Publié par Guy Millière le 10 juillet 2021

Je ne peux m’empêcher de lire ce qui s’écrit en France sur les Etats-Unis sans une profonde irritation. 

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Il y a, dans le regard français sur le pays qui est désormais le mien, des constantes présentes depuis plus de deux siècles. Un mépris condescendant vis-à-vis du peuple américain est au cœur de ces constantes. 

Au moment de la Révolution américaine, des Français éclairés ont soutenu les insurgés et leurs idéaux, et il en est resté une gratitude aux Etats-Unis : le nom du marquis de Lafayette, ainsi, est celui de rues, d’avenues, de monuments dans tout le pays, et même celui d’une ville de Louisiane. Mais l’opinion Générale des «élites» françaises sur les Américains était très différente, et Thomas Jefferson, premier ambassadeur des Etats-Unis en France, a décrit dans sa correspondance le complexe de supériorité qui imprégnait ceux qui lui faisaient face. Au cours du dix-neuvième siècle le mépris condescendant a subsiste, et se sont ajoutés une description des Américains comme des gens violents, incultes et barbares. Au cours des premières décennies du vingtième siècle, les Etats-Unis étant devenus peu à peu la première puissance du monde, s’est ajoutée une fascination, mais celle-ci n’a pas effacé le mépris condescendant, et a ajouté à celui-ci l’idée que les Américains pouvaient vouloir dominer le monde, l’asservir, y imposer une vie artificielle marquée par la présence d’objets inutiles et d’une culture superficielle. Au moment de la libération de la France en 1944-45, si de nombreux Français ont vu dans les Américains des libérateurs, d’autres Français ont vu en eux des envahisseurs, et le Général de Gaulle a disséminé le mythe d’une France qui s’est libérée toute seule et qui, après avoir été occupée par l’Allemagne nazie, a failli être «colonisée» par les Etats-Unis. Les communistes ont tenu un discours très proche du discours gaulliste, et la structuration politique de la France jusqu’à ce jour est restée marquée par la prééminence à «droite» d’un gaullisme anti-américain et, à gauche, d’un communisme anti-américain (le parti communiste a perdu sa puissance au cours des quarante dernières années, mais les stéréotypes communistes se sont disséminés dans toute la gauche). 

La reconstruction de la France grâce au plan Marshall n’a valu aux Etats-Unis qu’une gratitude très minimaliste, qu’on peut aisément définir comme une très réelle et très sordide ingratitude. Les relations de la France avec l’Alliance atlantique et l’OTAN ont toujours été imprégnées de réserves et de conflictualité, et nombre de Français ont vu un moment glorieux dans la décision du Général de Gaulle de sortir de l’OTAN. Nombre de Français ont, plus tard, émis des réserves quand la France est rentrée à nouveau dans l’OTAN. Une bonne part de l’estime que les Français ont vouée à Jacques Chirac a tenu au fait qu’il a tenu tête de manière insultante à George Walker Bush (quel geste glorieux !). 

Plus un Président américain est faible, à gauche et destructeur, plus il est apprécié et couvert de louanges. Plus un Président américain est imprégné de force et de droiture, plus il est traité comme un abruti dangereux

Depuis plus de quatre décennies, les médias français et les dirigeants politiques français ont, vis-à-vis des Présidents américains, des attitudes très faciles à déchiffrer. Plus un Président américain est faible, à gauche et destructeur, plus il est apprécié et couvert de louanges. Plus un Président américain est imprégné de force et de droiture, plus il est traité comme un abruti dangereux.

Ronald Reagan, l’un des plus grands Présidents de l’histoire des Etats-Unis, a été décrit comme un crétin et un ignorant, et nombre de Français restent persuadés que la chute de l’empire soviétique est due au hasard et à la bienveillance de Mikhail Gorbatchev. Bill Clinton a joui d’une grande sympathie, alors qu’il s’est conduit comme un irresponsable face à la montée du danger terroriste islamique (et je passe sur son comportement de mâle en rut). George Walker Bush a été constamment traîné dans la fange, alors qu’il a dû faire face à la plus grave attaque terroriste du monde contemporain.

