Publié par Dreuz Info le 5 septembre 2021

Source originale de l’article : https://www.science-climat-energie.be

Depuis plusieurs années, l’ardeur de l’hystérie climatique, qui n’est pas prête de s’éteindre, se manifeste religieusement par de nombreux aspects, notamment par ses processions qu’incarnent les « marches pour le climat ».

Les grèves climatiques, qui avaient disparu de la circulation depuis plus d’un an en raison de la crise sanitaire, reprendront de plus belle dès le vendredi 10 septembre à Bruxelles où les militants belges, français, néerlandais, allemands et luxembourgeois, menés par leurs Sauveurs comme notre chère Adélaïde Charlier, seront invités à se déplacer à vélo depuis leurs pays d’origine, afin de – disent-ils –… sauver le climat. Les marches se poursuivront, toujours dans la même ville, le vendredi 24 septembre avant d’atteindre leur apogée le dimanche 10 octobre par une manifestation de grande ampleur. Mais avant que les marcheurs ne clament haut et fort leurs illusoires revendications, mettons en lumière en prenant le cas de la jeunesse belge les caractéristiques principales de ces grèves et de leurs jeunes grévistes qui sillonneront d’ici peu les rues de Bruxelles.

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  1. Une pseudo-grève… illégale !
  2. Une méconnaissance abyssale en science, climat et énergie
  3. Ils dissimulent de malhonnêtes motivations
  4. Se croient-ils vraiment crédibles ?
  5. Inutile scientifiquement
  6. Inutile socialement
  7. Inutile politiquement
  8. Les élèves violent les missions de l’école
  9. Conclusion

1. Une pseudo-grève… illégale !

Cette « grève » n’en est juridiquement pas une et ne doit donc pas être traitée comme telle. Bien que le droit belge soit imprécis sur la définition juridique et l’application du droit de grève, il n’en reste pas moins que la « grève climatique » n’obéit en rien aux principales définitions juridiques de la grève [1] :

  • les grévistes doivent être un groupe de salariés, ce qui n’est pas le cas ici puisque les élèves ne le sont pas ;
  • les grévistes doivent avoir une revendication professionnelle, ce qui n’est pas le cas ici puisque les élèves ont principalement une revendication politique.

Cette action ne doit donc en aucun cas être considérée juridiquement comme une grève, mais plutôt comme un manquement volontaire aux cours par un groupe de non-salariés afin de manifester pour une dite cause sans la moindre revendication professionnelle.

Mais alors, si ces actions ne sont pas juridiquement des « grèves », sont-elles tout de même illégales ? La réponse est clairement OUI. Selon Raphaël Van Breugel, Directeur du collège Saint- Hubert : « Le directeur que je suis ne peut légalement, administrativement pas leur donner cette autorisation… Je ne peux pas les libérer pour aller marcher dans les rues de Bruxelles pendant les heures de cours » [2]. En réponse à ce refus de grève scolaire, le distributeur en plastique de son école fut débranché et des affiches militantes furent placardées partout dans le collège par des élèves voulant faire pression pour qu’il accepte leur grève. Le Directeur Van Breugel a par conséquent décidé d’exécuter des mesures intermédiaires pour satisfaire leurs caprices, comme organiser des tournantes entre classes… en violant les règles légales et administratives qu’il avait lui-même évoquées. À l’époque, Marie-Martine Schyns, Ministre de l’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, a même conclu que « une participation à une marche comme celle- là, si elle ne rentre pas dans le projet pédagogique d’une école ou n’est pas accompagnée des enseignants, ça reste une journée où ils sont absents de l’école » [3]. Ainsi, dans ce récurrent cas- là, les absences sont considérées comme injustifiées. Toutefois, les punitions ne sont généralement pas appliquées par les établissements, mais les élèves ont cependant dû assumer les conséquences de leurs infractions, comme ce jeune rhétoricien élève au Collège Notre-Dame de Basse-Wavre : « Par exemple, moi j’ai été à la marche, donc je n’ai pas présenté mon interro et j’ai eu zéro sur vingt » [4]. Et pour les amateurs du droit qui veulent un texte purement juridique, il suffit de consulter le site officiel du Moniteur belge qui confirme que, comme l’indique le Circulaire n° 7045 du 14 mars 2019, « la participation à une marche pour le climat ne peut pas être considérée comme un motif d’absence justifiée. En effet, la participation à une manifestation ne s’inscrit pas dans l’article 9 de l’Arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 22 mai 2014, qui réglemente la fréquentation scolaire et précise de manière exhaustive quelles absences peuvent être considérées comme justifiées » [5].

