Publié par Abbé Alain Arbez le 19 septembre 2021

Mahomet est appelé « prophète » par un milliard six cent millions d’habitants de cette terre. Ceux qui ont été éduqués dans cette conviction religieuse le croient sincèrement. Cependant il faut vérifier dans les Saintes Ecritures le sens initial du mot « prophète » repris à sa manière par le coran, ce qui permettra de confirmer ou non si le fondateur de l’islam – chef de guerre et enseignant juridique  – répond à ces critères !

Dans son enthousiasme subjectif, Louis Massignon a complaisamment estimé, au 20ème siècle, que Mahomet était un authentique prophète. Certains adeptes de l’interreligieux à tout prix se situent aujourd’hui dans la même logique ambiguë. Pourtant, l’Eglise au cours des siècles a non seulement toujours présenté le chef de guerre de Médine comme un faux prophète mais a aussi exalté les martyrs victimes des musulmans.

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C’est dans la Bible que nous trouverons les critères fiables de ce qu’est un prophète. Au contraire de ce que beaucoup imaginent, le prophète n’est pas un devin qui prédirait l’avenir dans le style Nostradamus. Au sens strict, le prophète est celui qui parle « de la part de Dieu », avec pour caractéristique de dénoncer ce qui est contraire à ses lois : l’injustice, la violence, le mépris des plus humbles, l’attirance vers de fausses divinités, le ritualisme coupé du réel. Mais ceux qui se recommandent de Dieu nous amènent, à partir de leurs dires et de leurs actes, à nous poser la question de savoir de quel dieu il s’agit ! L’interrogation est valable pour toutes les religions et sectes qui revendiquent une légitimité. On pourrait même l’étendre à certains papes de la Renaissance.

Au service du peuple, la mission du prophète selon la Bible joue un rôle d’avertissement d’abord pour le présent imminent, mais son cri veut éviter que les mêmes causes iniques produisent les mêmes effets désastreux dans l’avenir.

Selon la métaphore d’Ezekiel, le prophète est un guetteur, une sentinelle (Ez 33,7), face aux dangers, aux erreurs des responsables du peuple, aux délires des uns et des autres…En critiquant le présent, le prophète ouvre l’avenir, il dégage l’horizon et stimule des choix qui cassent le fatalisme. Les prophètes ont tissé la trame centrale de l’espérance d’Israël. Se voulant fidèles à la tradition vivante du peuple de Dieu, ils ont forgé l’attente messianique et montré les risques mortels d’un abandon des commandements, tout en rappelant que le pardon vient à tout moment réconcilier le peuple avec le Dieu « lent à la colère et plein d’amour ».

Contrairement aux prophètes de cour, qui n’étaient que des faire-valoir du pouvoir, les vrais prophètes reconnus par le canon biblique ont été de courageux témoins à contre-courant. Par respect pour la vérité transcendante, ils ont souvent désacralisé le pouvoir, l’argent, le culte, l’autosuffisance. Ils sont cependant assez différents les uns des autres : Isaïe est un haut fonctionnaire royal, Jérémie et Ezekiel sont des prêtres, Amos un agriculteur, Michée un notable provincial.

Pour esquisser le profil du Royaume de Dieu, leurs apports spirituels sont majeurs : Jérémie et ses lamentations, Isaïe annonçant le messie sous les traits d’un serviteur souffrant, Ezekiel et les ossements desséchés qui revivent…Ce sont des visionnaires. Dans l’histoire sainte, il y eut d’abord les anciens prophètes apparus avec les premiers rois : Elie, Elisée, Samuel, Nathan, mais qui n’ont pas laissé d’écrits personnels. Puis les écrivains qu’on connaît par leurs témoignages et leurs oracles : Isaïe, Osée, Amos, Michée, Joël. Ce sont souvent des ouvrages collectifs qui s’étalent dans le temps.

Au-delà des différences d’époque et de style, leurs messages complémentaires constituent une grille de lecture de l’actualité qui met très haut la barre de la vérité. Ainsi, si au cours du temps un personnage charismatique se présente comme prophète en se montrant avide de puissance, capable d’exactions envers les gens sans défense, d’abus sexuels en tous genres, attaché aux richesses matérielles, on peut être sûr que c’est un « faux prophète ».

C’est dans le livre du Deutéronome que les critères de démystification apparaissent :
« S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou visionnaire qui t’annonce un signe ou un prodige et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : allons vers d’autres dieux, des dieux que tu ne connais pas, et mettons-nous à leur service, tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car vous voici mis à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Eternel votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme ! » (Dt 13,1-5).

Ezekiel va dans le même sens :

« Ma main sera contre les prophètes dont les visions sont vaines et les oracles menteurs ! » (Ez 13,9)

Ainsi que Jérémie :

N’écoutez pas les messages de prophètes qui vous parlent pour vous entraîner vers le néant. Ils disent les visions de leur imagination et non pas ce qui vient de la bouche de l’Eternel ! » (Jr23,16)

Jésus reprend à son compte ces avertissements :

 « Méfiez-vous des faux prophètes. Ils viennent vers vous déguisés en brebis, mais en réalité ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ! » (Mt 7,15-20)

L’apôtre Pierre lui-même écrit : « Ils sont semblables à des brutes qui s’abandonnent à leurs penchants naturels, ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent et périront de leur corruption, résultat de leur iniquité. Ils trouvent leurs délices à se livrer au plaisir sous les yeux de tous. Etres tarés et souillés, ils se délectent de leurs tromperies…Ils ont les yeux remplis d’adultère et sont insatiables de péché en abusant des plus vulnérables. Leur coeur est centré sur la cupidité, ce sont des êtres de malédiction ! » (2 Pi 2,12-14)

Le verdict de l’histoire découle de ces critères d’appréciation. Il serait cependant factice de mettre en concurrence Jésus et Mahomet, dont les doctrines sont irréconciliables. Cependant une approche comparative de la Bible et du coran nous offre – au vu des faits islamiques du passé et du présent – les conditions d’une prise de conscience indispensable.

Car il est urgent de mieux connaître l’islam afin de se poser les bonnes questions à propos de Mahomet considéré comme « prophète », sans pour autant démoniser chaque musulman.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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