Publié par Mireille Vallette le 13 septembre 2021

Salut les amis ! Je quitte la scène où se joue notre défaite et leur victoire. Après quelque 600 textes, je tire ma révérence. Je me suis battue depuis dix ans pour la démocratie, la liberté, l’égalité entre hommes et femmes, toutes menacées par l’islam militant et ses alliés. Pour cette cause, j’ai arpenté sans trêve les « Boulevards de l’islamisme », ceux de Suisse en particulier. Mais l’arpenteuse fatigue.

J’ai utilisé ma boîte-à-outils professionnelle et résumé des pans d’histoire, des sondages, des enquêtes, réalisé des interviews, des portraits. J’ai raconté des tranches de vie des mosquées suisses et assisté à de nombreux débats, souvent seule à soulever quelques vagues dans ces « sommets nord-coréens » (Onfray dixit).

J’ai beaucoup lu, beaucoup cherché, beaucoup appris, beaucoup écrit. J’ai rédigé trois livres… Et un poème en prose.

Apprendre, comprendre, expliquer, démontrer, c’est le côté gratifiant de cette expérience. Être ignorée par les médias est son versant éprouvant. J’ai rencontré de nombreux politiciens, personnalités, socialistes et même alliés qui m’ont dit me lire régulièrement, m’apprécier, mais pour rien au monde n’auraient cité mon nom publiquement.

J’ai démasqué de nombreux hypocrites que les médias adorent interroger sans déranger. J’ai conquis de nombreux lecteurs sur mon blog -6000 visiteurs par mois- qui m’ont gratifiée de quelque 10’000 commentaires.

J’ai approfondi des thèmes et réalisé en particulier des dossiers sur le plus monstrueux crime contre l’humanité : les mutilations sexuelles que pratiquent essentiellement des sociétés musulmanes. Durant les folles années du MLF, Benoîte Groult et Edmond Kaiser nous ont fait découvrir ce fléau. Aucun pays exempt de population musulmane ne le pratique. Vu qu’il est tabou de le dire et que les organismes musulmans sont insensibles à ces barbaries, elles se perpétuent et sont même, démographie aidant, en augmentation.

Autre sujet fidèlement suivi depuis sa création en 2015 : le Centre suisse islam et société, fer de lance de l’islamisation de la Suisse, que financent les pouvoirs publics.

Rien ne change, au contraire. Lutter contre l’immixtion de l’islam dans la sphère publique devient une tâche titanesque que contrecarrent résolument les forces étatiques, antiracistes, médiatiques. Je n’espère plus un retour de lucidité.

Mes alliés, responsables et rédacteurs de sites qui mènent la même lutte que moi me dépriment souvent par leurs partis pris : contre l’avortement ou le suicide assisté. Sur le climat, ils ont tendance à tout nier. C’est hélas aussi dans « mes » rangs que les opposants à la « dictature sanitaire » abondent.

Je ne suis pas sûre d’avoir envie de construire l’avenir avec eux.

Deux ou trois choses que j’ai apprises de l’islam et de ses choristes

Pour vous un peu, pour moi beaucoup, je ne veux pas déserter sans un retour sur cette période. Je vais résumer quelques caractéristiques de l’islam et de l’islamisation que j’ai découvertes au fil du temps. (Les liens conduisent le plus souvent à des articles de mon blog)

Thèmes par ordre d’entrée en scène :

  1. La grande menace : le djihad culturel 
  2. L’islam, religion de l’étrange et du mimétisme 
  3. Mahomet, une idolâtrie meurtrière
  4. Halal: alerte au futur sacré
  5. L’Occident dans les sables mouvants
  6. L’insoutenable légèreté des journalistes et de leurs affidés
  7. Le centre du prosélytisme «moderne»
  8. Les offices d’intégration ouvrent la voie à la «cancel culture».

Brève bio : Le féminisme pour boussole

Interviews

Dessins d’après photos : Simon

1. La grande menace: le djihad culturel

Sandrine Ruiz, présidente de l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM). La religion doit impérativement être visible. Pour les femmes.

J’ai vite été convaincue que la menace d’une conquête totalitaire -culturelle, bigote et réactionnaire- était plus inquiétante en Suisse que le danger terroriste.

