Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 août 2021

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Pfizer est la troisième plus grande société pharmaceutique au monde selon les revenus tirés des médicaments sur ordonnance.

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Conflit d’intérêts : Aux fins de transparence totale, je précise ne posséder aucune action Pfizer ou ses filiales, directement ou indirectement, et n’avoir aucun lien avec aucun des employés de Pfizer.

L’entreprise basée à New York a généré environ 42 milliards de dollars de revenus en 2020. En 2020, Pfizer figurait parmi les cinq entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques les plus importantes, avec une capitalisation boursière d’environ 200 milliards de dollars. Pfizer Inc. fabrique, commercialise ou distribue plus de 313 médicaments aux États-Unis.

Quels sont les médicaments Pfizer ?

  • Lipitor, médicament contre le cholestérol, 3,175 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
  • Lyrica, pour la fibromyalgie et les douleurs nerveuses, 820 millions de dollars.
  • Celebrex, médicament contre les douleurs arthritiques, 669 millions de dollars.
  • Viagra, dysfonctionnement érectile, 549 millions de dollars, en hausse de 9 % des ventes
  • Effexor, antidépresseur, 520 millions de dollars
  • Xalatan/Xalacom, pression oculaire, 499 millions de dollars.
  • Norvasc, pour l’hypertension artérielle, 486 millions de dollars
  • Enbrel, anti-inflammatoire, $378 millions
  • Zyvox, antibiotique, 330 millions de dollars
  • Detrol/Detrol LA, vessie hyperactive, 309 millions de dollars.

Les cinq médicaments Pfizer les plus vendus de tous les temps

  1. Enbrel (Etanercept)
  2. Eliquis (Apixaban)
  3. Prevnar 13/Prevener
  4. Lyrica (Prégabaline)
  5. Lipitor
  • Pfizer a également une liste de médicaments délivrés sous ordonnance à coût zéro (1).

Les produits Pfizer sont développés par 1500 scientifiques qui ont supervisé plus de 500 000 tests de laboratoire et plus de 36 essais cliniques avant la première prescription.

Vaccin anti-covid

Le vaccin COVID-19 de Pfizer a été développé en coopération avec la société allemande de biotechnologie BioNTech. Il s’agit du premier vaccin COVID-19 largement approuvé par les autorités sanitaires.

BioNTech, une entreprise allemande, a été fondée en 2008 sur la base des recherches de Uğur Şahin, Özlem Türeci et Christoph Huber, avec un investissement de départ de 150 millions d’euros. Les activités de l’entreprise se concentrent sur le développement et la production de technologies et de médicaments pour l’immunothérapie individualisée du cancer.

BioNTech a reçu un soutien financier important du gouvernement allemand.

La technologie qui permet à l’ARN messager – un composant essentiel du vaccin – d’exister a été créée par l’Institut national de la Santé américain (National Institutes of Health).

Condamnations et affaires impliquant Pfizer

  • En septembre 2009, Pfizer a été condamnée à payer 2,3 milliards de dollars pour commercialisation frauduleuse, soit le plus important règlement de fraude dans le domaine de la santé de l’histoire du ministère de la Justice américain, afin de régler les responsabilités pénales et civiles découlant de la promotion illégale de certains produits pharmaceutiques.
    Pfizer s’est livrée aux pratiques typiques des antipsychotiques – en commercialisant Geodon auprès de médecins pour des utilisations pour lesquelles il n’était pas approuvé – alors que la société était déjà soumise à un « accord d’intégrité » par lequel elle s’engageait à ne pas le faire.
  • En 2004, Warner-Lambert (racheté par Pfizer en 2000) a plaidé coupable pour résoudre les accusations criminelles et les responsabilités civiles liées à la promotion illégale et frauduleuse par sa division Parke-Davis d’utilisations non approuvées du Neurontin, l’un de ses médicaments. Warner-Lambert a fait la promotion du Neurontin même lorsque des études scientifiques avaient montré qu’il n’était pas efficace. Pfizer a payé 435 millions de dollars.
  • Pfizer a signé le 30 juillet 2009 un accord avec l’Etat de Kano, au nord du Nigeria, pour verser des indemnisations de 75 millions de dollars après des tests médicaux qui auraient entraîné la mort d’au moins onze enfants et des dommages physiques à 189 autres, dont la cécité, la surdité, des dommages cérébraux et des paralysies.

