Publié par Jean-Patrick Grumberg le 24 juillet 2021

Ne nous étonnons pas de la résurgence de l’antisémitisme. Quand de sa main droite, le gouvernement promet de lutter sans merci contre l’antisémitisme, sa main gauche diffuse la haine ouvertement anti-israélienne au musée Mac Val, financé en partie par le Département du Val-de-Marne.

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Cette exposition mérite le nom
« incitation à la haine d’Israël »

Mac Val a publié un livret choquant, ouvertement anti-israélien, en préambule de l’exposition d’un artiste de la bande de Gaza, Taysir Batniji. Cette exposition mériterait le nom « incitation à la haine d’Israël » tant elle est partiale, et rapporte une réalité du terrain pour que le conflit ne s’arrête jamais.

Ce musée accueille de nombreux groupes, que ce soit des personnes en situation de handicap ou des scolaires. J’image ces derniers, les élèves, dont l’esprit est encore malléable et influençable. J’imagine les images, les impressions que la vicieuse exposition peut imprimer dans leurs jeunes cerveaux.

D’aucuns y verront, sans doute, une autorisation à leurs idées.

Dreuz a passé en revue le livret de l’exposition, et relevé les mensonges, contre-vérités et Fake News qu’il contient, et qui sont de nature à jeter de l’huile sur le feu de la violence qui s’est abattue sur la minorité juive de France, la minorité la plus fragilisée, la plus exposée, et la plus touchée par cet antisémitisme meurtrier qui ne s’arrête plus.

Un pays qui n’existe pas, la Palestine

Les œuvres d’art de Taysir Batniji parlent de « sa vie de tous les jours, sa famille, ses voyages, l’histoire de son pays, la Palestine. Taysir Batniji est triste d’avoir quitté son pays. Il a essayé plusieurs fois de retourner en Palestine. Mais il n’a pas réussi. »

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  • Il n’existe nulle part dans le monde un pays qui s’appelle Palestine. Si Batniji parle de « l’histoire de son pays, la Palestine », cette histoire n’existe pas, la page est blanche. Il n’y a eu que trois pays, dans l’histoire de la Palestine : ils étaient tous juifs. Il n’y a jamais eu d’Etat arabe, ou musulman, et encore moins palestinien.
  • Il existe bien une bande de Gaza, une région juive depuis 3 000 ans, qui a été colonisée par les Arabes alors qu’elle était habitée par les juifs. En 1948, Gaza a été envahi, capturé et colonisé par l’Egypte. Puis libéré par Israël en 1967.
  • Israël s’est retiré de Gaza en 2005.
  • Depuis, Gaza est sous la coupe totalitaire d’une organisation terroriste islamiste, le Hamas.
  • Le livret ne dit pas pourquoi Batniji est parti de Gaza, quand, dans quelles conditions, mais il laisse entendre qu’il ne peut pas y retourner – on sent, après l’invention du pays, qu’Israël ne le laisse pas s’y rendre. Je n’ai trouvé aucune indication que l’artiste ne soit pas autorisé à se rendre à Gaza depuis Israël. Qu’il nous éclaire. Et apparemment, rien ne l’empêche de s’y rendre depuis l’Egypte.
  • Le livre attise la haine par omission, en laissant planer le doute : Batniji est triste d’avoir quitté « son pays », et le cruel, le dictateur, l’envahisseur, le colonisateur Israël l’empêche de revenir. Tout est faux, tout est inventé pour faire verser une larme sur les pauvres victimes de cette injustice. Il faudra réparer cette injustice.

Je croise les doigts : pourvu qu’à cause de l’exposition, aucun musulman ne veuille venger ses frères en agressant un juif dans une rue de Vitry. Si cela se produit, ne cherchez pas plus loin les responsables.

Question

Comment un musée, lieu de savoir, lieu de générosité artistique, lieu de connaissance et de transmission, lieu qui porte une responsabilité lourde parce qu’il reçoit du public, qu’il est réputé être non-politique et totalement neutre, en arrive-t-il à trouver juste et éthique d’inventer un mensonge aussi chargé ?

La Guerre de 2007, les bombes israéliennes tuent des personnes ?

