Publié par Bernard Martoia le 20 septembre 2021

Hans J. Morgenthau* était l’un des grands spécialistes des relations internationales au milieu du XXe siècle. Il fut conseiller diplomatique des présidents John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson, avant de démissionner en raison de désaccords sur la guerre menée au Vietnam.

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Par Francis P. Sempa pour American Thinker

Parmi ses nombreux ouvrages figure Politiques parmi les Nations : la Lutte pour le Pouvoir et la paix (1948) qui fut la bible des spécialistes des relations internationales. En 1970, un volume rassemblant certains de ses articles écrits dans les années 1960, fut publié sous le titre Vérité et Pouvoir : essais d’une décennie 1960-1970. Ce volume comprend des textes qui présentent un intérêt particulier aujourd’hui.

La politique américaine contemporaine comprend une dangereuse collusion entre les scientifiques, les oligarques des grandes sociétés technologiques et des médias sociaux, et le gouvernement fédéral

Cette collusion promeut sa version de la vérité. Elle étouffe et punit les voix dissidentes. Ce dangereux conglomérat de pouvoir social et politique est encouragé et soutenu par les médias grand public. Qu’il s’agisse du changement climatique, de la pandémie, de la validité de l’élection présidentielle de 2020 ou de la lutte contre le racisme systémique, une seule vérité est acceptable, et ceux qui s’en écartent sont ostracisés, condamnés, privés d’emploi, voire pire.

Si Morgenthau a écrit ses articles sur la vérité et le pouvoir pendant les turbulentes années soixante, certaines de ses observations ont une rare pertinence avec la politique menée aujourd’hui. C’est par exemple le cas dans un essai intitulé Science Moderne et Pouvoir Politique paru en 1964. Morgenthau avertit que notre démocratie était en danger à cause de la science, de la technologie et du gouvernement. «Le pouvoir s’est déplacé du peuple vers le gouvernement. Au sein du gouvernement, le pouvoir est passé des fonctionnaires à certaines élites technologiques, militaires et scientifiques qui ne sont pas démocratiquement responsables. Cette évolution a considérablement réduit le contrôle des électeurs sur les affaires du gouvernement. Et cette situation rend possible le totalitarisme.»

Hans Morgenthau
Hans Morgenthau

« Les innovations scientifiques et technologiques ont donné aux gouvernements les outils avec lesquels ils peuvent pénétrer et submerger la sphère que la tradition a réservée à l’individu et à sa liberté. Ces outils conditionnent ses pensées et contrôlent ses actions sans limitation. Notre époque a donné aux gouvernements modernes la capacité de se rendre totalement maîtres de l’individu. »

Morgenthau prévoyait l’émergence d’un système de gouvernement impliquant la domination d’une élite scientifique. Son ascension, explique-t-il, est le résultat inévitable des positions centrales que la science et la technologie occupent dans les affaires du gouvernement moderne. Elles servent de plus en plus les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir politique. Cette orientation utilitaire de la science et de la technologie vers les intérêts de l’État, écrivit Morgenthau, constitue une rupture radicale avec la tradition.

Les élites scientifiques et technologiques sont devenues des acteurs politiques incontournables

De telles élites, écrit Morgenthau, deviennent politiques. Leur succès repose autant sur le soutien politique extérieur de leurs partisans que sur leur solidité scientifique. Cela change leur nature. Elles deviennent les protagonistes de politiques qui sont en accord avec leur jugement scientifique. Ces élites, écrit Morgenthau, ne se contentent plus de donner des conseils sur la base de connaissances spécialisées. Elles sont aussi les championnes d’une politique promue avec une autorité inégalée et souvent déterminée en vertu de celle-ci. [le professeur Anthony Fauci est le parangon de cette élite omnipotente aux Etats-Unis]

Morgenthau savait que ces élites avaient leur propre vision du monde. Leur sélection des faits, l’importance accordée à certains d’entre eux et leur jugement théorique, comme l’a compris Morgenthau, font partie intégrante de leur vision. Dans la sphère d’aujourd’hui, ces élites ont leurs préférences personnelles qui influencent grandement la politique des représentants du peuple.