    Je mentionne cette affaire pour mémoire, mais elle n’a pas sa place dans cette liste, car il s’agit d’un accord amiable qui n’est pas passé par une décision de justice ou une reconnaissance légale de responsabilité de la part de Pfizer. Notons en sus que le médicament concerné (un antibiotique) s’est révélé avoir des impacts hépatiques mais aucun impact sur le cerveau, les morts et dommages étant dans ce cas très probablement plus dus aux épidémies de méningite et de rougeole que Pfizer a utilisée pour tester, sans l’accord des autorités régulatrices du pays, son nouveau (et abandonné) antibiotique.
  • Septembre 2009 : Promotion hors AMM du Bextra, du Geodon, du Zyvox et du Lyrica.
  • 2010. Le scandale Reuben est l’un des cas les plus vastes de fraude universitaire, où l’un des chercheurs les plus prolifiques en anesthésiologie a fabriqué une grande partie des données sur lesquelles reposaient ses recherches.

    Le chercheur, le Dr Scott S. Reuben, anesthésiste à Springfield (Massachusetts), qui a exercé au Baystate Medical Center, a fabriqué des données dans certains ou dans l’ensemble des 21 articles de journaux scientifiques datant au moins de 1996. La fiabilité de dizaines d’autres articles qu’il a écrits est incertaine, et la pratique courante – soutenue par ses études – consistant à administrer aux patients des médicaments de type aspirine et des médicaments contre la douleur neuropathique après une intervention chirurgicale au lieu de narcotiques est maintenant remise en question.

    Le géant pharmaceutique Pfizer a financé une grande partie des recherches du Dr Reuben entre 2002 et 2007. Nombre de ses essais ont montré que Celebrex et Lyrica, des médicaments Pfizer, étaient efficaces contre la douleur postopératoire.

    Le Dr Steve Shafer, rédacteur en chef d’Anesthesia & Analgesia, qui a publié de nombreux articles, a déclaré qu’il envisageait de retirer toute étude dans laquelle le Dr Reuben jouait un rôle central.
  • Octobre 2011 : Promotion hors AMM du Detrol
  • Suite à une affaire datant de 2012, Pfizer devrait finalement verser un total d’environ 1,2 milliard de dollars pour régler les procès dans lesquels les effets secondaires du Prempro auraient provoqué un cancer du sein chez les femmes.
    Le fabricant de médicaments a déjà versé 896 millions de dollars pour régler environ 6 000 poursuites pour cancer du sein liées au Prempro, et Pfizer a maintenant mis de côté 330 millions de dollars supplémentaires pour couvrir les 4 000 restants, selon un dépôt auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC).
    Environ 10 000 femmes ont intenté un procès après avoir prétendument développé un cancer du sein à cause du Prempro. Dans le cadre de ce litige, 11 des 21 cas présentés à un jury ont abouti à un verdict en faveur de la plaignante.
  • En 2014, l’ensemble des quelque 2 900 actions en justice intentées contre le médicament de sevrage tabagique Chantix ont été réglées par Pfizer pour un montant d’environ 300 millions de dollars, et un juge fédéral de l’Alabama a décidé au début du mois de décembre 2014 que le litige à l’échelle nationale devait être rejeté.
  • 2016. Montant de l’accord : 490,9 millions $. Wyeth Pharmaceuticals Inc, une société pharmaceutique acquise par Pfizer en 2009, a accepté de payer 490,9 millions de dollars pour mettre fin à sa responsabilité pénale et civile découlant de la commercialisation illégale du médicament sur ordonnance Rapamune pour des utilisations non approuvées comme sûres et efficaces par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.
  • 2016. Wyeth et Pfizer ont accepté de payer 784,6 millions de dollars pour mettre fin à une action en justice alléguant que Wyeth a sous-payé des remises de médicaments à Medicaid.
    Wyeth avait sciemment déclaré au gouvernement des prix frauduleux pour deux de ses médicaments inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), Protonix Oral et Protonix IV. 
    Pfizer a acquis Wyeth en 2009, environ trois ans après que Wyeth ait mis fin à la conduite qui a donné lieu au règlement.
  • 2020. En décembre 2016, à l’issue d’une enquête approfondie, la CMA britannique (Autorité de la Concurrence et des Marchés) a estimé que Pfizer et Flynn avaient enfreint le droit de la concurrence en pratiquant des prix injustement élevés pour les gélules de phénytoïne sodique, un important médicament antiépileptique.
    Dans sa décision de 2016, la CMA a estimé que le comportement de Pfizer et Flynn constituait une violation particulièrement grave de la loi et a imposé des amendes d’un montant total de 90 millions de livres sterling.
    Dans un communiqué de décembre 2016 Pfizer avait contesté les accusations, le groupe indiquant qu’il « allait faire appel de tous les aspects de la décision ». Mais en mars 2020, un arrêt de la Cour d’appel confirmait les premières sanctions dans l’affaire Phénytoïne.
    Les prix pratiqués au Royaume-Uni étaient également plusieurs fois supérieurs aux prix pratiqués par Pfizer pour le même médicament dans tous les autres pays européens où il vendait les mêmes gélules.