Vous entendez de nombreuses détonations. Une détonation c’est un bruit violent d’explosion. Les détonations viennent de la rue à côté de la maison de Taysir Batniji.
Vous entendez aussi les voix de personnes qui sont dehors. Parfois vous entendez les bruits de l’artiste Taysir Batniji. Par exemple, sa respiration.
Sa maison se trouve dans la ville de Gaza. Gaza se situe en Palestine. Il y a la guerre en Palestine. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de détonations dans la vidéo. C’est pour cela que Taysir Batniji n’arrive pas à rester sans bouger.
Il est peut-être inquiet. Il a peut-être peur. Il est peut-être en colère.
Qu’en pensez-vous ? Quelles sont les émotions de Taysir Batniji quand il se filme ?

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  • La scène évoque l’année 2007. Le lecteur ne sait pas ce qu’il s’est passé en 2007, mais il devine, il comprend. Quand on parle de Gaza et de guerre, on comprend : Israël a bombardé les pauvres palestiniens. C’est ce qu’on lira à la page suivante :

Dan Halutz est le pilote d’avion de guerre israélien, Il lâche des bombes depuis son avion. Ces bombes détruisent des bâtiments de Palestine. Ces bombes blessent ou tuent des personnes.

Je vous laisse imaginer la colère intérieure de ces enfants qui visiteront le musée. L’injustice, leurs frères tués par ces juifs, l’impuissance devant la force d’Israël. Vengeance !

Mais la guerre de Gaza de 2007, c’est surtout celle du Hamas contre le Fatah, pas celle d’Israël. Voici le témoignage d’un survivant de l’assaut du Hamas à Gaza, qui complète ce que Batniji a soigneusement effacé :

« Nous avons été pilonnés par le Hamas à coup de tirs de mortiers, au mortier, au mortier ! », a déclaré le combattant du Fatah, qui n’a donné que son prénom, Amjad, en respirant lourdement.

« Ils [le Hamas] n’avaient aucune pitié. C’était boum, boum. Ils avaient des roquettes qui pouvaient atteindre presque la moitié du complexe ».

https://www.nbcnews.com/id/wbna19168118
  • En occultant cette guerre là, c’est Israël, et Israël seul, qui est pointé du doigt par le musée.

En 2007, à Gaza, la guerre qui faisait rage… c’était entre le Hamas et le Fatah

La bataille de Gaza, qui s’est soldée par la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, est un conflit militaire entre le Fatah et le Hamas, qui s’est déroulé dans la bande de Gaza entre le 10 et le 15 juin 2007 (1).

Il s’agit d’un événement majeur dans le conflit entre le Fatah et le Hamas, centré sur la lutte pour le pouvoir.

  • En 2006, le Fatah perd les élections parlementaires.
  • Les combattants du Hamas prennent le contrôle de la bande de Gaza dans le sang (2), et destituent les responsables du Fatah.
  • Un certain nombre d’entre eux seront jetés vivants du haut des immeubles par les terroristes du Hamas (3).
  • La bataille aboutit à la dissolution du gouvernement d’unité, et à la division de facto des territoires disputés en deux entités, la Judée Samarie gouvernée par l’Autorité nationale palestinienne, et Gaza gouvernée par le Hamas.
  • Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) estimera qu’au moins 118 personnes ont été tuées et plus de 550 blessées au cours des combats de la semaine précédant le 15 juin (4).

Et concernant la série d’affrontements entre les terroristes palestiniens de la bande de Gaza et les forces de défense israéliennes (FDI), elles ont débuté à la mi-mai 2007 lorsque les Palestiniens ont tiré plus de 220 missiles et roquettes Qassam non pas sur l’armée israélienne si leur but était de « faire la guerre », mais sur des citoyens israéliens des villes de Sderot et du Néguev occidental.

Des « miradors comme les prisons » : oui, mais pour surveiller les terroristes

Cette œuvre s’appelle Watchtowers.
Elle date de 2008. Il y a un peu plus de 10 ans. Ces photographies montrent des miradors militaires. Un mirador c’est une tour pour surveiller. Par exemple, il y a des miradors dans les prisons.

L’armée d’Israël a installé des miradors à beaucoup d’endroits. Les soldats s’installent en haut des miradors pour surveiller les Palestiniens.

Israël est un pays en guerre contre la Palestine.

Il est interdit de photographier les miradors. Mais Taysir Batniji n’a pas obéi.

