Publié par Michèle Mazel le 26 septembre 2021

C’était en mars de dernier. Le souverain Pontife, prenant son bâton de pèlerin, s’était aventuré à Bagdad sans se soucier des dangers pour tenter d’apaiser les tensions entre l’Islam et l’Occident.

Il a eu à cœur de se rendre sur le site de l’antique cité d’Ur en Chaldée, là même où, selon le récit biblique «L’Éternel dit à Abraham : Va-t’en de ton pays… dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation.»

Et à cette occasion, il a rejoint sur une estrade des représentants des différentes confessions présentes dans le pays. Ensemble, ils ont prononcé ce qui fut qualifié de «prière des enfants d’Abraham».

Politique et susceptibilités locales obligent, la branche aînée des enfants du patriarche, celle issue de son fils Isaac, n’avait pas été conviée à ce bel exemple de fraternité œcuménique.

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Pas question de rappeler les persécutions, les exactions et les meurtres qui avaient mis fin à trois millénaires de présence juive. Mieux valait jeter un voile pudique sur ce triste épisode.

Mais voilà qu’aujourd’hui une autre voix s’élève.

Celle de Wisam Al-Hardan, animateur du «Mouvement des Fils du Réveil de l’Irak».

Parlant au nom d’un parterre de près de trois cents Irakiens sunnites ou chiites réunis à son appel dans la ville d’Erbil dans le Kurdistan irakien, il a commencé par une déclaration stupéfiante :

«Nous avons demandé publiquement à l’Irak d’entrer en relation avec Israël et son peuple par le biais des Accords d’Abraham.»

Il a évoqué ensuite «la tragédie qu’a été l’exode massif et la dépossession de la majorité de notre population juive irakienne, une communauté avec 2 600 ans d’histoire, au milieu du 20e siècle. Par leur migration forcée, l’Irak a effectivement coupé l’une de ses principales veines.»

Puis il a ajouté :

«Nous voyons une tendance pleine d’espoir dans la région : une communauté en expansion de paix, de développement économique et de fraternité qui est le cadre des Accords d’Abraham.»

Des prises de position qui ont pris une ampleur inattendue du fait que l’auteur a pris soin de les publier dans une tribune dans le Wall Street Journal.

Les dirigeants israéliens ont salué cette initiative alors que la plupart des commentateurs étrangers soulignent qu’il ne s’agit que d’un vœu pieux peu susceptible d’être réalisé.

Reste que les personnalités présentes à la réunion n’ont pas hésité à se joindre à une initiative dont elles ne pouvaient ignorer le risque. Un risque bien réel.

Les autorités de Bagdad les ont immédiatement menacées de représailles tandis que les milices chiites de mouvance iranienne se déclaraient prêtes à leur faire payer cher leur «trahison».

Les Palestiniens ne cachent pas leur indignation.

Les uns et les autres occultent l’autre dimension de ce qui vient de se produire.

Pour la première fois, des Arabes ont mis sur la table la question de l’exode des Juifs forcés de quitter les pays où ils vivaient depuis des siècles et ont reconnu leur responsabilité.

Le fait qu’il s’agisse d’Irakiens dont le pays n’a pas de relations avec Israël est d’autant plus remarquable que l’Égypte, en paix avec l’État hébreu depuis plus de quarante ans, se montre toujours incapable d’entreprendre une pareille démarche.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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