Publié par Christian Larnet le 16 septembre 2021

Facebook et son PDG Mark Zuckerberg sont confrontés à un nouveau scandale après que des documents internes montrent que l’entreprise a accordé un traitement spécial à des utilisateurs privilégiés et puissants pendant que les petites gens sont priés de se soumettre et de dire merci à Facebook.

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Selon un rapport du Wall Street Journal, le programme « XCheck » de Facebook a protégé des utilisateurs VIP de la procédure habituelle d’application de la modération de l’entreprise. « Ces personnes peuvent violer nos normes sans aucune conséquence », précise la note d’accompagnement du programme, qui n’aurait jamais dû être rendue publique, puisque Facebook est « la plateforme la plus transparente ».

Cette nouvelle fuite de documents compromettants, mais nullement gênants pour le géant des réseaux sociaux, qui arrose suffisamment le Congrès pour qu’aucune loi ne soit votée contre ses abus totalitaires, intervient après que l’entreprise ait affirmé être « la plateforme la plus transparente en ligne ». Et nous nous rendons compte que non seulement elle n’est pas la plateforme la plus transparente, non seulement elle est la moins transparente, mais elle est tellement à gauche qu’elle applique le manuel soviétique du double standard : une règle pour les privilégiées, le strict contrôle pour les autres, qui sont en plus priés de remercier Facebook de les laisser utiliser sa plateforme.

Facebook avait un problème sur les bras. Les utilisateurs publiaient des messages qui étaient pris en charge par le système de modération automatique de l’entreprise ou supprimés par ses modérateurs humains. Le problème n’était pas que les modérateurs, humains ou autres, avaient tort de supprimer les publications. Non, le problème était que les personnes à l’origine des publications qui devaient être supprimées étaient célèbres ou importantes, et que l’entreprise ne voulait pas avoir de problème de relations publiques avec eux.

Facebook a donc mis au point un programme appelé XCheck, ou contrôle croisé, qui est devenu une liste blanche secrète.

Au fil des ans, XCheck a permis à des célébrités, des politiciens, des influenceurs, des athlètes, des militants, des journalistes et même des « influenceurs animaliers » comme « Doug the Pug » de publier ce qu’ils voulaient, avec peu ou pas de conséquences en cas de violation des « règles de communauté », pendant que les autres subissaient un contrôle strict, voire même abusif.

« Pour quelques membres choisis de notre communauté, nous n’appliquons pas nos politiques et nos normes », peut-on lire dans un rapport interne de Facebook publié dans le cadre d’une enquête du Wall Street Journal.

« Contrairement au reste de notre communauté, ces personnes peuvent violer nos normes sans aucune conséquence. »

« Quelques membres » est un terme relatif chez Facebook, car il concerne 5,8 millions de personnes, dont beaucoup avec un nombre très important de followers. Cela signifie qu’un grand nombre de personnes influentes sont autorisées à publier de manière largement incontrôlée sur Facebook et Instagram pendant que des milliards de petits utilisateurs font la fortune de Facebook sans rien recevoir.

Cauchemar de relations publiques

Suite aux révélations, le géant des médias sociaux a reconnu que le programme existait pour les politiciens en 2019, mais les détails et l’étendue du traitement injuste et profondément inéquitable de XCheck sont nouveaux. Facebook est apparemment conscient des problèmes de XCheck, d’après des extraits du rapport, mais l’entreprise a eu du mal à régler les problèmes. Avant d’apporter des changements à XCheck, le chef de produit du programme a écrit dans un rapport : « Nous devons trouver un équilibre entre cela et le risque commercial » – autrement dit, le risque de se faire prendre.

Traitement VIP

Même dans les cas où le contenu est finalement supprimé, Facebook a traité les utilisateurs VIP différemment des autres. Dans les documents examinés par le WSJ, le cas de Neymar, le joueur de football brésilien, expose bien le problème.

  • En 2019, il a publié sur Facebook et Instagram une vidéo contenant des photos dénudées d’une femme qui l’avait accusé de viol. Il a affirmé qu’elle lui faisait de l’extorsion.
  • Pour les utilisateurs normaux, la publication d' »images intimes non consensuelles » déclenche une réponse instantanée : elle est immédiatement supprimée, et le compte de la personne est désactivé.
  • Au lieu de cela, la vidéo de Neymar est restée affichée pendant plus d’une journée.
  • Les modérateurs habituels n’ont pas pu y toucher, et lorsqu’elle a été retirée par l’équipe XCheck, 56 millions de personnes l’avaient vue.
  • La vidéo a été repostée 6 000 fois,
  • Conséquence, de nombreux commentateurs ont insulté, menacé et harcelé la femme.

Fondamentalement, Facebook présume des « bonnes intentions » de la part des utilisateurs VIP très connus et d’adopter une approche « innocent jusqu’à preuve du contraire », a écrit un chef de produit de l’équipe de prévention des erreurs de Facebook. A l’inverse, les autres, les vulgaires sont considérés comme « coupables sans aucun pouvoir de s’expliquer ». Quand ils sont censurés ou interdits pendant une durée décidée par Facebook, voire interdits, ils n’ont que la possibilité de se référer aux « règles de la communauté », qui ne couvre bien entendu par leur cas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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