

A noter que, dès la seconde moitié du 19° siècle, l’un des premiers a dénoncé l’esclavage pratiqué en Afrique, fut le Cardinal Lavigerie et que le secrétaire d’Etat aux colonies, Victor Schoelcher, signa son abolition en 1848. 

Un très grand nombre d’Empires ouest-africains ont progressé grâce au commerce des esclaves et l’on peut affirmer que l’abolition de l’esclavage, au cours du 19° siècle, a conduit au déclin et à l’effondrement de certains de ces empires africains. 

Au début de ce XX° siècle, plus de 2 millions de personnes se trouvent en esclavage dans le Califat de Sokoto et le nord du Nigeria (Pays où l’esclavage n’a été proscrit qu’en 1936). 

En Afrique du sud-est, pour répondre aux besoins des plantations, jusqu’à 30.000 esclaves étaient vendus chaque année et dans le Sultanat de Zanzibar l’esclavage agricole, encore au 19° siècle, exploité environ 1 million 500.000 esclaves. 

Toujours au cours de ce 19° siècle, plus de 50.000 esclaves furent vendus sur le marché d’esclaves de Zanzibar, à destination de la Somalie. 

Selon le constat de l’historien Pétré-Grenouilleau : «Au 19e siècle, alors que la traite atlantique disparaissait progressivement, les traites orientales prirent une ampleur considérable, drainant entre 4,5 et 6,2 millions de personnes hors de l’Afrique noire continentale. Pour répondre à la demande croissante, les traitants arabes, Swahilis ou Africains islamisés, non seulement ouvraient des routes vers l’intérieur, mais, de plus, ils créaient des stations, fixes ou temporaires à l’intérieur du pays, pour y entreposer et y accumuler un maximum de « prises », avant de les ramener vers la côte […] Ce scénario eut pour résultat la mise à sac de régions entières, jusqu’aux Grands Lacs d’abord, puis bien au-delà, le fleuve Congo constituant une des grandes voies de pénétration ».Il ne s’agit nullement de dédouaner l’Occidental mais de montrer qu’il n’y a pas de raison historique d’en faire le bouc émissaire des malheurs de l’Afrique. Commencé à la fin du 15e siècle pour les Portugais, mais bien plus tardivement pour la France puisque le premier bateau négrier, l’Union, a quitté Nantes en 1707. Elle s’est terminée un siècle plus tard pour la France, qui, comme la plupart des autres nations européennes, a aboli la traite à la suite du congrès de Vienne de 1815. 

Aussi bien au Zanzibar qu’au Kenya ou Madagascar, plus de 50% de la population étaient en esclavage et que les Sultanats musulmans ont poursuivi « officiellement » l’acquisition d’esclaves jusque dans les années 1930 et « clandestinement » depuis. Il y avait plus de deux millions d’esclaves en Ethiopie, lors de l’abolition de l’esclavage, le 26 août 1942, par l’Empereur Haïlé Sélassié. 

On estime à environ 30 millions le nombre des esclaves actuellement dans le monde. Rien qu’en Mauritanie, où la vente d’esclaves se poursuit actuellement, bien qu’il ait été officiellement aboli en 1981, environ 600.000 hommes, femmes et enfants, soit 20% de la population, sont des esclaves. 

Au Niger, près de 8% de la population est encore en esclavage et les ventes d’esclaves se poursuivent de nos jours en Libye. 

En Afrique, les responsables africains n’ont pas les mêmes œillères que les « noirs » qui vivent aux Amériques et en Europe. 

En 1999, le président du Bénin, Matthieu Kérékou, en visite aux Etats-Unis, s’était agenouillé (Déjà à la mode !) devant une congrégation noire de Baltimore et « avait demander pardon aux Afro-Américains » pour le « rôle honteux joué par les Africains durant la longue histoire de la traite négrière. » 

En octobre 2003, des évêques africains ont publié, au Sénégal, une déclaration où « ils réclamaient que l’Afrique demande pardon à l’Afrique » : « Commençons donc par avouer notre part de responsabilité dans la vente et l’achat de l’Homme Noir, hier et aujourd’hui… Nos pères ont pris part à l’histoire d’ignominie qu’a été celle de la traite et de l’esclavage noir. Ils ont été vendeurs dans l’ignoble traite atlantique et transsaharienne » 

*Votre combat n’est pas contre les « négriers blancs », sans lesquels vous ne seriez pas présents de nos jours, ni contre la France et les Français, mais contre vos « ancêtres » noirs, ceux qui ont vendus vos ascendants et contre l’islam qui a organisé le trafic d’esclaves depuis des siècles. Ne vous trompez pas d’ennemis ! 

Une récente polémique a intéressé les médias sur ce sujet de l’esclavage : le magazine « Valeurs Actuelles » a osé publier une photo de Danièle Obono « déguisée » en esclave et, tout aussitôt, la députée de La France Insoumise s’est révoltée, affirmant hautement « Etre fière de ses racines africaines et revendiquant sa double appartenance à « l’ethnie Punu » par sa mère, et à « l’ethnie Fang » par son père. 

Il est tout à fait à son honneur d’être « fière de ses origines africaines », comme nous sommes « fiers de nos origines européennes », cependant ce qu’elle a omis de préciser, mais peut-être n’était-elle pas au courant, c’est que justement « ces deux ethnies africaines ont très largement contribuées et profitées de ce trafic négrier. 

Les « chasseurs d’esclaves » des ethnies Punu et Fang achetaient, ou enlevaient, les jeunes « noirs » dans les proches régions et les transportaient « enchaînés » vers les ports et les bateaux des « négriers blancs » qui allaient les conduire jusqu’aux Amériques. 

Alors « STOP » : cessez de vous « victimiser » et de nous « culpabiliser ». 

Vous n’êtes plus des esclaves mais des êtres libres…libres de retourner en Afrique et d’y apporter votre « savoir et votre intelligence » afin qu’elle progresse, se modernise, se prenne en mains, économiquement, socialement et, surtout, militairement, si tel est véritablement votre désir et si « vivre en Europe ou aux Etats-Unis » vous est devenu insupportable. 

Qu’il me soit permis de citer, pour conclure, ce passage d’Albert Camus : « Il est bon qu’une nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir de s’estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s’avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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