Publié par Magali Marc le 19 septembre 2021

À cause d’une nouvelle alliance entre le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie pour faire face à la Chine dans le Pacifique, les États-Unis ont décidé de donner à l’Australie la technologie nucléaire américaine pour ses sous-marins. Cela a eu pour effet de supprimer le contrat que l’Australie avait conclu avec la France. Joe Biden aurait pu contacter les Français, les mettre au courant et trouver un moyen de les inclure dans l’entente. Mais il ne l’a pas fait, pas plus qu’il n’a prévenu ses principaux alliés, tels que la Grande-Bretagne et la France, qu’il prévoyait de retirer les troupes américaines d’Afghanistan. Du coup, la France a rappelé ses ambassadeurs des États-Unis et de l’Australie. Ce coup bas a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Monica Showalter, paru sur le site American Thinker, le 18 septembre.

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Un autre fiasco de politique étrangère : Biden parvient à mettre à mal les liens des États-Unis avec… la France

Avoir « tort sur presque toutes les grandes questions de politique étrangère et de sécurité nationale au cours des quatre dernières décennies » conduit l’Amérique dans des eaux inconnues et très bizarres.

C’est ce que Joe Biden a fait, confirmant ainsi le résumé mémorable de Bob Gates concernant son bilan.

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Cela nous amène au dernier fiasco de Biden : sa rupture sans précédent des relations des États-Unis avec la France.
Voilà pour le « retour à la diplomatie », le slogan de campagne sur lequel il s’est présenté et qu’il a beaucoup répété depuis.

Si l’on en croit ce dernier exemple de «diplomatie», Joe Biden est un boulet de démolition diplomatique.
Selon France24 :

« La France a rappelé vendredi ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie à cause d’une querelle féroce portant sur le démantèlement d’un contrat de sous-marin, une mesure sans précédent qui a révélé l’étendue de la colère française contre ses alliés. Le président Emmanuel Macron a pris cette décision exceptionnelle en raison de la « gravité des annonces faites le 15 septembre par l’Australie et les États-Unis », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un communiqué.
Ce rare retour de bâton diplomatique contre les alliés de la France est intervenu deux jours après que l’Australie a annoncé qu’elle renonçait à un achat important de sous-marins conventionnels français au profit de sous-marins américains à propulsion nucléaire.
Cette annonce constitue « un comportement inacceptable entre alliés et partenaires », selon le communiqué.
»

Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, l’a qualifiée de « coup de poignard dans le dos ».

Whoah ! Ça c’est de la diplomatie, Joe.

Et ça vient de France, une nation qui a toujours été bien disposée envers Joe Biden. Le secrétaire d’État de M. Biden, Antony J. Blinken, a grandi en France et parle couramment le français. Il faut être fort pour faire échouer les négociations avec la France en partant de ce fondement, mais Joe a réussi à le faire.

Le problème qui a déclenché le rappel rare et sans précédent d’un envoyé pour la première fois dans cette relation bilatérale (normalement ce genre de chose se produit avec des pays comme le Venezuela) a été dû à la gestion de la relation par Joe Biden.

Le problème était la nouvelle alliance entre le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie pour faire face à la Chine, dans le Pacifique. Cette alliance comprenait un projet destiné à donner à l’Australie la technologie nucléaire américaine pour ses sous-marins. Cela signifiait que le contrat précédent de l’Australie avec la France pour des sous-marins à moteur diesel devait disparaître.

Il est tout à fait possible qu’avec la Chine qui se déchaîne et qui montre des signes de vouloir s’emparer de la mer de Chine méridionale, ce soit une bonne idée de faire participer l’Australie au programme de sous-marins à propulsion nucléaire.

La Grande-Bretagne et l’Australie sont des alliés particulièrement compatibles et proches des États-Unis, faisant tous partie de l’accord de partage des renseignements connu sous le nom de «Five Eyes» («cinq yeux»), et ayant été dans le même bateau dans la plupart des conflits des XXe et XXIe siècles.

Mais la France aussi est un allié, et pas un allié sans importance. La France est une grande puissance à part entière, avec une présence permanente dans les océans Indien et Pacifique, assez proche de l’action en mer de Chine méridionale – Nouvelle-Calédonie, etc. Le fait qu’elle ne soit pas incluse dans cette alliance n’a pas vraiment de sens.