Je n’oublie cependant pas ce fléau qui «n’est pas l’islam», mais nait de l’islam. Une centaine de Suisses se sont envolés pour l’Etat islamique. Notre région francophone est en tête: «pratiquement tous lesdjihadistes suisses qui se sont hissés au sommet de l’EI sont originaires de Suisse romande» observe Juliette Noto, procureure de la Confédération. La scène islamiste romande est mieux organisée, précise-t-elle, en contact avec les réseaux francophones de France et de Belgique. En Suisse, l’immigration musulmane est principalement celle des Balkans (10% de la population du Kosovo a été accueillie en Suisse). Une frange de jeunes radicaux la travaillent.

La plupart des défenseurs de la plus belle civilisation que l’histoire ait connue, ont la tête chenue. C’est aussi une de mes raisons de désertion. Surtout que les générations qui suivent augurent mal de l’avenir. La plus jeune pourrait bien donner un coup de grâce civilisationnel, comme l’indiquent des études récentes. Lycéens français, janvier 2021:

  • 52 % des élèves refusent le «droit de critiquer une croyance, un symbole ou un dogme religieux» (78% des musulmans, 45 % des catholiques et 47 % des sans religion).
  • Plus d’un sur deux (52 %) est favorable au port de signes religieux dans les lycées publics(deux fois plus que l’ensemble de la population).
  • 49% ne voient pas d’inconvénient à ce que les fonctionnaires affichent leurs convictions religieuses.
  • 38% sont favorables à une loi autorisant les élèves à porter un burkini (63 % chez les élèves des zones les plus islamisées, 76 % chez les musulmans).

Les profs de moins de 30 ans, révèle une autre enquête, sont au diapason. Ils soutiennent à 57% le voile des étudiantes; à plus de 50% celui des femmes accompagnatrices, à 51% le port du burkini. Ils approuvent à 59% des horaires réservés aux femmes dans les piscines municipales.

En Suisse, le 7 mars 2021, les citoyens n’ont refusé qu’à 51,2% le port du niqab. De jeunes «féministes» musulmanes très actives, les «Foulards violets», ont probablement influencé le non. Durant la campagne, les écouter démolir notre pays, sans avoir le moindre intérêt pour les discriminations de leurs «sœurs» des sociétés régies par leur chère religion, m’a paru surréaliste.

2. L’islam, religion de l’étrange et du mimétisme

Durant la première moitié du XXème siècle, les rites s’assouplissaient (Egypte, Afghanistan, Iran, etc.), les femmes se libéraient. Le récit du Kabyle Jelil est frappant: «Ma famille suivait le ramadan, participait aux fêtes religieuses, c’est tout. Je n’avais jamais entendu parler de châtiments corporels. On ne parlait pas de religion.» Il n’a jamais respecté le ramadan sans que quiconque ne s’en offusque. «On vivait à l’occidentale, j’aimais les Beatles, les Rolling-Stone, Pink-Floyd… On pouvait sans problème déclarer que Dieu n’existait pas. Il y avait des bars, de l’alcool et même des bières made in Algeria!.

Mais déjà, les intégristes travaillaient la population. Les atrocités exploseront dans la décennie 1990.

La révolution iranienne de 1979 a entretemps surpris l’Occident et embrasé la sphère musulmane. Elle sera suivie d’une forte immigration de pays inaptes au développement.

Dans les démocraties, les réfugiés musulmans, minoritaires, estiment que leur religion ne peut survivre que si elle est réaffirmée et visible partout et par tous. Les attentats se multiplient, les représentants de l’islam l’en exonèrent. Ils exigent au contraire que cette religion soit considérée comme un modèle de paix et de tolérance. Ils imposent leurs marqueurs qui créent des conflits incessants. Nos sociétés laissent prospérer cette doctrine et ses porte-drapeaux.

L’islam militant est devenu un grand livre de recettes dans lequel les croyants les plus pieux puisent avec avidité. Certaines ont été inventées tout récemment, tel le halal (cf chap.3).

Règle du ramadan lue sur le site de l’Associations des musulmans de Fribourg en 2016 : « Si le jeûneur a un rapport avec son conjoint, il devra libérer un captif. Et s’il ne peut pas, il devra nourrir 60 pauvres. »

Les prescripteurs imposent des règles despotiques pour assurer leur pouvoir, les disciples les suivent pour assurer leur salut. Ils cherchent l’équilibre entre le VIIème et le XXIème siècle. Exemple: le burkini, pour l’aspect fidélité à l’obscurantisme, l’acceptation de femmes dans les piscines pour le versant modernité. Schizophrénie identitaire.

Pour savoir si tel ou tel comportement est autorisé, les «savants» plongent dans la débauche de textes accumulés depuis des siècles et sélectionnent les citations, versets et hadiths qui correspondent à leurs visées politiques.

