Publié par Pierre Rehov le 2 août 2021

De nouveaux documents publiés par les Archives d’État israéliennes montrent que la police britannique a couvert le meurtre intentionnel de jeunes juifs en Palestine mandataire dans les années 1940.

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Selon des chercheurs israéliens, la police britannique en Palestine mandataire a travaillé pour dissimuler le meurtre de militants de la résistance juive, après que 5 000 documents nouvellement déclassifiés aient été publiés par les Archives d’État israéliennes en avril 2021.

Parmi les dossiers déclassifiés, figurent des rapports de la police britannique de la Palestine mandataire, détaillant la version britannique des événements lors de la fusillade et du meurtre des « enfants du Lehi », le 12 novembre 1947. Les forces britanniques ont appris que des membres du groupe de résistance Lehi (groupe Stern) s’entraînaient dans une maison de Ra’anana et sont arrivées sur les lieux pour les empêcher de continuer.

Les documents détaillent l’arrivée de la police sur les lieux vers 10 h 05 et signalent que “quatre filles et quatre à neuf jeunes étaient dans la maison et armés de [balles réelles]. »

Le rapport indique ensuite que le commandant « a vu ses forces en danger immédiat » et leur a ordonné d’ouvrir le feu sur les membres du groupe Stern, qui ont tenté de s’échapper dans plusieurs directions.

Trois jeunes filles, Yehudit Cohen, Sarah Belski et Leah Gintzler, toutes âgées de 15 à 18 ans, ont été tuées lors de la confrontation, ainsi que Shalom Makharovsky, 16 ans, et leur instructeur de tir Yitzhak Moskowitz, 19 ans. Bien que les Britanniques aient affirmé que leurs forces étaient en danger, des témoins oculaires de l’époque leur ont reproché d’avoir tué les enfants « de sang-froid », selon Ynet. Peleg Levi, qui a créé le documentaire « Les enfants de Ra’anana », a examiné les dossiers et a déclaré :

« Il ne fait aucun doute que les enfants qui se sont enfuis du bâtiment ne constituaient pas une menace, comme le montre le fait qu’aucun soldat britannique n’a été blessé dans l’incident.

Nous savons que ces cinq enfants ont été abattus alors qu’ils s’enfuyaient. Ce témoignage est crucial et aide à la poursuite des recherches en montrant l’événement en temps réel du point de vue britannique. »

Un autre incident, le meurtre de Meiur Plaskowski et de son fils Reuven le 17 septembre 1947 aux mains d’un soldat britannique, a été révélé comme ayant été intentionnellement couvert par la police britannique. Les registres de la police de ce jour-là rapportent qu' »un accident s’était produit sur la route… et que deux personnes avaient été gravement blessées et que le véhicule W.D. impliqué n’avait pas réussi à s’arrêter. »

Le soldat avait déclaré avoir perdu le contrôle de son véhicule et avoir heurté un arbre sur le bord de la route, et ne pas s’être rendu compte qu’il avait renversé quelqu’un.

Les nouveaux documents, cependant, montrent qu’un homme juif nommé Shneur Zalman Gonik avait fait une déclaration de témoin oculaire disant qu’il avait vu le char tourner et frapper délibérément la moto, tuant le père et son fils.

« La moto était à 15 mètres devant moi », a déclaré Gonik, cité par le journal britannique Jewish Chronicle. « Devant nous deux se trouvait un véhicule blindé militaire. Soudain, je l’ai vu faire une embardée et percuter la moto. Un nuage de poussière s’est élevé et après qu’il se soit dissipé, j’ai vu le conducteur de la voiture blindée perdre probablement le contrôle et zigzaguer sur la route.

À environ cinq mètres devant moi, il a repris le contrôle des véhicules, s’est déplacé de l’autre côté de la route, a heurté une clôture, puis un arbre et s’est arrêté. Je n’ai vu aucune autre voiture derrière ou devant nous. Il n’y avait personne sur la route à part le véhicule blindé, la moto et ma voiture ».

Selon le Dr Saul Zadka, auteur de Blood in Zion, une histoire de la lutte armée juive en Palestine, l’attaque était une « riposte » ciblée au hasard après que l’Irgoun ait pendu deux sergents britanniques à l’extérieur de Netanya, rapporte le Jewish Chronicle.

« Ce ne sont là que quelques exemples de la conduite britannique en Palestine, principalement au cours des quatre dernières années du mandat. Les tueries ne sont pas seulement le fait d’individus », ajoute le Dr Zadka. « Frapper des civils devient plus courant au fur et à mesure que les Britanniques perdent la guerre contre les groupes clandestins hébreux qui luttent pour l’indépendance. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Pierre Rehov pour Dreuz.info.

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https://www.jpost.com/israel-news/police-covered-up-deaths-in-mandatory-palestine-new-documents-show-675459

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