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Ces miradors militaires sont présents dans la vie de tous les jours des Palestiniens.
Les Palestiniens sont tout le temps surveillés. C’est ce que Taysir Batniji veut nous montrer.

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  • Un premier mensonge : « Israël est un pays en guerre contre la Palestine ».
  • La réalité : le Hamas a promis, c’est écrit dans sa charte, sorte de Constitution, d’exterminer les juifs jusqu’au dernier et de les chasser de leur pays, Israël. A l’inverse, Israël s’est retiré de Gaza en 2005, où des juifs vivaient sans discontinuité depuis des millénaires.
  • La réalité : le dernier conflit de 2021 a été déclenché par Gaza et pas par Israël : c’est donc Gaza qui est en guerre contre Israël.
  • La réalité : Israël livre à Gaza des centaines de camions chargés de biens de consommation chaque semaine : ce n’est pas le comportement d’un pays en guerre.
  • La réalité : les dirigeants palestiniens, les chefs du Hamas, mais aussi des simples citoyens, viennent se faire soigner dans les hôpitaux israéliens : ce n’est pas le comportement d’un pays en guerre.
  • La réalité : Israël et la Judée Samarie n’ont pas eu de conflit depuis la dernière Intifada – déclenchée par les Palestiniens, pas par Israël.

« Un mirador c’est une tour pour surveiller. Par exemple, il y a des miradors dans les prisons. »

  • Cette phrase aux mots parfaitement choisis est destinée à associer Gaza à une prison. C’est un très vieux mensonge des militants palestiniens que de prétendre que Gaza « est une prison à ciel ouvert », et qu’Israël enferme les habitants comme dans une prison. Il n’en est rien : Gaza a une frontière avec l’Egypte, et nous le verrons plus loin, Israël laisse entrer et sortir les biens et les personnes de Gaza.

« Ces miradors militaires sont présents dans la vie de tous les jours des Palestiniens. Les Palestiniens sont tout le temps surveillés. »

  • Imaginez ce que va ressentir un adolescent en lisant cette phrase. La rage, le sentiment d’injustice, les larmes mêmes. Cette phrase, rien que cette phrase, est une terrible incitation à la haine.
  • Je pense que c’est exact : les Palestiniens sont tout le temps surveillés. Ce que le musée Mac Val omet de dire, c’est pourquoi.

    Et pourquoi, nous le savons tous : parce le Hamas tire sur les civils israéliens, tire des missiles sur les écoles maternelles israéliennes, lance des ballons et des cerfs-volants incendiaires sur les champs en Israël, tente de s’infiltrer par la clôture pour aller tuer des juifs. Chaque jours de la semaine.

    Le Hamas dirige la bande de Gaza, c’est une organisation terroriste islamiste. Ce n’est pas moi qui le dis, mais celle qui cofinance ce musée, la France. L’UE, l’ONU, l’Egypte, le Canada et les Etats-Unis entre autres ont également classé le Hamas comme organisation terroriste. Mac Val le sait. Mais ne le dit pas, alors que c’est la première caractéristique politique de cette enclave.
  • Mac Val cache que le Hamas est une organisation terroriste islamiste. Pourquoi ? Je vous l’explique : pour ne pas informer son public que Gaza, bien que faible et minoritaire, est l’agresseur, et qu’Israël est la victime des agressions, bien que sa force pourrait laisser entendre le contraire. Mais c’est comme pour l’attentat de Nice : des hommes pourtant en minorité ont pu tuer des centaines d’innocents.

    La France sait bien quel danger représente une organisation terroriste islamiste : elle les combat au Mali. Mac Val le sait aussi.

Portrait des victimes palestiniennes : terroristes mélangés aux civils

Cette œuvre est faite de 175 portraits côte à côte. On voit les visages de 175 personnes.
C’est beaucoup !
Cette œuvre fait 12 mètres de long.

Qui sont ces personnes ?
Ces personnes sont des victimes de guerre.
Ce sont des Palestiniens tués par l’armée d’Israël.