Pfizer, Trump et le vaccin

La recherche et le développement des vaccins ont été financés par l’opération Warp Speed* du président américain Donald Trump.

Le 9 novembre, Pfizer a annoncé dans un communiqué de presse – et non dans une revue à comité de lecture – que les résultats provisoires de l’évaluation de l’efficacité du vaccin candidat BNT162b2 montraient un taux de réussite de 90 % dans la protection contre l’infection par le COVID-19 (2), ce qui en faisait l’un des premiers et des plus prometteurs vaccins potentiels à ce jour.

Les observateurs conservateurs ont bien entendu noté que l’annonce de Pfizer a été faite presque une semaine APRÈS l’élection. Si elle avait été faite une semaine AVANT, Donald Trump aurait été réélu.

Les politiciens n’ont pas tardé à réagir

  • Joe Biden et Kamala Harris ont déclaré publiquement qu’ils ne faisaient pas confiance au vaccin de Trump et qu’ils ne se feraient pas vacciner tant que Trump serait président.
  • Les médias – c’est-à-dire les activistes de gauche – ont déclaré : « Bien que les résultats très préliminaires du vaccin semblent prometteurs, un examen détaillé des résultats rapportés a révélé qu’il y a lieu d’être prudent », sans fournir plus d’information : ils n’en avaient pas.
  • Le vice-président américain Mike Pence a déclaré dans un tweet que le partenariat public-privé entre l’administration du président américain Donald Trump et Pfizer a conduit au succès du vaccin :

L’administration Trump a acheté 200 millions de doses du vaccin de Pfizer et a obtenu des options pour 400 millions d’autres. L’équipe de Trump a également obtenu 200 millions de doses du vaccin de Moderna, avec des options pour 300 millions de plus.

* Qu’est-ce que l’opération Warp Speed ?

L’accord entre la Maison-Blanche et Pfizer a été annoncé dans un communiqué de presse du mois de juillet 2020 qui décrivait l’offre du gouvernement américain d’acquérir 100 millions de doses (avec l’option d’acquérir jusqu’à 500 millions de doses supplémentaires) d’un vaccin – en attente d’approbation par la Food and Drug Administration (FDA) américaine – pour 1,95 milliard de dollars.

Le site internet du ministère de la Santé et des Services sociaux indiquait :

  • qu’en mars 2020, le HHS avait donné 456 millions de dollars à Johnson & Johnson pour l’aider à trouver un vaccin.
  • En avril, il avait donné 483 millions de dollars à Moderna.
  • En mai, il a annoncé qu’il fournirait jusqu’à 1,2 milliard de dollars aux efforts d’AstraZeneca.
  • Puis, fin juillet, un accord différent fut conclu avec Pfizer, à savoir un engagement d’acheter pour 1,95 milliard de dollars de vaccin, alors que l’investissement initial de Pfizer a représenté 2 milliards de dollars.
  • En d’autres termes, si Pfizer n’a pas reçu de paiements directs du gouvernement américain pour développer le vaccin, elle s’est néanmoins appuyée sur des fonds publics et des technologies soutenues pour produire le vaccin, et a reçu une commande qui couvrait son investissement.