Hans Morgenthau avait prédit le grand danger auquel nous sommes confrontés

Il est beaucoup plus commode pour le pouvoir en place, s’il est confronté à une vérité désagréable, d’essayer d’abord de la corrompre et, s’il n’y parvient pas, d’essayer de la discréditer et, s’il n’y parvient pas encore de la réduire au silence. La capacité du gouvernement à corrompre découle de son pouvoir de récompenser ceux qui sont prêts à être corrompus. Sa capacité à discréditer découle de l’autorité du pouvoir avec lequel il s’exprime et de l’influence qu’il peut exercer sur les médias de communication de masse. Sa capacité à faire taire résulte de sa capacité à corrompre – le silence étant une sorte de corruption passive – et finalement de sa capacité à faire un usage totalitaire de la police et des lois pénales.

Ceux qui, aujourd’hui, parmi les élites scientifiques, technologiques, gouvernementales et des médias sociaux, prétendent avoir découvert la vérité et tentent, souvent avec succès, de bannir socialement ceux qui sont en désaccord avec la vérité, marchent sur un terrain très dangereux.

L’Amérique, exhortait Morgenthau, a été fondée non pas sur un pouvoir aveugle et sans retenue, mais sur un pouvoir informé et limité par la vérité. Nous ignorons son avertissement à nos risques et périls.

Francis Sempa est professeur de sciences politiques à l’université Wilkes en Pennsylvanie.

=== commentaire du traducteur===

Le site American Thinker est une mine d’informations inédites pour quiconque veut comprendre la nature du totalitarisme du XXIe siècle.

Hans Morgenthau naquit en 1904 dans une famille juive de Coburg dans la Saxe. Après un doctorat en droit international en défendant une thèse intitulée la juridiction internationale : sa nature et ses limites, et quelques années de pratique de droit à Frankfort, il émigra aux États-Unis en 1937.

Outre la raison évidente pour un juif de quitter le Troisième Reich, Morgenthau était en désaccord avec le professeur Carl Schmitt qui avait écrit la préface de son premier livre. Schmitt qui était le plus grand jurisconsulte allemand défendit la politique du parti socialiste national des travailleurs allemands (Nationalsozialistiche Deutsche Arbeiterpartei) à la fois sur un plan moral et juridique. Il devint la caution juridique du NSDAP.

En matière de vérité dérangeante, la propagande soviétique s’est surpassée. L’authentique NSDAP ne doit pas être confondu avec l’ersatz nazi qui efface toute référence au socialisme. Cet ersatz est un piège à cons dans le but de protéger l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques lors des procès de Nuremberg. Il fallait interdire toute allusion au socialisme dans ces procès à grand spectacle. Ce gros mensonge se perpétue de nos jours en faisant croire à l’opinion publique que ce parti maudit était d’extrême-droite.

«Pourquoi suis-je sur le banc des accusés et mon homologue soviétique Vyacheslav Molov n’y est pas ? C’est pourtant lui qui a signé en premier le pacte germano-soviétique en 1939,» clama Joachim von Ribbentrop lors de son procès à Nuremberg. Le ministre des Affaires Étrangères du Troisième Reich avait raison de relever le deux poids deux mesures de ce tribunal inique des vainqueurs.

Un autre exemple de vérité dérangeante est celui du procès en cours des auteurs du massacre du Bataclan à Paris en novembre 2015. Comme les progressistes ne veulent pas admettre que cette barbarie est la conséquence du choc des civilisations, ils font la politique de l’autruche.

A quoi pourrait être utile ce procès si ce n’est d’anesthésier l’opinion publique en lui faisant croire qu’il n’y a aucun lien entre ces massacres à répétition et une prétendue religion d’amour et de paix ? A quoi pourrait-il servir si ce n’est de dédouaner l’aboulie de la classe politique française ? Pourquoi devrait-il durer neuf mois et le verdict rendu en juin ? En mai se tiendra l’élection présidentielle. Rien n’est laissé au hasard dans le calendrier politique. Tout est calculé pour assurer la réélection dans un fauteuil de celui qui a été adoubé par les gnomes de Davos en 2017. Soyez assuré que la montagne accouchera d’une souris et que les victimes et leurs familles seront les dindons de la farce dans ce procès instrumentalisé par la nomenklatura.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

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