Leurs livres sacrés précisent commentcroire, prier, se laver, manger, boire, voyager, se divertir, aimer, haïr… Ne pas suivre les injonctions fait faire un pas vers l’enfer, menace omniprésente. Les respecter fait faire un pas vers le paradis. Les bons points feront pencher la balance au jugement dernier.

Mais les nouvelles situations se multiplient. L’écrivain Hamid Zanaz raconte qu’Al-Azhar produit 700 fatwas par jour pour répondre aux mails qui lui parviennent, par exemple:«Comment prier en direction de La Mecque dans un avion?» «Est-il halal pour un homme d’entretenir une correspondance par messagerie avec une femme?» «Quand peut-on considérer que les règles d’une femme (réd: qui la rendent impure), sont finies?»

Le foulard fait partie des nouvelles obligations. Celle-ci est généralement résumée ainsi: «Selon l’islam, le foulard est obligatoire, mais les femmes font comme elles veulent». Posé sur un bonnet ou un bandeau, il cache les oreilles et le cou et ne laisse pas passer le moindre cheveu. Cet accessoire misogyne et liberticide fait partie «d’un monde clos qui se voit comme «pur» et «juste». C’est un désir infantile de diviser le monde en blanc et noir, en bon et mauvais, en pur et impur.» (S. Keller Messahli)

Les exégètes sont d’une précision mathématique. L’islam interdit aux femmes ayant leurs règles d’entrer dans une mosquée, de prier, de jeûner, de faire l’amour, de tourner autour de la Ka’ba, de lire le Coran. Selon un adepte de Hani Ramadan, les quatre écueils qui annulent les ablutions (d’autres savants en comptent seize), c’est s’assoupir, aller aux toilettes, dégager des gaz, toucher son sexe.

Mallory Schneuwly Purdie, l’une des têtes du Centre suisse islam et société, précise à une journaliste lors d’un atelier consacré à la sexualité: «Ce sont des femmes (réd. les participantes) en charge de cours de valeurs islamiques (…) elles introduisent les jeunes et les enfants aux formules rituelles qu’il faut réciter avant/après manger, avant/après aller aux toilettes, avant/après des relations sexuelles…Tout ce qui se rapporte à la façon dont le musulman va se comporter au quotidien par rapport à son corps, à sa famille, à son dieu.»

Les prières sont censées être faites impérativement à heures fixes, même si le Coran autorise le décalage. Mais exiger de pouvoir s’accroupir en tout temps et en tout lieu permet de provoquer, puis devant les protestations, de dénoncer à hauts cris l’«islamophobie».

Durant les loisirs, la prière est obligatoire et l’apartheid sexuel respecté. Garçons devant, filles bien emballées derrière.

Dès 4 ans, les enfants sont formatés à l’obsession religieuse. Ils apprennent, selon le Centre socioculturel des musulmans de Lausanne, des «notions de base de l’islam», participent à «des séances d’apprentissage du Coran», à des «journées en compagnie du Coran où les enfants apprennent le Coran». En islam, on apprend par cœur ce livre confus et souvent incompréhensible, ce qui procure un grand prestige.

Les enfants sont aussi censés maitriser l’arabe, cette langue de l’entre soi qui sépare les mécréants des croyants.

Les bourgeons s’ouvrent avec une adhésion de tout leur être à cette religion et à la légitimité de ses rites. Ils participeront avec conviction à son expansion.

L’islam est si «sublime», qu’il est destiné à conquérir la planète entière. Comme on n’est pas sûr de convaincre, les exégètes ont imaginé quelques auxiliaires: condamnation à mort des apostats, retrait des enfants d’un parent accusé de «blasphème», interdiction pour une musulmane d’épouser un non-musulman. etc.

«Les amputations ? Mais sais-tu qu’il y a plusieurs avertissements avant ? Et pour qu’un adultère soit reconnu, sais-tu que la Loi exige quatre témoins?» (entretien avec une musulmane genevoise)

Dans nos sociétés, les «croyants» obligent encore quasi systématiquement le candidat au mariage non musulman à se convertir. Les moyens de contrainte? La menace de rejet, les pressions de la famille et de l’entourage, le refus des pays musulmans de reconnaitre le mariage, ce qui interdit par exemple au couple de prendre une chambre d’hôtel. Nouad Fathi se révolte dans une vidéo saisissante contre l’obligation de conversion de son mari à l’islam pour que son mariage suisse soit reconnu par le Maroc.