Oui, les grèves climatiques sont illégales. Tous ceux qui manifesteront « pour le climat » payeront leurs actes illégitimes. Certains feront tout de même grève : après tout, lorsqu’il s’agit de sauver le monde, tout semble être permis… même l’illégal.

2. Une méconnaissance abyssale en science, climat et énergie

Alors que l’hystérie climatique s’amplifie d’année en année, les connaissances climatiques des jeunes sont profondément lacunaires et régressent de manière vertigineuse. C’est ce qu’a démontré une étude réalisée en octobre 2019 par l’Appel pour une école démocratique (APED), une asbl de droit belge. Il s’agit d’une étude sérieuse « 67 écoles francophones et 75 néerlandophones ont accepté de faire participer tout ou partie de leurs élèves du dernier degré d’enseignement secondaire à l’enquête. Entre le 23 avril et le 10 mai, 3.259 élèves se sont connectés en ligne au formulaire protégé par un mot de passe et ont répondu, sous la surveillance de leur professeur, à une cinquantaine de questions et sous-questions. Ils disposaient d’une période de cours entière pour compléter l’enquête. L’échantillon d’élèves ainsi constitué offre une très bonne représentativité : 46 % de Francophones et 54 % de Flamands, 51 % de filles et 49 % de garçons, 39 % d’élèves de l’enseignement de transition (général ou technique), 31 % de l’enseignement professionnel et 30 % du technique de qualification » [6].

S’il fallait retenir qu’une seule question de cette étude parmi une vingtaine posées relatives à la science, au climat et à l’énergie, c’est celle-ci :

• « Par quel mécanisme principal le CO2 produit par l’activité humaine cause-t-il un réchauffement climatique ? »

La proportion d’élèves ayant répondu par la « bonne » réponse « Le CO2 empêche le rayonnement infra-rouge émis par la Terre d’être évacué vers l’espace » est seulement de… 13 %.

Seuls 13 % des élèves comprennent donc fondamentalement l’effet de serre. C’est tout simplement catastrophique. De plus, il est important de noter que ce nombre est très relatif, puisque le questionnaire est à choix multiples. Ainsi :

  • Combien d’élèves auraient répondu correctement avec leurs propres mots ?
  • Combien auraient confondu l’effet de serre atmosphérique radiatif avec le réel effet de serre convectif d’une serre de jardin ?
  • Combien auraient confondu l’effet de serre avec le trou de la couche d’ozone comme ce professeur d’école incitant ses élèves à aller manifester (ici) ?
  • La « bonne » réponse est fort vague, avouons-le. Ainsi, combien parmi ces 13 % ont compris avec raison que le CO2 empêche partiellement (et non totalement) l’évacuation du rayonnement IR émis par la Terre ? Combien parmi ces 13 % ont compris que le CO2 émet à son tour un rayonnement vers la Terre ?

    Et s’il fallait expliquer l’effet de serre de manière plus approfondie :
  • Combien auraient confondu réflexion et absorption-réémision du rayonnement IR par les gaz à effet de serre ?
  • Combien auraient déterminé la vapeur d’eau comme principal gaz à effet de serre, bien loin devant le CO2 ?
  • Combien auraient précisé que l’effet de serre ne réchauffe pas la planète au sens strict, mais limite son refroidissement ?

    On peut sérieusement douter de leur nombre.

Pour conclure sur l’effet de serre, notons enfin que ce phénomène lui-même est sujet à caution puisqu’il est incompatible avec les principes de base de la spectroscopie d’absorption et d’émission (voir ici).


Voici en outre quelques autres lacunes inquiétantes provenant de la même étude, parmi une dizaine d’autres :

  • Un élève sur deux confond effet de serre et trou de la couche d’ozone ;
  • 62 % des élèves confondent réchauffement climatique et pollution ;
  • 62 % des élèves croient erronément qu’une centrale nucléaire émet beaucoup de CO2 ;
  • 78 % des élèves pensent à tort que la fonte de la banquise fait monter le niveau des mers;
  • Un élève sur quatre imagine même que les ondes électromagnétiques des GSM, de la TV ou du WiFi produiraient du CO2 (!) ;
  • Un élève sur deux ne sait pas lire un graphique.

