Publié par H16 le 8 juillet 2021

Pour le moment, quelques signaux indiquent qu’il pourrait y avoir une élection présidentielle en France courant 2022 autour d’avril, sauf – comme l’indique Wikipedia avec prudence – en cas de « décès ou démission du président en exercice » : autrement dit et vraisemblablement, dans neuf mois, le peuple français va devoir choisir un président pour les cinq années suivantes. On comprend que la proximité de cet événement incite actuellement les candidats à se faire connaître.

Et comme prévu, c’est donc la bousculade de prétendants ce qui ne laisse d’interroger, le poste étant toujours présenté comme extrêmement difficile. Apparemment, cette difficulté de la fonction semble être amplement compensée par les petits avantages qu’elle procure et le pouvoir qu’elle donne au point de susciter un intérêt particulièrement vif auprès d’une quantité toujours plus grande de candidats dont la qualité, de façon étonnante, ne s’améliore guère.

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Ainsi, à droite, on trouve déjà les pitres imputrescibles Asselineau, Dupont-Aignan, Lassalle, Poisson qui ont déjà été candidats d’une façon ou d’une autre et qui remettent donc le couvert avec gourmandise malgré les fessées qu’ils se sont déjà prises. Les vendeurs de tapis et autres représentants/placiers en produits pharmaceutiques contre l’incontinence, à l’instar de Bertrand ou de Wauquiez, vont aussi participer. Si Bertrand a goulûment confirmé sa présence dodue dans le tableau, on attend avec une anxiété millimétrée que les Républicains se décident pour Wauquiez, Pécresse pouvant elle aussi décider de se lancer.

Ce serait dommage d’oublier la Marine de ce côté-là, qui a déjà fait savoir qu’elle était de la fête, même si on peut raisonnablement arguer qu’elle fait plutôt une synthèse des pires clowneries de la gauche avec les pires bricolages de la droite tout en évitant habilement celles du centre qui – soyons honnête – ne ressemble plus à rien depuis quelques années.

À gauche, ce sont les indémodables Arthaud, Mélenchon, Poutou et quelques autres microbes qui ne méritent pas de mobiliser quelques octets pour les nommer : là encore, ce sont des vétérans galonnés par les précédentes déconfitures risibles qu’ils nous ont déjà infligées, et les branlées grotesques prises précédemment n’ont pas suffi à renvoyer ces encombrants à la déchetterie qu’ils avaient évité jusqu’à présent sur un malentendu.

Le parti socialiste, épave amusante dont les déboires immobiliers consternants ne parviennent même plus à intéresser les journalistes, n’a pas encore officialisé de candidat. On espérait secrètement des primaires aussi déchirantes et ridicules que possible, ce qu’aurait pu nous offrir une candidate comme Hidalgo agglutinée avec les inévitables écolos à la crème de hérisson protégé. Malheureusement, après une tentative de rassemblement des gogoches (évidemment ratée dans l’indifférence totale de tout le monde), le parti d’Olivier Faure (un type au pif qui serait le premier secrétaire du PS, selon les rumeurs) a finalement choisi de pousser Hidalgo seule en imaginant que le poste de maire de Paris offrait un destin présidentiel à celle qui a consciencieusement bousillé la capitale française et dont l’aura ne dépasse ni le périphérique, ni même le premier arrondissement autour de l’Hôtel de ville parisien.

Une question assez peu palpitante subsiste : y aura-t-il des primaires des écoloïdes ? Quel ouistiti semi-débile sera désigné par les bobos ultra-urbains pour venir distribuer son message de repli décroissantiste, sa morale hypocrite et sa culpabilité de privilégié grignoteur de quinoa ?

Le suspens est tout sauf intense, d’autant plus que dans ce tableau, aucun politicien ne semble même vaguement en mesure d’endosser la charge : chacun de ces candidats a déjà amplement démontré sa nullité, soit en occupant une charge à l’échelon local où il aura semé la désolation et la consternation sur fond de turbo-déficits publics, soit par ses prises de positions, ses discours et ses idées en provenance directe de la fin des années 50 du siècle précédent, plaçant résolument la France sur une trajectoire de tiers-mondisation qu’elle a déjà commencé à emprunter avec une certaine application consciencieuse.

Devant ces nullités, Macron semble avoir beau jeu de rappeler qu’il a déjà été en fonction et qu’il peut donc, par un deuxième mandat, continuer l’excellent travail entamé lors du premier : qui ne voudrait pas d’une deuxième couche de surtaxations idiotes, de discours ampoulés à base d’en-même-temps insupportable, d’indécision chronique et d’absence de toute réforme ?

Seulement voilà : il peut se passer beaucoup de choses en neuf mois, et Macron lui-même n’a pas encore annoncé sa candidature. Peut-être attend-il septembre pour officialiser sa position mais on ne peut écarter qu’il sache, au travers de canaux d’informations privilégiés que sa fonction procure aisément, que sa réélection est assez mal engagée. Une nouvelle candidature n’est pas chose certaine, ce qu’il aurait préparé il y a quelques temps avec sa sortie énigmatique.

Et en matière de molles surprises, les leurres de différents partis ne sont pas à exclure : depuis Zemmour (dont la candidature ne devrait surprendre que les plus naïfs) jusqu’à Lisnard en passant par n’importe quel apparatchik se sentant pousser un destin national, il est à parier que la liste de prétendants au hochet élyséen continuera de grandir un peu.

Mais justement : la sale surprise pourrait venir de l’épuisement des électeurs.

Ceux-ci ont prouvé, lors des dernières régionales, qu’ils ne se déplaceront guère que pour sanctionner ceux qu’ils ne veulent plus voir. Or, l’état actuel du pays, les tensions internes et les clivages de plus en plus forts de la société française, l’auto-censure grandissante dans tous les discours, tout pousse à n’avoir au final aucun candidat capable de déclencher le moindre enthousiasme, de galvaniser la moindre foule. Si l’on peut compter sur les médias et leur subtilité pachydermique pour tenter de nous faire prendre une vessie électorale pour une lanterne, on a malheureusement le sentiment qu’ils n’y parviendront pas.

L’éparpillement du vote, une abstention notable, l’absence de tout candidat d’exception pourrait bien aboutir au pire, à savoir deux candidats aussi nuls qu’improbables au deuxième tour, que tout le monde détestera également avec ferveur. Ce n’est peut-être pas l’hypothèse la plus probable, mais elle n’est pas impossible et la dynamique politique actuelle pourrait nous y conduire.

Et dans cette hypothèse, ce pays est foutu.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

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