« Aujourd’hui est un grand jour pour la science et l’humanité. La première série de résultats de notre essai de phase 3 sur le vaccin COVID-19 fournit les premières preuves de la capacité de notre vaccin à prévenir le COVID-19 », a déclaré le Dr Albert Bourla, président-directeur général de Pfizer, le 9 novembre 2020.

Prix du vaccin

  • Le 11 novembre 2020, l’Union européenne a précommandé 300 millions de doses Pfizer, à un prix initial de 12 € par dose.
  • Le secrétaire d’État au budget de la Belgique, Eva De Bleeker, avait accidentellement révélé le prix d’achat du vaccin par dose convenu par l’UE avec différentes sociétés : Oxford-AstraZeneca à 1,78 € ; Johnson & Johnson à 8,50 $, Sanofi-GSK à 7,56 €, CureVac à 10 € et Moderna à 18 $.
  • Le même mois, Israël a commandé 8 millions de doses de Pfizer à 23,50 $ la dose.
  • En mai 2021, Pfizer/BioNTech, Moderna et Johnson & Johnson se sont engagés au cours d’un sommet du G20, à fournir à prix coûtant ou réduit 3,5 milliards de doses de vaccin aux pays les plus pauvres en 2021 et 2022.

    Environ 1,3 milliard de doses seront livrées en 2021, le reste en 2022.

    Elles seront vendues à prix coûtant pour les pays à faible revenu et à prix réduit pour les pays à revenu intermédiaire.

Revenus du vaccin

Le vaccin est actuellement la principale source de revenus de Pfizer. Tout en tirant profit du vaccin, la société a rendu les injections abordables, du moins du point de notre point de vue de consommateur américain. La société a vendu les vaccins pour un prix à peu près équivalent à celui d’un vaccin contre la grippe, soit environ 19,50 dollars par dose, soit moins de 40 dollars pour être totalement vacciné. D’autres vaccins coûtent des centaines de dollars.

  • Le vaccin COVID-19 de Pfizer a rapporté à la société 3,5 milliards de dollars au premier trimestre 2021, a annoncé la société le 4 mai dernier.
  • Pfizer a vendu pour 7,8 milliards de dollars de vaccins Covid au deuxième trimestre et a relevé ses prévisions de ventes de vaccins pour 2021.
  • Le vaccin contre le coronavirus a représenté près d’un quart du revenu total de la société de janvier à mars 2021, selon le rapport sur les résultats du premier trimestre.
  • Le fabricant de médicaments devrait tirer près de 26 milliards de dollars de revenus totaux de ses vaccins cette année. Ces chiffres sont basés sur les contrats signés à la mi-avril, qui demandent à la société de fournir 1,6 milliard de doses du vaccin COVID-19, indique le rapport.
  • Pfizer a refusé de divulguer le montant des bénéfices réalisés grâce au vaccin. Cependant, un rapport de février suggérait que ses marges bénéficiaires sur les doses de vaccin COVID-19 atteindraient environ 900 millions de dollars de bénéfices avant impôts pour le premier trimestre.

Pour aller plus loin…

Un porte-parole de Pfizer a déclaré qu’au cours du développement initial du vaccin, les pays qui n’avaient pas encore été touchés par le virus étaient peu intéressés à acheter des doses auprès de la société.

Le 25 juin 2021, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a ajouté un avertissement concernant le risque d’inflammation cardiaque rare (myocardite) aux spécifications des vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://pfizerplus.com/docs/zero_copay_prescription_drug_list.pdf
  2. Les dernières études ont révélé que l’efficacité du vaccin était la plus forte, à 96,2 %, entre une semaine et deux mois après l’administration de la deuxième dose.

    Elle diminue ensuite en moyenne de 6 % tous les deux mois, selon l’étude, qui a recruté plus de 44 000 personnes aux États-Unis et dans d’autres pays. L’efficacité après « quatre à six mois est d’environ 84 % ».

« Nous avons également vu des données provenant d’Israël qu’il y a un déclin de l’immunité et que cela commence à avoir un impact sur ce qui était auparavant une protection de 100% contre l’hospitalisation. Aujourd’hui, après la période de six mois, le taux est passé de 90 à 80 % », a déclaré M. Bourla.

« La bonne nouvelle est que nous sommes très, très confiants dans le fait qu’une troisième dose, un rappel, portera la réponse immunitaire à des niveaux qui seront suffisants pour protéger contre la variante delta ».

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