Cette ignorance (démontrée en vidéo notamment ici) ne se limite pas qu’aux aspects scientifiques, mais également aux réels objectifs pour « lutter » contre le réchauffement climatique. Cela est corroboré par le témoignage d’un enseignant-papa qui s’est interrogé à propos de cette prise de conscience des objectifs des manifestants, témoignage recueilli par l’Union Francophone des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique (UFAPEC), une autre asbl belge : « Les marcheurs ne comprennent pas ce que représentent concrètement les objectifs du GIEC. On voit des politiciens de tous bords participer aux marches, sans qu’une seule fois on évoque concrètement comment atteindre les fameux objectifs du GIEC. Ici on ne parle pas de petits gestes, si on veut réellement que la température ne dépasse pas 1,5°C, comme le préconise le GIEC, il faut prendre des mesures drastiques, et elles sont tout simplement inacceptables pour la majorité des citoyens. » [7].

En conclusion, les jeunes marcheurs pour le climat, bien que plein de bonne volonté, marchent surtout à leur inculture scientifique.

3. Ils dissimulent de malhonnêtes motivations

« Plein de bonne volonté »… vraiment ? Malgré de nombreuses recherches, il semblerait qu’il n’y ait sur le Net qu’une seule étude analysant les réelles motivations des jeunes brosseurs. Malheureusement, cette étude est clairement fantaisiste. Publiés en février 2019 dans le journal Le Soir [8], les résultats de cette étude sont basés sur un nombre de seulement 510 participants, un échantillon très déséquilibré puisque seuls 8,5 % des participants sont francophones (alors qu’ils représentent vraisemblablement une part plus importante des jeunes marcheurs) et surtout : il s’agit d’un échantillon constitué sur base volontaire puisque la totalité des participants ne sont rien d’autre que des jeunes ayant suivi la page Facebook militante de Youth for Climate. Inutile d’en conclure que cette étude n’est donc en rien objective et représentative de la réalité.

Puisqu’une approche des véritables motivations des grévistes ne peut être établie à partir de chiffres sérieux, nous sommes contraints d’utiliser uniquement notre esprit critique ainsi que des témoignages recueillis sur le Net pour se forger une opinion.

L’UFAPEC déjà mentionnée a questionné en mars 2019 certains parents et/ou enseignants à propos de leurs avis sur les grèves climatiques. Voici un avis d’un papa également professeur de chimie à la Haute Ecole HELMO à Liège : « Pourquoi ne pas organiser des marches le week-end ? Peut-être n’auraient-elles pas le même succès ? Si on fait le compte, cela fait déjà pas mal de journées d’enseignement perdues. L’enseignement francophone se distingue déjà par des contre- performances lors des comparatifs internationaux, si en plus on institue une culture du brossage et on lui ampute des journées de cours, cela ne risque pas de s’améliorer. (…) Les motivations de beaucoup de marcheurs sont floues. Lorsque j’ai demandé à ma fille pourquoi elle souhaitait participer, elle m’a dit que c’est parce que toute la classe y allait… En y réfléchissant, à leur âge j’aurais certainement aussi aimé brosser les cours pour aller me promener avec les copains, surtout si les politiciens, les journalistes, voire même les directions d’écoles, cautionnent ces actions. Mais cela ne constitue pas une bonne motivation » [9].

Enfin, apprécions tout de même l’honnêteté de certains jeunes manifestants comme celui-ci qui se sont exprimés en mars 2019 dans le journal français Libération : « Je suis juste là pour sécher les cours. Ce sont les filles devant qui nous ont dit de venir et savent pourquoi on manifeste » [10].

Afin de mieux cerner les véritables motivations des jeunes brosseurs, dressons une liste exhaustive des principales motivations qui les pousseraient à sécher les cours pour participer aux marches climatiques :

  1. Influencer les politiciens à « agir pour le climat »
  2. Influencer l’opinion publique sur le climat
  3. S’amuser, se promener et vivre (voire découvrir) l’ambiance d’une manifestation parfois de grande ampleur entre copains
  4. S’absenter volontairement des cours
  5. Pas de réelle motivation, seulement suivre le mouvement

Supprimons la 3e, 4e et 5e motivations qui n’ont aucun lien avec le climat : il ne reste plus que les 1ère et 2e motivations. En mettant en usage notre bon sens, combien de jeunes iront tout de même manifester, honnêtement ? Beaucoup ? On peut sérieusement en douter.

