Publié par Abbé Alain Arbez le 17 juillet 2021

Source : Eglisecatholique-ge

Cet été nous vous proposons avec l’abbé Alain René Arbez un tour d’horizon non exhaustif de quelques figures de femmes du Moyen Âge.  Aujourd’hui nous vous présentons Clotilde de Genève  (vers 475 – vers 545)

L’historienne Régine Pernoud a écrit « Pour en finir avec le Moyen Âge », afin de dénoncer la vision idéologiquement négative propagée par les historiens des 19e et 20e siècles. L’historienne médiéviste estime que les clichés habituels ont opacifié l’image des femmes de la période des cathédrales. Pourtant on trouvait parmi elles des femmes administratrices de biens considérables, des gérantes de commerce performantes et des femmes de lettres de haut niveau. Régine Pernoud réhabilite le christianisme souvent attaqué.  Selon elle, il a joué un rôle civilisationnel inégalable en donnant à la femme un statut et une envergure considérable.

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Clotide de Genève

Une femme assez peu connue a joué un rôle déterminant dans l’histoire de l’Europe et en particulier, de la France : Clotilde, fille de Chilpéric II, roi des Burgondes, peuple germanique établi dans un vaste territoire allant de la Suisse au sud-est de la Gaule.

Princesse burgonde de Genève

Clotilde, princesse burgonde de Genève, naît en 475 ; avec sa sœur Chroma, elle échappe à un sanguinaire règlement de compte familial et c’est son oncle Gondebaud qui prend en charge et éduque les deux orphelines. Clotilde est très instruite, belle et intelligente.

Animée par une profonde spiritualité catholique, la Genevoise consacre son temps à des œuvres caritatives au service des pauvres, à proximité de l’église Saint-Victor, dans la vieille ville.

Clovis 1er, roi des Francs, ayant entendu parler de cette femme exceptionnelle, lui fait demander sa main. Son oncle Gondebaud accepte, mais en vertu de ses convictions profondes, Clotilde propose à Clovis d’abandonner ses idoles et de se tourner vers le Dieu des chrétiens.

Mariage de Clotilde et Clovis

Le mariage est célébré, à Dijon. Malgré les réticences de Clovis, les enfants qui naîtront de leur union seront baptisés.

Lors de la bataille de Tolbiac contre les Alamans, un groupe germain concurrent, Clovis se retrouve en sérieuse difficulté. Le combattant païen prie le Dieu de Clotilde de le sortir de ce mauvais pas. Les Alamans sont mis en déroute et Clovis vainqueur décide de se convertir.

La conversion de Clovis

C’est ainsi que le 25 décembre 496, le roi des Francs se fait baptiser à Reims par l’évêque Rémi ainsi que 3000 de ses soldats. Dans ce siècle, c’est la dissidence arienne qui règne dans de nombreuses régions d’Europe, et pourtant Clovis choisit de devenir catholique en fidélité au magistère romain, alors qu’un calcul purement politique l’aurait guidé vers le camp adverse et hétérodoxe de l’arianisme. Sa réflexion personnelle a abouti, persuadé par son épouse Clotilde, qui a su mettre en lumière la priorité des arguments de foi plutôt que de pouvoir.

Un tournant

Ce choix déterminant, réalisé grâce à la Genevoise Clotilde, a constitué un tournant décisif pour le Royaume des Francs : il a lui permis de devenir une nation que le pape appellera « fille aînée de l’Église ». Le Général de Gaulle dit en 1965 : « La France commence avec le baptême de Clovis ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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