Publié par Michèle Mazel le 22 septembre 2021

C’est le nouvel « hashtag » qui enflamme les réseaux sociaux dans la communauté arabe d’Israël. «#Arab Lives Matter»

Il fait écho à ce « #Black Lives Matter » qui a mobilisé des centaines de milliers d’afro-américains pour protester les violences policières dont leur communauté était victime.

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Il est vrai que l’heure est grave. Depuis le début de l’année 2021, quatre-vingt-quatorze Arabes israéliens – dont onze femmes – ont perdu la vie.

Étranglés, frappés de multiples coups de couteau, abattus à bout portant, mitraillés dans leur véhicule ou délibérément écrasés par une voiture bélier comme ce fut le cas mardi 21.

Il est grand temps de faire quelque chose ? Sans doute.

Mais à qui s’adresse ce slogan au juste ? 

À la différence ce qui se passe aux États-Unis, dans tous ces cas de figure il s’agissait de violences intracommunautaires.

Loin d’être dues à des policiers, elles ont été perpétrées par des Arabes israéliens.

Une réalité que les représentants de cette communauté, des élus locaux aux députés arabes à la Knesset, se refusent à regarder en face.

Il est tellement plus facile d’accuser le gouvernement israélien et la police !

Dans la plupart des cas elle n’arriverait pas à mettre la main sur les coupables faute d’y consacrer les moyens nécessaires.

La preuve selon Ayman Odeh, chef de file de la Liste Arabe Commune qui compte six députés est que les policiers ont réussi à remettre la main sur les six détenus qui s’étaient échappés de la prison Gilboa, parce qu’ils avaient fait de leur capture une priorité absolue et déployée des effectifs et des moyens sans précédent.

Un argument intéressant – si l’on oublie que non seulement les fugitifs n’ont pas été aidés par les Arabes israéliens, mais encore que certains de ces derniers n’auraient pas hésité à signaler leur présence aux autorités.

Ce qui n’arrive jamais dans les cas précités, où personne n’est prêt à parler aux policiers, la peur de représailles étant plus forte que le désir de voir que justice soit faite.

Pour les représentants de la communauté, peu habitués à l’autocritique, il ne faut surtout pas soulever la question de la responsabilité de la société arabe dans une situation dont elle est à la fois l’instigatrice et la victime.

Une société qui pratique l’omerta et où se perpétuent les soi-disant « crimes d’honneur », l’assassinat par un frère ou un père de jeunes filles ou de jeunes femmes dont la conduite « déshonorerait » la famille, tandis que la mère couvre le crime de son silence.

Une société où ce même honneur demanderait aussi de poursuivre aujourd’hui encore une vendetta dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

Au silence retentissant des élus arabes fait écho celui des élites tandis que les enseignants hésitent à se lancer sur un terrain qui les exposerait à la vindicte des éléments traditionalistes.

On voudrait croire que ce cri d’alarme qu’est « Les vies arabes comptent » sera entendu et qu’il entrainera enfin une véritable prise de conscience.

Il y a pourtant tout lieu de croire qu’il sera rapidement détourné par les détracteurs d’Israël.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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