Mais outre le bon sens, l’argument principal pour soutenir la thèse de motivations malhonnêtes chez les jeunes manifestants réside dans le parfait accord entre cette thèse et la méconnaissance des jeunes à propos des enjeux climatiques, méconnaissance déjà analysée précédemment : en effet, un véritable engagement va toujours de pair avec une bonne connaissance de la cause pour laquelle on prend parti, tout véritable militant sait cela ! En d’autres termes, si la majorité des jeunes étaient véritablement engagés « pour le climat », cela se ferait inévitablement ressentir dans leurs connaissances scientifiques, climatiques et énergétiques, ce qui n’est pas du tout le cas ! Cette règle logique et élémentaire que seuls appliquent les vrais – mais peu nombreux – jeunes militants est tout simplement bafouée par la majorité des élèves et même des étudiants manifestant, raison pour laquelle il semble dès lors que leurs nobles motivations soient (très) largement surestimées.

4. Se croient-ils vraiment crédibles ?

Qu’y a-t-il de plus insensé qu’une bande de jeunes sèchent les cours, bloquent les rues de Bruxelles… pour faire la morale à leurs aînés ? Malheureusement pour eux, ils n’ont aucun crédit. S’ils veulent vraiment convaincre, leurs discours doivent être imprévisibles, bien formulés, argumentés, personnels et cohérents avec leurs propres actions « pour le climat ». Ce qui n’est pas forcément le cas…

  • La prévisibilité et la lourde répétition de leurs paroles vides est telle que, comme le dit si bien Benoît Rittaud, « leurs éléments de langage sont si stéréotypés qu’à peine nos prophètes prononcent-ils trois mots qu’il est possible à tout un chacun, avec un entraînement minimal, d’anticiper la fin de leur phrase » [11].
  • Leur manière de s’exprimer est celle des jeunes, bien évidemment… Mais elle ne leur permet pas de convaincre qui que ce soit : « [Je suis là] pour manifester puisque que ce n’est pas du tout bien ce qu’il se passe pour le moment pour le climat, on ne fait rien du tout et il faut que ça change. » « C’est incroyable, moi ça me redonne de l’espoir quand je vois tout ce monde-là quoi, c’est… c’est waw quoi, c’est énorme ». « Ça doit marquer les adultes, ça doit leur montrer qu’on est là et qu’on a pas rien à kicker de la planète », « C’est notre avenir, c’est notre futur, donc on se bat pour ça ». Non mais sérieusement, croyez-vous que vous allez convaincre qui ainsi ? Ces dernières paroles sont un extrait entier d’une interview de jeunes faite par la RTBF [12]. Toutefois, des déclarations sélectionnées bien pires que celles-ci, comme « Et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité » ou « J’ai pas la thune pour aller sur la Lune » ou encore « Le climat, c’est comme mon clito, personne ne s’en soucie » [13] renforce notre conviction d’une manifestation plutôt guidée par la rigolade que par le sérieux.
  • Ils n’ont malheureusement pour eux aucun argument scientifique, politique ou énergétique, mais cela n’a rien d’étonnant vu leur méconnaissance du sujet comme démontré antérieurement…
  • Les revendications des jeunes ne sont en rien un cri du cœur : il s’agit simplement de mots déjà construits par d’autres scientifiques, politiciens ou écologistes. Les jeunes ne font que les gober et les répéter comme des perroquets sans se poser la moindre question. Or, un perroquet n’a jamais convaincu personne.
  • Enfin, les discours qu’ils lancent impliquent certaines actions devant être tenues. Combien de jeunes arrêteront de prendre l’avion, mangeront moins de viande voire deviendront végétarien ou n’achèteront pas un nouveau smartphone pour le climat ?

Bref, il est difficile de prendre un jeune militant au sérieux lorsqu’il intervient à la radio où à la TV, surtout quand il débite d’importantes inepties telle l’affirmation pleine de désespoir (et surtout d’ignorance) « Pourquoi aller en cours si on n’a plus d’avenir ? » [14] « Ils [les parents] s’inquiètent pour [notre] diplôme, mais il ne servira à rien s’il n’y a plus de planète » [15]… On peut en conclure que les jeunes manifestants sont un peu comme le CO2 : ils absorbent sans réfléchir.

Jeunes Wavriens manifestant « pour le climat » en mars 2019. Source : RTBF

5. Inutile scientifiquement

Comme démontré à de multiples occasions entre autres sur Science-Climat-Énergie (SCE) (voir notamment iciici ou ici), quelles que soient les revendications des jeunes pour atténuer le réchauffement climatique, comme la réduction des émissions de gaz à effets de serre, de telles mesures n’auront aucun effet significatif sur la ‘température moyenne globale’, voire n’auront aucun effet du tout. Cet argument peut paraître facile voire trop simple, mais comme dirait Jean-Pascal Van Ypersele : « Nobody can negotiate with the laws of physics » [16].

