Publié par Dreuz Info le 21 septembre 2021

Source : Ojim

Si ce que nous faisons est du fichage, c’est la fin du journalisme.

Accusé par l’extrême gauche de fichage politique — accusations immédiatement relayées par des médias de premier ordre -, le site Fdesouche est de nouveau à la une de l’actualité. En cause : un tableau Excel, reprenant un certain nombre de données publiques sur des personnalités publiques. De quoi s’agit-il ? L’Ojim est allé demander des explications à son principal animateur, Pierre Sautarel, auquel nous donnons la parole ci-dessous.

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Pouvez-vous succinctement présenter “Fdesouche” ?

Fdesouche existe depuis 2005. C’est une revue de presse en ligne sur les thématiques identitaires, sécuritaires. Nous observons également les relations intercommunautaires, comme le ferait un observatoire de la société multiculturelle et de ses conséquences. Nous ne sommes rien de plus qu’une revue de presse : tout ce que nous voyons, sur ces thématiques, quelle que soit la source, on le relaie. Nous faisons aussi des recoupements, en mettant en relation des informations entre elles lorsque cela s’avère pertinent. Il y a très peu d’analytique, nous livrons des données aussi brutes que possibles, et c’est au lecteur d’en tirer ses conclusions.
Nous fonctionnons de façon assez horizontale, autogérée, avec une vingtaine de contributeurs réguliers. Cela fonctionne tous les jours, sept jours sur sept, du matin au soir. Et nous comptons plusieurs centaines de contributeurs non réguliers, qui repèrent des informations, qui assurent des traductions etc…

Ce n’est pas la première fois que Fdesouche se retrouve au cœur du débat public ?

En effet, nous avons mis en lumière de nombreux faits… Je n’ai pas la mémoire exacte pour tous les “buzz” dont nous avons été à l’origine… Le premier qui me vient à l’esprit, il y a près de 15 ans : l’affaire de la vidéo d’une agression dans un bus de nuit, à l’époque où ce genre de vidéo ne circulait pas, c’était bien avant les smartphones, cela avait fait la une de très nombreux médias… Il y a aussi l’affaire des écrits de Frédéric Mitterrand et de ses voyages en Asie, cela avait causé un énorme scandale. Un exemple beaucoup plus récent : l’affaire des émeutes intercommunautaires à Val-de-Reuil la semaine dernière, dans l’Eure, que nous avons été les premiers à mettre en lumière, forçant les médias à en parler. C’est très difficile de tout citer ! Des informations que nous faisons remonter sur notre site se retrouvent d’ailleurs de plus en plus souvent à la une des médias, qui font désormais caisse de résonance : cela nous fait vraiment plaisir.

Que s’est-il passé ces derniers jours ?

Autant je suis habitué aux confrontations, pas toujours courtoises, avec nos opposants politiques, autant je ne comprends toujours pas l’origine de l’affaire de ces derniers jours, qui est basée “sur rien”.
D’où cela est-il parti ? Nous avons repris il y a deux ans la liste des signataires de l’appel à la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre 2019. Tout cela était au cœur de l’actualité, avec une grosse participation de l’extrême gauche aux côtés d’islamistes politiques. Pour lancer cette marche contre l’islamophobie, il y a eu une lettre ouverte qui a été signée par quelques centaines de personnalités, publiquement, sous leur vrai nom, tout cela été relayé partout à l’époque. Nous nous sommes contentés de retranscrire ces données sous forme de tableur dans un article. C’est de l’information. Afin de valoriser cette information, nous avons apporté quelques compléments : par exemple, signature de “Monsieur Untel, maire”, nous avons ajouté “maire de telle commune”. Il n’y a aucune insulte, nous ne divulguons aucun détail personnel, il ne s’agit que d’informations publiques aisément accessibles sur des personnalités publiques. Deux ans plus tard, ils font passer cela pour du fichage de militants de gauche… Et nous nous retrouvons au cœur de cette polémique absolument grotesque.

Une polémique fortement médiatisée par ailleurs.

Cela nous a vraiment surpris. À la rigueur, que l’extrême-gauche fasse son cinéma, nous avons l’habitude : ils essaient de se martyriser afin de mobiliser, avec l’invention du narratif de l’extrême droite menaçante qui les mettra en danger, c’est un moyen de mobiliser leurs militants avant tout — ils les prennent d’ailleurs pour des cons en jouant sur leurs émotions — ils jouent aussi à fond la carte de l’indignation pour avoir la supériorité morale, cela fait partie du jeu.

Mais cela a été repris par des chaînes comme BFMTV qui n’a parlé que de cette non information toute la soirée du vendredi et la journée du samedi (17 et 18 septembre 2021), en pleine affaire des sous-marins, en plein procès des attentats du Bataclan…
Si ce que nous faisons est du fichage, c’est la fin du journalisme : ces gens qui signent une lettre ouverte, publiquement, et qui réclament donc de la visibilité, ce sont tous des personnalités publiques. Si on ne peut plus travailler derrière et commenter les positionnements des uns et des autres, sur qui sont ces signataires, c’est la négation même de l’information et du droit à l’information. Médiapart du souci à se faire…

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