Publié par Michèle Mazel le 10 août 2021

Dans ce ghetto à ciel ouvert qu’est nous dit-on la Bande de Gaza, ce territoire martyrisé qu’Israël aurait renvoyé à l’âge de pierre lors de la dernière confrontation et où plus de la moitié de la population est en dessous du seuil de pauvreté,  il y a encore quelqu’un qui veille sur l’ordre et la moralité.

La moralité islamique s’entend bien sûr. Vendredi 6 août, un engin explosif est venu interrompre une soirée scandaleuse qui se tenait sur la plage de Beit Lahya au nord de l’enclave palestinienne.

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Il y avait là des hommes et des femmes sans aucune séparation entre eux comme il se doit.

Ils étaient venus écouter de la musique. Quel genre de musique ? 

On l’ignore mais évidemment, cela pouvait les inciter à danser en couple, ce qui aurait constituer une atteinte plus grave encore aux bonnes mœurs.

Ce qui retient l’attention dans ce fait-divers qui s’est terminé sans faire de victimes, c’est tout d’abord l’identité du mouvement qui en est à l’origine.

Il ne s’agit pas du Hamas, ni même du Jihad Islamique mais d’un groupuscule qui s’inspire de l’Etat islamique – Daesh – qui semait naguère la terreur dans tout le Moyen Orient mais qui est aujourd’hui bien diminué. Il s’était adressé au Hamas pour exiger que la rencontre impie soit interdite et ses organisateurs jetés en prison ; n’ayant pas reçu de réponse il était passé à l’acte.

Un acte promptement condamné par le Centre Palestinien pout les Droits de l’homme dont le siège est à Gaza et qui réserve d’ordinaire ses foudres à Israël.

Le Hamas, qui n’a pas apprécié de voir son autorité ainsi bafouée a réagi vigoureusement.

Un ou plusieurs suspects auraient déjà été arrêtés et les membres du groupe vont désormais être suivis de plus près. 

Le deuxième point qui appelle à la réflexion est relatif à l’endroit où s’est produit ce mini drame.

On aurait pu croire que les malheureux gazaouis en sont réduits par ces temps difficiles à se réunir sur une plage pour profiter d’un peu de fraicheur. Or il s’avère que ce n’est pas le cas. 

Ce soir-là, le concert en plein air était réservé à un public qui pouvait se permettre de fréquenter le dernier en date des établissements de luxe s’adressant à une clientèle fortunée.

« Bianco Resort » offre non seulement une plage de rêve avec chaises longues, parasols et maître-nageur, mais encore une superbe piscine et une seconde plus petite pour les enfants ; spa ; tennis, bars et restaurants et même boutiques de luxe. Sans parler bien évidemment des suites et chalets avec vue imprenable sur la mer.

Un personnel de 120 employés aussi stylés que déférents et là pour répondre aux moindres désirs de ses clients. [i] 

Heureusement l’explosion n’a fait qu’endommager le mur d’enceinte de cette station balnéaire haut de gamme. 

Ecoutons le centre palestinien pour les droits de l’homme : « « Nous soulignons qu’il importe de soutenir ces projets, qui contribuent à soutenir le tourisme intérieur, à améliorer l’économie palestinienne, à créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et à atténuer les effets du siège [sur la bande de Gaza]. »

Dernier point à méditer, les correspondants étrangers présents à Gaza n’ont pas jugé de commenter l’événement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

[i] Promotional Video for Bianco Resort in Gaza | MEMRI

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