Barack Obama, qui reste à ce jour le Président le plus néfaste de l’histoire des Etats-Unis, a fait l’objet d’une véritable idolâtrie en France, et Nicolas Sarkozy, censé être de «droite» (je mets des guillemets car, à mes yeux, il n’y a pas de droite en France), n’a pas hésité à faire part de son admiration envers Obama (qui a ensuite montré le peu d’estime qui’il avait pour Sarkozy, qu’il a utilisé comme un idiot utile en Libye). Donald Trump, lui-même l’un des plus grands Présidents de l’histoire des Etats-Unis, a fait l’objet de diffamations et d’exécrations allant de la gauche à la droite française, et en dehors de mes livres*, il faut chercher au microscope dans les médias français les traces de ses accomplissements, pourtant innombrables. Joe Biden, corrompu, sénile, installé frauduleusement à la Maison-Blanche en position de pantin dont des gens d’extrême gauche décidés à détruire les Etats-Unis tirent les ficelles, bénéficie d’une sympathie presque unanime. L’idée que les Etats-Unis pourraient tomber et se trouver supplantés en position de première puissance du monde par la Chine communiste semble être une idée agréable pour nombre de journalistes et de dirigeants politiques français, qui semblent avoir en eux ce que Jean-François Revel appelait une «tentation totalitaire». 

Dois-je le dire ? Je trouve la relation de la France aux Etats-Unis, et la vision prédominante des Etats-Unis qui règne en France, profondément malsaines, voire répugnantes. 

Ceux qui ont créé les Etats-Unis étaient fondamentalement des hommes courageux et imprégnés d’idéaux qui sont toujours présents dans la société américaine, quand bien même ces idéaux sont attaqués aujourd’hui, et les Pères fondateurs du pays étaient des gens absolument admirables. La Déclaration d’indépendance des Etats-Unis est un texte magnifique, qui a inspiré et continue à inspirer des millions d’êtres humains épris de liberté, sur toute la surface de la Terre. La Révolution américaine a conduit à une Constitution lumineuse et remarquable, et toujours en vigueur, quand bien même l’extrême gauche américaine s’efforce de la déchirer. 

Ceux qui sont venus former le peuple américain ont inclus des gens mauvais (il y a toujours des gens mauvais, quelle que soit la société), mais ils ont été essentiellement des gens qui entendaient recommencer leur vie, accomplir ce qu’ils n’avaient pu accomplir dans le pays d’où ils venaient, des gens qui avaient en eux de la détermination, de l’opiniâtreté, et ce qui reste appelé le rêve américain. Ils ont inclus des gens victimes d’oppression, de tyrannie, de persécutions diverses dans leur pays d’origine, et voulant être libres. 

Certains Etats des Etats-Unis ont pratiqué l’esclavage : ceux qui en parlent oublient souvent de dire que nombre de pays occidentaux ont pratiqué l’esclavage eux aussi, que l’abolition de l’esclavage était présente dans les esprits comme un impératif éthique dès la révolution américaine, qu’un mouvement abolitionniste puissant a existé dès les années 1800, que dans les Etats du Nord, les noirs étaient libres et égaux en droit, dès les années 1790, et qu’une guerre civile a eu lieu qui a conduit à l’abolition de l’esclavage. 

Ceux qui disent qu’une ségrégation a existé jusqu’aux années 1960 oublient de dire qu’elle n’a existé que dans les Etats du deep South, et ils oublient de dire aussi que la ségrégation a disparu depuis six décennies dans les Etats en question, et que, bien que les noirs soient une minorité aux États-Unis, un Président noir a été élu et réélu (c’était un président d’extrême gauche anti-américain, hélas), et qu’un noir a été chef d’état-major de toutes les armées américaines dès 1989. 