6. Inutile socialement

Certains climato-alarmistes, comme François Gemenne, géopoliticien du climat, considèrent les marches pour le climat comme un moyen utile pour influencer directement la population et non les politiciens : « Ce n’est pas aux gouvernements que vous [les jeunes manifestants] vous adressez. N’ayez pas l’illusion de penser que ce sont vos manifestations qui vont changer les politiques des gouvernements. Vous ne vous adressez pas aux gouvernements, vous vous adressez à la société dans son ensemble » [17].

L’influence des marches pour le climat sur la société peut être divisée et détectée à travers deux principaux sondages d’opinions : l’un sur les principales préoccupations des populations (dont fait partie la « peur climatique ») et l’autre sur la réelle cause du réchauffement climatique.

En ce qui concerne les sondages d’opinions sur les principales préoccupations des populations, l’Institut de Publique Sondage d’Opinion Secteur (IPSOS) publie depuis 2016 chaque mois les 17 à 18 principales inquiétudes des citoyens du monde entier comme le terrorisme, l’immigration, les crimes et violences, le manque d’éducation… et le « changement climatique », bien sûr. Dans les années 2016, 2017 et 2018, cette dernière préoccupation est restée dans le bas du classement. Les années suivantes, elle est montée au milieu du classement. Elle n’a cependant jamais atteint la 7e place. La 8e place fut atteinte seulement entre fin 2019 et début 2020. Depuis juin 2020, la préoccupation climatique a presque toujours stagné à la 9e place, sans jamais pouvoir monter d’un cran [18].

Si les marches pour le climat et leur médiatisation ont vraisemblablement mais partiellement contribué en plusieurs années à l’élévation de la cause climatique jusqu’au milieu du classement, n’oublions pas que la médiatisation du GIEC, de ses rapports, des scientifiques et personnalités climato-alarmistes ainsi que des événements extrêmes y ont également contribué, sans doute de manière prépondérante. Quoi qu’il soit, il semblerait que le grand public n’ait jamais considéré le réchauffement climatique comme l’un des 7 plus grands problèmes de l’humanité. À titre de comparaison, depuis plus d’un an, la préoccupation « Coronavirus (COVID-19) » occupe toujours la première place du classement.

En ce qui concerne les sondages d’opinions sur la réelle cause du réchauffement climatique, l’IPSOS a publié une étude en novembre 2019 et a conclu que cette année-là la proportion de personnes dans le monde affirmant que « il y a un changement climatique, mais pas d’origine humaine » était de 23 % [19]. Un an plus tard, selon une étude publiée en décembre 2020 par la même organisation, ce nombre est passé à 25 % [20]. Il y a donc eu une augmentation de 2 % en un an… Les Terriens sont donc de plus en plus climato-réalistes (ici) ! Alors ? Où est l’effet social des marches pour le climat ? Par ailleurs, notons qu’avec un chiffre si élevé, il semblerait que, dans le monde populaire – tout comme dans le monde scientifique –, il y ait une importante divergence et un véritable débat à propos de l’origine du réchauffement climatique.

Bref, les manifestations climatiques n’ont – heureusement – pas influencé la société de manière significative.

7. Inutile politiquement

Les grèves climatiques, comme le rappelle plus haut François Gemenne, n’ont aucune influence perceptible directe sur les politiques climatiques, mais ça, ce n’est pas vraiment une surprise… Ces dernières n’ont jamais été à la hauteur des accords de Paris, et n’ont pas significativement amélioré au fil du temps ces dernières années. Et tant mieux !… car les solutions qui sont proposées sont tout sauf bénéfiques (voir notamment iciici ou ici).

8. Les élèves violent les missions de l’école

Les élèves faisant l’école buissonnière transgressent directement deux articles fondamentaux des missions prioritaires de l’enseignement secondaire [21] :

  • • Article 6 : « Amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle ».
  • ◦ Cet article est violé par les brosseurs de cours et les établissements qui les soutiennent puisqu’un manquement au cours au profit d’une activité non-instructive qu’est la manifestation pour le climat n’améliore en rien les savoirs et les compétences des élèves, mais au contraire les faire régresser.
  • Article 8 : « [Faire] respecter par chaque élève l’obligation de participer à toutes les activités liées à la certification organisée par l’établissement, et d’accomplir les tâches qui en découlent ».
  • ◦ Les cours faisant partie des « activités liées à la certification organisée par l’établissement », les élèves qui manquent volontairement les cours et les établissements qui soutiennent cet absentéisme violent donc une autre mission de l’enseignement secondaire.