La mauvaise gestion vient du fait que Joe Biden a apparemment lancé cette affaire à l’insu des Français, l’Australie ayant soudainement abandonné ses contrats de sous-marins français à propulsion diesel au profit d’un contrat américain pour des sous-marins à propulsion nucléaire, mettant ainsi au rebut les 50 à 90 milliards de dollars de revenus contractuels attendus par la France. Cela a dû impliquer beaucoup de planification et de projection, sur la base de la stabilité du contrat et de la relation.

Avec Joe Biden, tous les paris étaient ouverts, les États-Unis sont devenus instables, et la France a été laissée pour compte. Les Français ont de bonnes raisons d’être colère.

C’est un cas typique de mauvaise gestion façon Joe Biden, sa tendance à prendre des décisions à l’emporte-pièce (après avoir consulté Jill ?) et à changer de cap en cours de route pour on ne sait quelle raison.

Si Joe Biden voulait que cette affaire se déroule sans accroc, il aurait dû prévoir de faire participer la France d’une manière ou d’une autre, peut-être en compensant par d’autres moyens les revenus contractuels perdus ou en lui faisant faire des parties du projet qui n’impliquent pas de technologie nucléaire, en réorientant son contrat sans que la France perde son contrat durement gagné. Au minimum, la France aurait dû être contactée et rassurée. C’est ce qu’on appelle la diplomatie.

M. Biden n’a rien fait de tout cela, pas plus qu’il n’a prévenu ses principaux alliés, tels que la Grande-Bretagne et la France (une fois de plus !), qu’il prévoyait le retrait des troupes américaine d’Afghanistan. Il a fait déguerpir l’armée américaine sans en informer ses alliés au préalable.

Joe Biden a refusé de prendre les appels téléphoniques du Premier ministre britannique Boris Johnson pendant plus de 24 heures après le début de la débâcle en Afghanistan, disant effectivement à la Grande-Bretagne que cela n’avait pas d’importance. La France a été une victime similaire de cette brusque prise de décision. Avec la mise au rebut du sous-marin, cela a dû être la goutte qui a fait déborder le vase.

Ce n’est pas ainsi que l’on fait de la diplomatie. C’est plutôt la manière dont fonctionnaient des dictateurs fous comme Hugo Chávez et Moammar Kadhafi.

La France est notre plus ancien allié, celui dont les contributions à des moments critiques de notre histoire ont été indispensables notamment lors de la guerre d’Indépendance de 1783 – une aide coûteuse, qui a coûté la vie à la monarchie française une décennie plus tard.

C’est la France qui nous a vendu le vaste territoire de la Louisiane en 1803, ouvrant la voie à l’expansion continentale des États-Unis, les aidant à devenir une grande puissance.

Sans la France, pas de Destinée manifeste, et certainement pas d’acquisitions territoriales supplémentaires.

La France a été notre alliée pendant deux guerres mondiales et, à ce jour, elle traite les tombes de nos soldats américains en Normandie avec la plus grande révérence et le plus grand respect.

La France nous a appuyés lors de nos récentes excursions en Irak et en Afghanistan, en grognant parfois mais, contrairement à beaucoup de nos alliés, en faisant ce qu’il fallait.

Plus important encore, la France a été notre alliée inestimable dans la guerre mondiale contre le terrorisme.

L’autre jour, les Français ont transformé le grand terroriste d’ISIS qui, en 2017, a assassiné quatre militaires américains au Niger en une tache de graisse sur le sol du désert du Sahara. Des alliés ayant ce genre d’engagement et d’amitié de longue date ne se rencontrent pas facilement.

Alors que fait Joe Biden avec ce genre d’alliance ? (…)

Il a annulé leur contrat de sous-marin et leur a offert une communication zéro, et eux signalent maintenant qu’ils en ont assez.

Ce genre de réaction ne s’est jamais produit pendant les années Bush, lorsque certains ont critiqué la France pour sa lâcheté face au terrorisme, et il ne s’est jamais produit pendant les années Trump, lorsque les relations étaient censées être à leur nadir. Mais Joe Biden est parvenu à l’obtenir.

C’est le nadir des relations américano-françaises, et vous pouvez parier que la Chine regarde cela avec un sourire en coin.

Une fois de plus, Joe Biden est responsable, tout comme il l’était du désastre en Afghanistan.

M. «L’Amérique est de retour» voulait signifier, en fait, que l’Amérique est à l’envers.

Que va-t-il encore gâcher après ça ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Americanthinker

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