Ceux qui ont fondé les Etats-Unis sont arrivés sur un continent quasiment vide de toute population : ceux qu’on appelle Indiens d’Amérique étaient essentiellement des membres de tribus vivant sur le mode de vie de l’homme de Néanderthal, donc sur le mode de vie du paléolithique supérieur, et seuls quelques-uns vivaient sur un mode néolithique (le long du fleuve Colorado), ce qui signifie qu’il y a eu submersion de populations très peu nombreuses (un à deux millions de personnes) par des populations plus nombreuses et ayant des moyens de production bien plus avancés : il y a eu des conflits, mais aucun génocide (je suis révolté à chaque fois que je vois le mot génocide employé à ce sujet par des gauchistes haineux et ignorants) et à la fin du dix-neuvième siècle les Indiens d’Amérique ont pu disposer de territoires autonomes qu’ils ont toujours, ou vivre comme tous les autres Américains (l’un de mes voisins est chef de tribu Paiute). Il n’y a eu aucun génocide, non ! 

Ceux qui sont venus former le peuple américain ont fait en un peu plus d’un siècle un pays faible et peu peuplé, un pays puissant et très peuplé, une terre d’invention, de dynamisme économique, de liberté d’entreprendre et de liberté tout court. Dès la fin du dix-neuvième siècle, les Etats-Unis étaient le pays le plus avancé économiquement et le plus prospère sur la surface de la Terre. Ils le sont restés jusqu’à ce jour. 

Sans les Etats-Unis, le déferlement de terrorisme islamique enclenché à partir du moment où les chocs pétroliers ont eu lieu aurait continué. Seuls les Etats-Unis avaient la puissance de feu requise pour détruire les bases d’al-Qaïda dans les montagnes afghanes, et seuls les Etats-Unis étaient à même d’en finir avec l’Etat Islamique. 

Le régime de Saddam Hussein, que certains sont encore aujourd’hui prêts à défendre en disant que George Walker Bush s’est lancé dans une action inepte était un régime abominable, et si les actions de sabotage menées en sous-main par la France n’avaient pas eu lieu, l’opération aurait été plus optimale et plus immédiatement efficace. Avoir espéré installer la démocratie dans les pays musulmans a été bien trop espérer, tout comme ne pas comprendre l’incompatibilité entre islam et démocratie, mais c’était un espoir généreux. 

Sans les Etats-Unis, la péninsule coréenne entière serait sous régime communiste, Taïwan, présentement menacé en raison de la faiblesse de l’administration Biden, ne serait pas un pays libre, le Japon n’aurait pas retrouvé un fonctionnement démocratique et aurait été envahi par l’Union Soviétique qui en aurait fait un pays communiste. Sans les Etats-Unis, Israël n’existerait plus depuis longtemps et un deuxième génocide aurait été perpétré contre les Juifs. 

Sans les Etats-Unis l’Europe occidentale aurait été allemande et nazie, et les Juifs qui ont survécu à la Shoah n’auraient pas survécu. Sans les Etats-Unis, l’Europe occidentale n’aurait pas été reconstruite et des milliers d’Européens seraient morts de faim. L’Alliance atlantique et l’OTAN ont été créées sur demande des dirigeants d’Europe occidentale qui avaient peur de passer sous le joug soviétique, et elles reposent essentiellement sur l’armée américaine qui défend l’Europe depuis sept décennies, et défend aussi le monde libre, car nous sommes sur une planète que les moyens technologiques modernes rendent plus petite et plus interdépendante. De Gaulle n’a pas été le seul dirigeant européen à mal se conduire vis-à-vis des Etats-Unis, et on a pu voir au fil du temps que divers dirigeants européens ont adopté des attitudes lamentables vis-à-vis des Etats-Unis, en sachant que les Etats-Unis sont une démocratie amie et que leur cracher dessus n’était pas risqué : ces attitudes lamentables ont contrasté avec les comportements lâches et obséquieux des mêmes dirigeants vis-à-vis de dictateurs nocifs. 

Nombre de dirigeants européens ont détesté Donald Trump et le détestent encore (les dirigeants français ne sont pas les seuls), ce pour trois raisons.