Certaines organisations, comme l’UFAPEC, ont argué que les manifestations pour le climat « peuvent s’intégrer dans une des missions de l’institution scolaire qui est d’éduquer à l’exercice de la citoyenneté » [22]. Les missions en question soutenant cet argument sont les suivantes :

  • Article 6 : « 2° Amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle ; 3° Préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures. »
  • Article 8 : « Pour remplir les missions prioritaires visées à l’article 6, les savoirs et les savoir-faire, qu’ils soient construits par les élèves eux-mêmes ou qu’ils soient transmis, sont placés dans la perspective de l’acquisition de compétences. Celles-ci s’acquièrent tant dans les cours que dans les autres activités éducatives et, de manière générale, dans l’organisation de la vie quotidienne à l’école. »

En réponse à cet argument, il faut reconnaître que la participation et l’organisation des « marches pour le climat » (et non des grèves, c’est-à-dire les manquements aux cours) permet effectivement dans certaines conditions d’éduquer à l’exercice de la citoyenneté, malgré la médiocrité de leur utilité scientifique, sociale et politique comme démontré dans les points 5, 6 et 7 de notre analyse. D’une part, l’objectif « officiel » de ces marches est principalement d’influencer les politiques climatiques (objectif validé par les missions de l’école), mais cet objectif ne motive seulement qu’une fraction des jeunes manifestants comme démontré dans le point 3 de notre analyse, les autres manifestants ayant d’autres objectifs sans lien avec le climat (objectifs invalidés par les missions de l’école). D’autre part, pour que ces marches soient entièrement favorables à l’exercice de la citoyenneté en ne contredisant pas les missions de l’école, elles doivent être prévues hors heures scolaires (mercredi après-midi ou week-end, par exemple), ce qui est loin d’être le cas. Bref, cet argument est fortement discutable.

L’UFAPEC a ajouté que « en matière d’éducation à l’environnement, autre mission de l’école, ces marches peuvent aussi s’intégrer dans les programmes » [22] en se servant des missions suivantes :

  • Article 67 : « Le plan de pilotage dont le modèle et les modalités sont arrêtés par le Gouvernement, comprend notamment les points suivants : (…) la stratégie relative notamment à la promotion de la citoyenneté, de la santé, de l’éducation aux médias, de l’environnement et du développement durable. »
  • Article 73 : « Tous les trois ans au moins, le projet d’établissement comprend également le bilan des indications relatives (…) aux initiatives prises en matière d’éducation aux médias, à la santé, à la vie relationnelle, affective et sexuelle et à l’environnement. »

En réponse à cet argument, ce dernier est facilement réfutable parce que les marches pour le climat, contrairement à de véritables actions écologistes par exemple relatives à la pollution et à la lutte contre l’effondrement de la biodiversité, n’auront aucun effet direct ou indirect sur le climat et donc sur l’environnement pour les raisons déjà détaillées dans le point 5 de notre analyse.

Malgré l’incompatibilité entre la grève climatique et les missions de l’école, chaque direction d’établissement scolaire était libre d’autoriser, avec ou sans contraintes, ou de refuser ces grèves. Il y avait de tout : certaines écoles comme celles de Louvain étaient plutôt favorables aux grèves en acceptant le départ de leurs élèves, tandis que d’autres y étaient plutôt défavorables en y appliquant une tournante afin que ce ne soit pas toujours les mêmes élèves qui soient absents le même jour. Certaines écoles très défavorables se sont contentées d’envoyer le SMS suivant aux parents : « Mme, M. par décision ministérielle, toute absence pour cause de manifestation sera considérée comme injustifiée, même si elle est couverte par un justificatif », tandis que d’autres très favorables, notamment des écoles flamandes, ont carrément obligé les élèves à aller manifester (!) …

En résumé, les missions de l’école contredisent ces grèves et ne les soutiennent pas non plus.

