Publié par Gaia - Dreuz le 28 septembre 2021

Source : Futura-sciences

Selon des chercheurs, la ville de Tall el-Hamman (Jordanie) — qui pourrait correspondre à l’antique Sodome — a été littéralement rasée de la carte il y a environ 3.600 ans. Par une météorite semblable à celle qui a explosé dans le ciel de Toungouska (Sibérie) en 1908.

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À sa plus belle époque, il y a environ 3.600 ans, la ville que l’on nomme aujourd’hui Tall el-Hammam était dix fois plus grande que Jérusalem et cinq fois plus étendue que Jéricho. Elle trônait sur les hauteurs du sud de la vallée du Jourdain, au nord-est de la mer Morte. C’est dans cette région que la complexité culturelle de nos ancêtres est réputée s’être développée. Il est donc facile de comprendre pourquoi elle intéresse beaucoup les archéologues.

Et en y regardant de plus près, des chercheurs de l’université de Californie à Santa Barbara (États-Unis) y ont trouvé quelque chose d’inhabituel. Dans la strate correspondant à l’âge du bronze. Du charbon de bois, de cendres et des éclats de poteries ou encore des matériaux de construction présentant des surfaces extérieures fondues. Sur environ 1,5 mètre d’épaisseur. « Nous avons des preuves que les températures ont pu dépasser les 2.000 °C », précise James Kennett, chercheur, dans un communiqué. De quoi indiquer qu’un événement tout à fait anormal a dû se produire là il y a 3.650 ans.

Selon les modèles, ce qui aurait pu provoquer cette élévation brutale de la température, c’est le passage au-dessus de Tall el-Hammam d’une météorite résultant en une explosion semblable à celle qui a soufflé la région de Toungouska en 1908. Celle-ci avait renversé plus de 80 millions d’arbres. Celle-là a littéralement rasé la ville. Une météorite filant à plus de 60.000 km/h pour une explosion environ 1.000 fois plus puissante que celle de la bombe atomique d’Hiroshima. Puis une onde de choc se déplaçant à quelque 1.200 km/h. Le tout ne laissant que la désolation de bâtiments fondus et balayés et de corps désarticulés aux squelettes réduits en morceaux.

“A Tunguska sized airburst destroyed Tall el-Hammam a Middle Bronze Age city in the Jordan Valley near the Dead Sea”.

A meteorite skyburst.

They think this may have become the origin of the story of the destruction of Sodom and Gomorrah.https://t.co/eXf1MoJqaGpic.twitter.com/4oTWJL7nyj— Gregory Bufithis (@GregBufithis) September 22, 2021

Des preuves d’une explosion de météorite

Selon les chercheurs, de nombreux éléments découverts sur place confirment aujourd’hui la thèse. La présence de quartz choqués tels qu’il ne s’en forme que sous de très hautes pressions — de l’ordre de 5 gigapascals. De minuscules diamonoïdes, aussi. Des sortes de diamants plus petits que des virus et formés à partir de bois et de plantes lorsque température et pression augmentent brutalement. Ou encore la teneur en sel de certains échantillons, allant jusqu’à 25 % alors que la moyenne des sédiments locaux se situe autour de 4 % seulement. Il se peut, en effet, que l’impact de la météorite ait partiellement touché la mer Morte, qui est riche en sel. Tout comme ses rives. Ainsi l’impact peut avoir redistribué ces cristaux de sel au loin. Et ce pas seulement à Tall el-Hammam, mais aussi à proximité de Tell es-Sultan et de Tall-Nimrin, deux autres villes qui ont subi une destruction violente à la même période.

C’est d’ailleurs peut-être la forte salinité des sols, empêchant quoi que ce soit de pousser, qui a fait fuir les derniers habitants vers d’autres terres. Des preuves de réinstallation à Tall el-Hammam n’apparaissent pas avant environ 600 ans plus tard.

Finalement, le scénario décrit ici par les chercheurs ressemble étrangement à l’histoire racontée dans la Bible, celle de Sodome. La ville — et plusieurs autres — aurait été détruite par le feu tombant du ciel. Alors qu’un habitant sauvé par les anges s’enfuyait, sa femme était, elle, transformée en statue de sel. « Toute l’histoire est cohérente avec l’explosion aérienne d’une météorite, confirme James Kennett. Mais nous n’avons pas de preuve scientifique que Tall el-Hammam et la ville de Somode ne font qu’une. » Même s’il est fort probable que la catastrophe qui a secoué la région il y a environ 3.600 ans s’est transmise à l’oral jusqu’à finir dans l’Ancien Testament. Y laissant la première trace écrite d’une telle catastrophe.

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