Ceux qui contrôlent les associations (ou mosquées) se proclament tous ouverts, «modérés» et convertis au «juste milieu», expression qui se veut rassurante. Mais Hani Ramadan, l’un des imams les plus vénéneux de Suisse, est un de leurs invités favoris. Certains ont sollicité Abu Ramadan, un imam de Bienne qui avait réclamé l’anéantissement des non-musulmans. Abu côtoyait souvent Hani Ramadan dans ces rencontres, de même que Lotfi Hammami qui coiffait l’Union neuchâteloise des associations musulmanes.

La clinique de Genolier fait supprimer les nus du peintre Jean-Blaise Evêquoz, soit la moitié des toiles de son exposition pour complaire à sa pudibonde clientèle.

Ces associations convient des personnalités du Moyen Orient et des extrémistes français à leurs manifestations. «Qatar Papers» de Chesnot et Malbrunot en cite quelques-uns: Hassan Iquioussen, Moncef Zenati, Nabil Ennasri.

Pour leurs formations, ces associations font volontiers appel à «d’éminents professeurs de Château-Chinon», pépinière de Frères musulmans.

A quel moment peut-on coller à ces fervents de l’islam l’étiquette d’islamistes ? J’ai tenté l’exercice avec des guides spirituels connus. Echec et mat.

3. Mahomet, une idolâtrie meurtrière

L’archange Jibril transmet le message d’Allah à Mahomet

La figure du prophète de l’islam est un obstacle majeur à son évolution.

C’est à mon avis un problème peu mis en évidence: l’idolâtrie insensée de Mahomet qu’enseignent les imams et autres propagateurs de l’islam. Et ceci malgré ce que raconte la biographie de référence de l’islam, la Sira. Elle montre un prophète magnifique, mais aussi guerrier, cruel, concupiscent, esclavagiste, qui s’octroie des femmes capturées, en reçoit en cadeau, viole et épouse une veuve après avoir décapité son père et son mari.

Les petits (et souvent les grands) musulmans ne lisent pas la Sira.

Très tôt, dans la tête comme dans le cœur, se grave chez les enfants la figure aimée, encensée, de l’ami, du guide, du modèle.Bon, juste, infaillible. Tellement infaillible que les législateurs musulmans ont décrété que quiconque l’insulte mérite la mort. Les braises couvent qui risquent à tout moment d’embraser les idolâtres.

Ces enfants qui entrent à l’école sont déjà imperméables à la raison. Pour beaucoup, tous les projets d’intégration et odes à la laïcité n’y pourront rien.

Les enfants sont englués dans la pâte, elle ne cessera de lever. Devenus adultes, ils entretiendront la ferveur. L’imam suisse Youssef Ibram: «Toucher à Mahomet, mon modèle de comportement, c’est comme toucher à mes parents.»

La Tradition décrit par le menu la vie de «l’Envoyé». Elle est minutieusement détaillée dans le corpus islamique, mais on n’en trouve presque pas trace dans l’Histoire.

Cette vie imaginaire a créé d’étranges interdits. C’est Mahomet qui a décidé que la lapidation et non le fouet devait punir l’adultère. C’est son appétit sexuel pour la femme de son fils adoptif qui a conduit l’islam à limiter drastiquement les droits des enfants adoptés. En droit islamique, ils ne peuvent pas porter le nom de leurs parents, figurer sur le livret de famille, hériter. Les services consulaires de nos sociétés respectent scrupuleusement et silencieusement ces discriminations. Les musulmans « ouverts et modérés » ne bougent pas un cil pour faire évoluer ces archaïsmes.

La vénération de Mahomet se traduit par la volonté d’interdire sa critique ou sa caricature dans nos sociétés. Au nom de Mahomet-le-Parfait, le monde musulman s’est embrasé. Contre les caricatures danoises (250 morts), contre les 14 minutes de vidéo intitulées « L’innocence des musulmans » (quatre morts, des pillages et des incendies), contre les dessinateurs de Charlie Hebdo (12 morts et de nombreux blessés graves), contre Samuel Pati et tant d’autres.

D’innombrables tentatives d’interdire telle production artistique qui met en cause le Beau Modèle a conduit à une autocensure généralisée. Puisque les musulmans adulent leur prophète, nous sommes priés d’éviter tout « blasphème ».

A partir de quand, offensés par une caricature, de petits endoctrinés devenus grands se mueront-ils en barbares ?

