Publié par Guy Millière le 21 juillet 2021

Les célébrations du 14 juillet ont eu lieu, une fois de plus. Je ne les ai pas regardées car Macron me déplait profondément : il est à mes yeux un imposteur dangereux, un destructeur du pays, et un homme qui n’aurait jamais dû être Président, et que des Français aient voté pour lui suscite infiniment davantage que ma consternation.

Jamais je n’aurais pu voter pour un homme qui a osé accuser son pays de crime contre l’humanité en terre algérienne et au côté de membres d’un parti au très lourd passé terroriste, le FLN : les mots de Macron à l’époque ont été un crachat sur les soldats français morts en Algérie, sur les victimes d’attentats et d’atrocités à Alger et ailleurs, sur des milliers de pieds noirs et de harkis. J’ai pour Macron un mépris qui n’a fait que s’accentuer au fil du temps et qui s’est accentué encore le 12 juillet.

Je ne regarde de toute façon jamais les célébrations du 14 juillet. Je ne les regardais pas quand j’étais en France. Je les regarde encore moins depuis que je vis à dix mille kilomètres de la France.

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Certaines fêtes nationales ont un sens précis, le 4 juillet aux Etats-Unis par exemple, car c’est ce jour-là qu’a été proclamée la Déclaration d’indépendance et que s’est enclenché le processus révolutionnaire qui allait conduire à la fondation des Etats-Unis, à la république américaine, à sa Constitution et à sa Déclaration des droits, toujours en vigueur aujourd’hui. Mais le 14 juillet en France ?

Certains considèrent que la date renvoie à la prise de la Bastille et font de celle-ci un acte symbolique de refus de la tyrannie censé être associée à la monarchie absolue. Il s’agit là d’une reconstruction de l’histoire : la Bastille était une prison où se trouvaient enfermés non pas des gens du peuple, mais des gens appartenant aux hautes sphères de la société française, essentiellement des nobles, et, sous Louis XVI, surtout des auteurs de textes pornographiques. Le marquis de Sade aurait pu faire partie des prisonniers libérés le 14 juillet 1789. Il avait été transféré dans un asile d’aliénés quelques jours plus tôt.

Le 14 juillet 1789, il y avait exactement sept. prisonniers à la Bastille. Le gouverneur de la forteresse n’a opposé aucune résistance et n’en a pas moins été assassiné. Le principal instigateur de l’attaque contre la Bastille était Louis Philippe Joseph, duc d’Orléans, cousin de Louis XVI, qui deviendra plus tard Philippe Egalité sous la Terreur, et votera la mort du roi avant d’être lui-même guillotiné, et son but à l’époque n’était pas de mettre fin à la monarchie absolue.

Un an après la prise de la Bastille a été organisée la Fête de la Fédération, censée célébrer l’unité de la France, et ce jour-là, Louis XVI prête serment et accepte le passage de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle. L’unité sera éphémère, et le glissement de la Révolution française vers la barbarie et le totalitarisme va rapidement s’enclencher. Les massacres de septembre 1792 vont conduire aux abominations de la Terreur, aux actes génocidaires menés en Vendée, à la transformation de ce qui est aujourd’hui la place de la Concorde en un lieu où la guillotine coupait les têtes à un rythme soutenu.

Ce qui a commencé en 1789 a été non pas le passage d’un régime politique à un autre régime politique, mais une instabilité qui n’a pas cessé jusqu’à ce jour.

Dix ans après 1789, Napoléon Bonaparte fait un coup d’Etat et devient dictateur, puis s’autoproclame empereur : il sera à l’origine du Code Civil, mais il sèmera la guerre dans toute l’Europe et finira vaincu dans un pays ruiné, après avoir fait tuer sur les champs de bataille des milliers de jeunes hommes et enclenché ainsi un déclin démographique dont la France ne s’est jamais vraiment remise.

Ensuite a eu lieu un retour à la monarchie absolue. Ont suivi une monarchie constitutionnelle mise en place après des émeutes révolutionnaires, une république elle-même mise en place après des émeutes révolutionnaires, un coup d’Etat, et une autre dictature nommée Second empire, une république installée après une défaite militaire et un soulèvement révolutionnaire à Paris, un régime autoritaire installé après une défaite militaire encore, une république, la quatrième du nom, le vote des pleins pouvoirs à un Général qui instaurera une République: la cinquième du nom.

Tout au long de cette instabilité au cours de laquelle les régimes démocratiques ont alterné avec des régimes pas du tout démocratiques, la France n’a jamais été un état de droit au sens précis du terme : un pays où les droits des Français auraient été placés une fois pour toutes en position suprême et déclarés sacrés.

 Le principe a été que ce qu’une loi fait une autre loi peut le défaire, et ce principe, source d’arbitraire potentiel et souvent effectif, est présent dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui n’affirme que des droits sont imprescriptibles que pour affirmer aussitôt après que des lois peuvent les confisquer.

Si des institutions sont établies faisant de la France un état de droit et une république stable où les pouvoirs surveillent et équilibrent le pouvoir, et si une date est associée à l’établissement de ces institutions, j’aurai une date à célébrer en pensant à la France.

Pour le moment, je n’en ai aucune. Et je crains, hélas, de n’en avoir aucune pendant les années qu’il me reste à vivre.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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