Publié par Pierre Rehov le 1 août 2021

Comment une chercheuse émérite, disciple d’Axel Kahn, a-t-elle basculé dans le camp des fanatiques covido-sceptiques et des antivax, s’aliénant une partie de la communauté scientifique ?

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Alexandra Henrion-Caude, directrice de recherche à l’INSERM jusqu’en 2018, et qui s’affiche désormais aux côtés du chanteur Francis Lalanne et de l’humoriste Jean-Marie Bigard, est devenue la caution scientifique de ceux qui ne comprennent pas la science, et n’avouent tout simplement pas qu’ils ont peur – et ils ont le droit – du vaccin.

Ses dérives ont fini par lasser Axel Kahn. «C’est un de mes enfants qui est tombé», a déclaré au Parisien le généticien, qui dit d’elle que c’est une «très remarquable jeune femme, très intelligente. Une scientifique de très bon niveau» – comme quoi l’un n’empêche pas l’autre, nous le voyons quotidiennement avec la théorie du genre où des scientifiques affirment qu’il existerait plus de deux sexes, et le réchauffement, pour lequel ils déclarent que l’homme réchauffe l’univers avec sa petite voiture.

En octobre 2020, Kahn disait de son ancienne doctorante qu’elle était «à la limite d’un engagement religieux et sectaire». (Henrion Caude est une catholique convaincue et militante qui a tendance à faire passer ses convictions religieuses avant ses devoirs scientifiques. Si elle était Amish plutôt que catholique, il est certain qu’elle renierait les bienfaits de l’électricité « vecteur du diable ») Pour ces propos, Alexandra Henrion-Caude attaquera Axel Kahn pour diffamation, avant de faire marche arrière (via son avocat).

«C’est l‘histoire d’une folie douce, elle est rentrée dans un truc dont elle ne peut plus sortir», affirme le Dr Jérôme Marty, président de l’UFMLS.

Depuis le mois de juillet 2020, Alexandra Henrion-Caude met en doute à peu près tout : les masques, le confinement, les tests de dépistage, les vaccins, le passe sanitaire. Personne ne serait surpris si elle niait jusqu’à l’existence du coronavirus, ou affirmait qu’il a été inventé par Bill Gates … Elle est l’une des intervenantes du documentaire très décrié, Hold-up, diffusé en fin d’année dernière.

La généticienne réfute le qualificatif de complotisme, une accusation dont abuse la gauche pour diaboliser le messager quand elle n’a pas l’intellect suffisant pour contrer le message, et pour contester tout point de vue divergent du sien. Elle affirme qu’elle ne fait qu’exercer son esprit critique de scientifique, ce qui est certain, mais là n’est pas le problème : l’esprit critique n’est pas un label de qualité. Et bien entendu, elle considère que les vaccins à ARN sont dangereux, et a déclaré que c’était une «folie» de les «administrer à des individus sains», sur le plateau de TV libertés. Israël et d’autres pays qui ont très tôt vacciné lui prouve qu’elle est dans l’erreur.

Le vaccin va modifier votre code génétique

«Cette injection, non reconnue comme étrangère va rentrer son code génétique chez vous, donc va vous modifier génétiquement», avait-elle expliqué dans une interview, faisant référence à la «transcriptase inverse», une enzyme utilisée par certains virus pour rétrotranscrire l’ARN en ADN.

« Impossible dans le cas du coronavirus », répondait Frédéric Rieux-Laucat, directeur du laboratoire d’immunogénétique des maladies auto-immunes pédiatriques de l’INSERM, sur France Info.

Et bien entendu, personne, dans le grand public, n’est capable d’arbitrer cette querelle d’experts, ce qui n’empêche pas de prendre parti.

L’Inserm se désolidarise

L’institut a été passablement perturbé par les interventions de son ancienne directrice de recherche, qualifiant certains de ses propos «de prises de paroles inexactes, de désinformation ou de rumeurs». Ou de dérapage, comme lorsqu’elle compare l’obligation vaccinale au STO (service de travail obligatoire) imposé par les Allemands pendant l’occupation en France.

Des puces dans votre cerveau

Alexandra Henrion-Caude avait tenu des propos carrément complotistes en affirmant que les écouvillons (utilisés lors des tests) permettaient d’atteindre la «plaque cribriforme pour permettre de passer des nanoparticules, des nouveaux modes de thérapie directement au niveau du cerveau».

Pourquoi complotiste ? Parce qu’aucun début de soupçon ne venait étayer ses accusations. L’accusation avait d’ailleurs été démentie par des scientifiques.

La chercheuse harangue désormais les activistes anti-masques, anti-passe sanitaire, anti-vax, et le 22 mai dernier, elle était au Trocadéro avec Jean-Marie Bigard, insultant l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui est loin d’être blanc-bleu dans l’histoire de médicaments pour soigner les gens atteints. Le fait d’avoir du jour au lendemain diabolisé l’hydroxy, un vieux médicament générique pour lequel les laboratoires n’ont rien à gratter, n’a pas contribué à emporter la confiance : eussent-ils voulu encourager les gens à se méfier un peu plus des labos qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.

Apprenant sa mise en cause, Axel Kahn avait répondu sur le ton de l’humour juif ashkénaze* : «Chouette, une ultime bonne action avant de mourir. Gratuite, en plus», dans un tweet. Le frère du journaliste Jean-François Kahn est décédé le 5 juillet dernier.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Rehov pour Dreuz.info.

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Source : https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/sante-publique/de-linserm-aux-covido-sceptiques-letonnante-derive-de-la-geneticienne-alexandra-henrion-caude

* Son père était un juif alsacien, et sa mère une fervente catholique.

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