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  • La plupart de ces personnes sont en réalité des terroristes, des combattants, et ils sont morts au combat qu’ils ont déclenché contre Israël. Ils sont morts, et il y a aussi de vraies victimes civiles. Mais personne n’a obligé Gaza a déclenché une attaque contre Israël : ils sont les victimes collatérales du Hamas, pas d’Israël. Mais Mac Val ne le dira pas. Il présente les faits d’une manière partiale, à charge.
  • Les visiteurs, lorsqu’ils verront ce tableau, que ressentiront-ils ? Mac Val ne peut pas l’ignorer : ils sentiront monter en eux la rage, le désir de vengeance. Cette rage qui a fait dire à Mohamed Merah lorsqu’il a abattu à bout portant ces enfants juifs de Toulouse : « c’est pour venger mes frères palestiniens ».

Gaza, prison à ciel ouvert ?

Taysir Batniji habite en France depuis 25 ans.
Il ne peut pas retourner dans son atelier à Gaza. Il y a la guerre à Gaza.

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  • Le musée Mac Val laisse entendre que Gaza est bouclé. Il ment encore.
  • Il parle de la « guerre » – il n’y a pas de guerre. Et même s’il y avait une guerre, ce n’est pas la raison pour laquelle Batniji ne peut pas retourner à Gaza. Je ne connais pas la vraie raison. Je ne sais même pas si c’est vrai que Batniji ne peut pas se rendre à Gaza !
  • La vérité : chaque semaine, des Palestiniens entrent et sortent de Gaza par Israël. Au hasard, voici trois semaines de circulation de biens et marchandises vers Gaza depuis Israël.
  • 25 janvier : 4 959 permis d’entrée ont été délivrés. 731 personnes sont entrées et sorties de Gaza.
  • 2 février : 833 personnes ont franchi la frontière entre Israël et Gaza
  • 9 février : 704 personnes sont entrées et sorties de Gaza
  • 14 février : 352 personnes sont entrées et sorties

Je pourrais continuer longtemps : c’est ainsi chaque semaine depuis des années.

Taysir Batniji, pourquoi dites-vous que la guerre vous empêche de vous rendre à Gaza ?

  • Lorsque je lis la bio de l’artiste sur son blog (5), voici ce qu’il écrit :

En 1994, il a obtenu une bourse pour étudier à l’École des Beaux-Arts de Bourges en France. Depuis lors, il partage son temps entre la France et la Palestine.

http://www.taysirbatniji.com/bio-2/
  • Puis ceci :

Journal de Gaza n°3, 1999-2006 / La ville. Chaque fois que je pouvais retourner à Gaza, des sentiments de frustration, de tristesse et d’anxiété m’envahissaient, surtout les premiers jours.

http://www.taysirbatniji.com/project/untitled-gaza-1999-2006-the-city/
  • Et encore ceci :

Il [Batniji] s’est forgé une réputation de chroniqueur nuancé de Gaza, où il est retourné régulièrement et souvent jusqu’en 2012.

https://writingtoinform.wordpress.com/2018/07/24/taylor-batniji-gaza-to-america-home-away-from-home/

La « guerre » vous empêche de vous rendre à Gaza, Mr Batniji ?

Conclusion

L’art ne devrait pas servir à dresser les uns contre les autres. A inciter à la haine, déjà très exacerbée. Surtout la haine contre la minorité la plus ciblée. Surtout dans le pays occidental qui détient le triste record du nombre de juifs tués par des musulmans. Le musée Mac Val devait faire preuve de plus de responsabilité citoyenne. Les responsables du musée auraient dû se poser la question manifeste, éclairée par la meurtrière réalité : qu’avons-nous à gagner à importer à Vitry le conflit arabe-israélien ? Notre exposition pourrait-elle inciter un futur Merah ?

Voici les coordonnées du musée, pour le cas où vous désireriez partager directement – et respectueusement – votre opinion :

Tél. : 01 43 91 64 20
contact@macval.fr
projetsartistiques@macval.fr

Et le livret lui-même propose :
« Pour nous donner votre avis sur ce livret, vous pouvez écrire à accessibilite@macval.fr« 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.theguardian.com/world/2007/jun/15/israel4
  2. https://www.latimes.com/archives/la-xpm-2007-jun-15-fg-gaza15-story.html
  3. https://www.nbcnews.com/id/wbna19168118
  4. http://www.alertnet.org/thenews/fromthefield/220224/025f24b73a37ef712ad576eb84b22e84.htm
  5. http://www.taysirbatniji.com/bio-2/
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