9. Conclusion

En conclusion de cette longue analyse, les jeunes grévistes, qui manquent grandement de crédibilité et répètent mécaniquement des paroles déjà construites par d’autres, pratiquent des pseudo-grèves, violent les lois fondamentales de la présence requise au cours et transgressent les missions prioritaires de l’enseignement secondaire. Leurs malhonnêtes motivations, qui concordent avec le bon sens ainsi qu’avec des témoignages d’enseignants-parents et d’élèves eux-mêmes, sont également confirmées par leur ignorance profonde et en chute libre de la science, du climat et de l’énergie. De telles grèves et marches sont d’autant plus honteuses qu’elles sont inutiles, voire nuisibles scientifiquement, socialement et politiquement. En raison de tels défauts, les grèves scolaires pour le climat sont donc d’une extraordinaire inutilité et nuisibilité.

Chers Élèves et chers Étudiants, vous qui voulez vraiment le bien de la planète, pourquoi répandez-vous votre amour de la nature et de l’homme dans les rues de Bruxelles plutôt que dans votre école ? Avez-vous oublié la pollution qui règne dans votre propre établissement et qui dégrade votre proche environnement ? Avez-vous oublié cet élève qui travaille dur, fournit de nombreux efforts pour lutter contre la difficulté insurmontable des cours où il patauge, mais n’y arrive pas et souhaiterait tant recevoir un peu de soutien ? Avez-vous oublié ce garçon ou cette fille qui est seul, très seul, n’a pas beaucoup d’amis et reste souvent dans son coin ? Si si, vous voyez très bien de qui je parle… Ce camarade de classe dont d’autres élèves se moquent, dans les couloirs et même sur les réseaux sociaux… Vous voyez cette personne ? Elle a besoin de VOUS.

Sauver le monde ne nécessite pas de courir dans les rues armés de pancartes et d’exhiber au monde entier votre envie de lutter contre l’inéluctable… Sauver le monde, c’est avant tout sauver ce que vous pouvez sauver, ce sur quoi vous avez un réel pouvoir.

En militant pour le climat, vous ne verrez aucun effet. En revanche, en militant pour le bien de ce que vous côtoyez, par exemple l’école, vous rendrez ce lieu de vie et de savoir plus beau que jamais… et vous sauverez le monde pour de vrai.