  • La première : Donald Trump a dit vouloir redonner sa grandeur à l’Amérique, et nombre de dirigeants européens, par envie et par ressentiment, veulent une Amérique à terre.
  • La deuxième : Donald Trump a demandé aux dirigeants européens de respecter le contrat que leurs pays ont passé en signant le traité de l’Atlantique Nord, et les dirigeants européens voulaient continuer à être sous le parapluie de la défense américaine et à se comporter comme des assistés en laissant les Etats-Unis payer, ce tout en se conduisant de plus en plus souvent comme de mauvais alliés, parfois comme des traîtres.
  • La troisième : Donald Trump leur a demandé de défendre les valeurs de leur propre civilisation, valeurs auxquelles ils ont renoncé depuis longtemps. 

Continuant une minable tradition «gaullienne», le petit Macron a cru bon de tenter de faire la leçon à Donald Trump un jour de célébration du 11 novembre, une autre fois un jour de commémoration du Débarquement, une troisième fois à Washington, en s’adressant aux démocrates du Congrès (pour défendre une entente avec le régime ignoble des mollahs).

Les Etats-Unis sont la principale puissance du monde libre et sans eux, il n’y aurait plus de monde libre

Dans les trois cas, le petit Macron avait tort :

  • sans intervention américaine, la Première Guerre Mondiale aurait duré, et aurait ravagé la France bien davantage encore. La politesse la plus élémentaire aurait impliqué que le petit Macron dise merci.
  • Sans le Débarquement des troupes américaines en France, la France aurait été nazie pendant des années encore. La politesse élémentaire aurait impliqué que le petit Macron dise merci une fois encore et s’épargne une cuistre leçon de morale à un Président qui a infiniment plus de morale que lui.
  • Sans les décisions de Donald Trump, le régime des mollahs aurait continué à déstabiliser et ravager le Proche-Orient (avec l’administration Biden, les ravages risquent de reprendre, hélas, et bien sûr, le petit Macron préfère l’administration Biden). 

Les Etats-Unis sont la principale puissance du monde libre et sans eux, il n’y aurait plus de monde libre. Leurs dirigeants ont pu faire des erreurs : le but des dirigeants américains est, depuis des décennies, de rendre le monde plus sûr pour la démocratie et la liberté, et toute personne attachée à la démocratie et à la liberté devrait le voir, et avoir amour et estime pour les Etats-Unis. Obama, et maintenant l’administration Biden, foulent au pied ce qu’il y a de plus sacré aux Etats-Unis, et tout ce qui fait que j’aime ce pays : les Etats-Unis ont été fondés sur les valeurs les plus fécondes de la civilisation occidentale et sont devenus les gardiens de ces valeurs. Ils sont le seul pays, avec Israël, à avoir été fondés sur des valeurs éthiques, et le seul pays, avec Israël, où, à de très rares exceptions près, ce sont les valeurs éthiques qui ont guidé les décisions de politique intérieure et les décisions de politique étrangère. 

Obama a été un Président ignoble et dangereux ; l’administration Biden est elle-même une administration ignoble et dangereuse. Pour la première fois avec Obama, pour la deuxième fois maintenant, des dirigeants américains se sont efforcés de broyer les valeurs éthiques fondatrices des Etats-Unis, et de prendre des décisions de politique intérieure et de politique étrangère destinées à accomplir ce broyage. 

Quiconque refuse de le voir se rend complice d’une action littéralement monstrueuse qui met en danger la survie de la démocratie et de la liberté sur terre, et qui met en danger aussi la survie de la civilisation occidentale elle-même. 

Je fête chaque année le 4 juillet, Independence Day, le jour de proclamation de l’indépendance des Etats-Unis et du début de la révolution américaine. J’ai fêté le 4 juillet 2021, mais pour la première fois, j’avais le cœur serré, et j’avais en moi une inquiétude quant au futur. 

J’ai lu et entendu les propos de la gauche américaine. J’ai parcouru les médias français et oui, j’ai été très irrité. Il y a encore dans la presse française des articles infects et mensongers sur Donald Trump : faut-il qu’ils le détestent et qu’ils détestent ce qu’il incarne ! Faut-il qu’ils détestent les Etats-Unis, à qui ils doivent d’être libres ! Faut-il qu’ils détestent la démocratie et la liberté ! 

J’ai pensé indispensable de rappeler ce que tous les amis de la démocratie et de la liberté sur terre doivent aux Etats-Unis. C’est fait.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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