Publié par Daniel Pipes le 15 septembre 2021
32 des 69 organisations ayant signé la pétition « Juifs contre l’AfD ».

Les partis politiques allemands ont, il est vrai, leurs différences mais tous s’accordent sur une chose à savoir que le jeune parti civilisationiste appelé Alternative für Deutschland (AfD, Alternative pour l’Allemagne) ne doit avoir aucune représentation au Bundestag (parlement).

Cette unanimité se comprend aisément quand on voit à quel point le franc-parler décomplexé de l’AfD en faveur de la civilisation occidentale, des États-Unis et d’Israël dérange et agace les autres partis qui, à l’approche des élections, se liguent pour discréditer l’AfD. Comme il s’agit de l’Allemagne, le moyen le plus puissant d’y parvenir est de porter contre le parti l’accusation d’antisémitisme. Et pour que cette attaque soit la plus efficace possible, ce sont les Juifs qui doivent mener la charge.

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Voilà pourquoi le Zentralrat der Juden (ZdJ, Conseil central des Juifs d’Allemagne) a lancé une pétition soutenue par pas moins de 68 autres organisations juives. Intitulée  » Juifs contre l’AfD« , elle appelle les Allemands à voter pour un parti autre que l’AfD. Son message est dénué de toute subtilité : « Le 26 septembre 2021, votez pour un parti clairement démocratique [ zweifelsfrei demokratische Partei] et aidez à mettre l’AfD hors du Bundestag allemand. »

Publiée le 9 septembre, la pétition accuse l’AfD de « faire des ravages » au Parlement et qualifie le parti de foyer « d’antisémites et d’extrémistes de droite » adonnés au « racisme et à la misanthropie ». Pour couronner le tout, les signataires affirment même être « convaincus que l’AfD est un parti (…) antireligieux [religionsfeindliche] ».

Parmi les organisations signataires, il y a aussi de grands noms connus internationalement comme l’American Jewish Committee, le B’nai B’rith, la Claims Conference, le European Jewish Congress, le Jewish National Fund, Limmud, les Maccabi Games, le Ronald S. Lauder Foundation, l’Union des Juifs progressistes et le Congrès juif mondial.

Tout d’abord, il convient de noter que toutes les organisations allemandes et américaines exonérées d’impôt qui approuvent cette déclaration enfreignent très clairement la loi en préconisant la manière dont il faut voter. Le titre du document présente le dessin puéril d’une flèche vers le bas qui contrecarre celle, vers le haut, de l’AfD. Curieusement dans ce document, le ZdJ ne cite pas une seule fois nommément le parti mais simplement son sigle, « AfD », comme si la mention du nom complet allait le souiller.

Un jour plus tard, l’organisation Juden in der AfD (JAFD, Juifs de l’AfD) a répondu à cette levée de boucliers en commençant par faire remarquer que le ZdJ reçoit la quasi-totalité de son budget annuel – 13 millions d’euros – du gouvernement dont, bien entendu, il suit fidèlement la ligne. JAFD note également que « seules les organisations juives [allemandes] financées par l’État ont participé à cet appel. Les organes juifs indépendants tels que la revue mensuelle Jüdische Rundschau et les associations juives conservatrices telles que Chabad Deutschland, ne sont pas représentés. »

Mais il y a pire. Auteur germano-israélien, Chaim Noll fait remarquer que le ZdJ « est une institution unique qui n’existe pas dans d’autres pays et qui est également inconnue dans le judaïsme. C’est une institution publique financée par le gouvernement fédéral et qui administre les Juifs du pays… Cette soumission des Juifs aux volontés du gouvernement constitue la tragédie spécifique des Juifs d’Allemagne. Dans d’autres pays, les communautés juives sont autonomes. »

Quant au fond, JAFD affirme à juste titre que « l’AfD a fait plus pour protéger la vie juive que tout autre parti au Bundestag allemand ». Plus précisément, il a lancé avec succès une interdiction du Hezbollah et du mouvement BDS et il travaille à la suppression des financements de l’UNRWA et des exigences d’étiquetage pour les produits juifs de Cisjordanie.

J’en ai personnellement été témoin quand j’étais au Bundestag, le 14 mars 2019, au cours d’un vote appelant le gouvernement allemand à voter en faveur d’Israël aux Nations Unies. Les membres de l’AfD se sont exprimés à 89 % en faveur de cette motion, soit environ 350 fois plus que les quelque 0,25% de suffrages recueillis dans les partis au pouvoir (un seul député sur les 398 qui composent la coalition au pouvoir).

Cette bisbille illustre une réalité profonde concernant les tristes sires à la tête des organisations juives d’Europe qui sacrifient la plupart de leurs élans sionistes afin de rester dans les bonnes grâces de cet Establishment auquel ils sont redevables (Pour plus de détails sur ce phénomène, voir mon article « Opposition frontale entre l’État d’Israël et l’establishment juif européen« ). Ils montrent tant de zèle à courber l’échine devant le gouvernement qu’ils ont même convaincu l’actuel ambassadeur d’Israël en Allemagne, Jeremy Issacharoff, de violer le protocole diplomatique en attaquant ouvertement l’AfD et en prenant la défense des partis anti-israéliens allemands.

Au final, cependant, les autorités juives indolentes d’Europe se retrouveront isolées de leurs propres bases et combattues par le peuple et le gouvernement d’Israël qui, un jour, finiront tous par reconnaître leurs véritables amis sur la scène politique allemande. Et en termes d’amitié véritable, l’AfD est le parti qui, même s’il est loin d’être parfait, correspond le mieux à cette description.

M. Pipes (DanielPipes.org@DanielPipes) est président du Middle East Forum.

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