Mahomet est infaillible pour l’éternité. Combien de morts encore pour le rappeler ?

4. Halal : alerte au futur sacré

Spécialiste du halal, Florence Bergeaud Blackler a fait une démonstration magistrale du « marché de dupes » que représente cette dévote invention.

Son livre, « Le marché halal, naissance d’une tradition », montre que pour s’imposer, les prosélytes recourent aux plus fourbes mystifications.

Jusqu’au début des années 80, les pays musulmans importateurs de viande de l’Occident chrétien ne se soucient pas du mode d’abattage pratiqué. C’est le régime khomeyniste qui le premier exige un contrôle musulman sur les chaînes industrielles des pays occidentaux. L’abattage halal sera «réduit à un code –ce que les exégètes avaient évité de faire pendant 14 siècles». S’ensuit l’ouverture d’un immense marché que se disputent les sociétés occidentales et les mouvements islamiques. Les démocraties autorisent l’irruption du religieux dans des législations séculières qui font moult références à la «loi islamique».

Les écoles, les prisons, les entreprises subissent des pressions croissantes pour que leur clientèle musulmane puisse consommer et se comporter selon ses convictions.

La nourriture surtout est concernée, de même que les vêtements «modestes». Mais la gamme des denrées labellisables est illimitée: produits ménagers, cosmétiques, pharmaceutiques, sport, arts, finance. Un immense business se développe. Cette pratique permet de se sentir «purs». L’islamologue Marie-Thérèse Urvoy observe: «L’obsession de pureté et la crainte de toute souillure qui pourrait venir de l’extérieur est le fond de l’idée d’Oumma.»

Le tourisme «halalfriendly», appelé aussi par ses adeptes «tourisme éthique», soit pudibond et dogmatique, a la grande cote. Le marché se compte déjà en milliards de dollars. Dans les hôtels, on ne sert pas d’alcool, la plage, la piscine ou la salle de sport ont des créneaux réservés aux hommes à certaines heures, aux femmes à d’autres. Les articles de toilette ne contiennent pas d’alcool ou de graisse animale.

La bourgeoisie musulmane a les moyens de s’offrir la visite de sites, de préférence islamiques. La Malaisie et la Turquie sont de grandes sources à la fois de cette clientèle et d’investissements.  

Pour la Suisse, «on pourrait aussi imaginer de l’immobilier halal, avec par exemple un espace de prière orienté vers la Mecque, des alarmes pour les heures de prière, des espaces d’ablution séparés hommes-femmes», se réjouit une consultante en marketing. La société «Muzzbnb» qui se définit comme «un marché de l’hospitalité halal» réalise déjà en partie ce rêve en louant des appartements garantis halal.

Dans notre pays, «l’idée que les hôtels «muslim-friendly» peuvent aussi attirer une clientèle non-musulmane fait son bout de chemin». Ils proposent des hébergements qui «respectent les valeurs de la charia». Par exemple un «kit de prières» avec tapis, Coran et boussole. Certains réservent des espaces de baignade aux femmes ou aux hommes, dans les spas ou les piscines. Une étudiante suisse en tourisme, pas musulmane pour un sou, vante le filon: «Minibar sans alcool, menu sans porc: le tourisme halal serait une aubaine pour les hôtels valaisans».

Toujours plus près de Dieu, les jeunes ont un appétit croissant pour les produits halal.

Le halal est une autre forme de séparatisme. Ses adeptes déclinent les invitations de non-musulmans pour des repas, évitent les goûters partagés à l’école, esquivent les situations «à risque». «La question de la gélatine de porc, qui habite de nombreuses pâtisseries, a été traitée par les savants», rassure le cheikh français Moncef Zenati. Cette fraction de fidèles crée de nouveaux conflits en refusant de plus en plus de vendre ou de transporter des produits illicites.

Une viande halal côtoie-t-elle du porc dans un supermarché? Une nuée de bigots hurlent et le propriétaire ne tarde pas à capituler. Un jour viendra peut-être où il faudra respecter une distance de dix mètres entre la viande divine et le saucisson.

En France en 2010, les pratiquants étaient déjà 91 % à consommer halal, et les non-pratiquants 44 %.

Chaque année, la liste des 500 plus importants acteurs économiques de ce marché est publiée. Avec 1,5 milliards de musulmans (globalement en recrudescence obscurantiste), le potentiel est immense. C’est aussi un creuset d’emplois «religieux».

L’Occident tente bien sûr de faire sa place dans ce juteux business.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Valette

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