Guillermo GM, étudiant en physique à l’Université Catholique de Louvain

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Références

  • [1] ZEEGERS Jeremy, «Le problème de la définition du droit de grève», sur http://www.cjg.be/wp-cont/uploads/2014/01/2015-03-JZ-Le-probleme-de-la-definition-du-droit-de- greve.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 15h03.
  • [2] Entretien avec Raphaël Van Breugel, Directeur du Collège Saint-Hubert à Watermael-Boitsfort, Journal télévisé 19h30, reportage de Anne-Catherine Croufer, RTBF, jeudi 24/01/2019, de 1’52 à 2’54. URL : https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_des-absences-generalement-autorisees- pour-les-eleves-manifestant-pour-le-climat?id=10126373
  • [3] Entretien avec Marie-Martine Schyns, Ministre de l’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, Soir première, animé par Arnaud Ruyssen, RTBF, jeudi 17/01/2019, de 0’36 à 0’49. URL : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_marche-pour-le-climat-les-eleves-absents- seront-ils-punis?id=10121331
  • [4] Entretien avec Mathis Dubois, organisateur de la marche à Wavre et élève au Collège Notre- Dame de Basse-Wavre, Journal télévisé 13h, reportage de Juliette Pitisci, jeudi 21/03/2019, de 4’51 à 5’01. URL : https://www.rtbf.be/info/regions/detail_manifestation-pour-le-climat-mobilisation- parfois-sans-le-soutien-de-l-ecole?id=10176580
  • [5] HELLEMANS Anne, Directrice Générale adjointe de l’Enseignement Obligatoire, « Circulaire 7045 du 14/03/2019 : Information relative à la participation des élèves de l’enseignement secondaire aux marches pour le climat » sur https://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/46055_000.pdf, consulté le 24/08/2021 à 21h05.
  • [6] HIRTT Nico, « École, savoirs, climat : Enquête sur les connaissances et la conscientisation des élèves de fin d’enseignement secondaire, à propos du dérèglement climatique» sur https://www.skolo.org/CM/wp-content/uploads/2019/10/Ecole-savoirs-climat-Aped-2019.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h27.
  • [7] Entretien avec un enseignant-papa récolté le 20 mars 2019, dans LORIERS Bénédicte, « Les marches des jeunes pour le climat, un apprentissage citoyen ? », sur https://www.ufapec.be/files/files/analyses/2019/0719-marches-climat.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h50.
  • [8] LEURQUIN Anne-Sophie, « Marche des jeunes pour le climat : quel est le manifestant type », sur https://plus.lesoir.be/207987/article/2019-02-20/marche-des-jeunes-pour-le-climat-quel-est-le- manifestant-type, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h43.
  • [9] Entretien avec un professeur de chimie à la Haute Ecole HELMO à Liège récolté le 20 mars 2019, dans LORIERS Bénédicte, « Les marches des jeunes pour le climat, un apprentissage citoyen ? », sur https://www.ufapec.be/files/files/analyses/2019/0719-marches-climat.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h50.
  • [10] Entretien avec un jeune manifestant, dans MASSIOT Aude et DIDELOT Nelly, « Climat : les jeunes manifestent la larme verte à l’oeil », sur https://www.liberation.fr/planete/2019/03/15/climat-les-jeunes-manifestent-la-larme-verte-a-l- oeil_1715339/, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h56.
  • [11] RITTAUD Benoît, « À propos de la « grève scolaire mondiale » pour le climat », sur https://www.climato-realistes.fr/greve-scolaire-mondiale-pour-le-climat-communique/, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h.
  • [12] Entretien avec de jeunes manifestants, Journal télévisé 13h : Édition spéciale, reportage de T. D. Quach, RTBF, jeudi 31 janvier 2019, de 0’43 à 1’03. URL : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_marche-pour-le-climat-le-mouvement-ne-s-effrite-pas-il-s- eparpille-dans-la-belgique?id=10133410
  • [13] Entretien avec de jeunes manifestants, dans VIRIET Léa, « « J’ai pas la thune pour aller sur la Lune » : 300 Rennais font la grève pour le climat », sur https://lesjeunespoussent.fr/2019/05/01/jai- pas-la-thune-pour-aller-sur-la-lune-300-rennais-font-la-greve-pour-le-climat/, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h15
  • [14] Entretien avec Piero Amand, jeune manifestant, dans « Élèves flamands et francophones sèchent les cours pour le climat: « Pourquoi aller en cours si on n’a pas d’avenir ? » », RTBF, sur https://www.rtbf.be/info/societe/detail_eleves-flamands-et-francophones-sechent-les-cours-pour-le- climat-pourquoi-aller-en-cours-si-on-n-a-pas-d-avenir?id=10120746, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h20.
  • [15] Entretien avec Fany, jeune manifestante, dans VIRIET Léa, « « J’ai pas la thune pour aller sur la Lune » : 300 Rennais font la grève pour le climat », sur https://lesjeunespoussent.fr/2019/05/01/jai-pas-la-thune-pour-aller-sur-la-lune-300-rennais-font-la- greve-pour-le-climat/, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h15
  • [16] Citation de Jean-Pascal Van Ypersele, dans BOWDEN John, « Climate change researcher warns ‘so-called superpowers’ against arguing with ‘the laws of physics’», sur https://thehill.com/policy/energy-environment/421126-climate-change-researcher-warns-so-called- superpowers-against, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h32.
  • [17] Entretien avec François Gemenne, « Adélaïde Charlier, la meuf du climat », réalisé par Quentin Ceuppens, RTBF, le mardi 25/05/2021, de 49’32 à 49’48. URL: https://www.rtbf.be/auvio/detail_adelaide-charlier-la-meuf-du-climat?id=2772716
  • [18] Résulats provenant d’articles « What Worries the World? » parus mensuellement par l’Institut Publique Sondage d’Opinion Secteur (IPSOS) sur https://www.ipsos.com/en et consultés le mardi 24/08/2021.
  • [19] IPSOS, « Obs’COP 2019 : présentation des résultats de l’observatoire international climat et opnions publiques », sur https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2019-11/ ipsos_pour_edf_obscop_27nov.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h48.
  • [20] IPSOS, « Obs’COP 2020 : présentation des résultats de l’observatoire international climat et opnions publiques », sur https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2020-12/ edf_obscop_rapport_global_fr.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 17h49.
  • [21] « Décret « Missions » du 24 juillet 1997 (mis à jour du 09 octobre 2018) », surhttp://www.enseignement.be/index.php?page=23827&do_id=401, consulté le mardi 24/08/2021 à 18h03.
  • [22] LORIERS Bénédicte, « Les marches des jeunes pour le climat, un apprentissage citoyen ? », sur https://www.ufapec.be/files/files/analyses/2019/0719-marches-climat.pdf, consulté le mardi 24/08/2021 à 16h50.

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