Publié par Guy Millière le 17 octobre 2021

Le début de la campagne électorale d’Éric Zemmour a eu pour mérite de replacer le débat politique à un niveau essentiel, qui avait quasiment disparu de l’horizon, celui de la survie du pays, et tous les candidats effectifs ou potentiels ont dû adapter leur discours et l’élever au-dessus de la médiocrité dans laquelle ils gisaient jusque-là. Le début de la campagne électorale d’Éric Zemmour a aussi eu un autre mérite : l’obsession monomaniaque envers la pandémie qui imprégnait tous les médias français s’est (presque) effacée.

Ce n’est pas pour autant que les conséquences de l’utilisation politique de la pandémie ont disparu. La France est dans le cadre d’un état d’urgence et d’un recours omniprésent au passeport sanitaire, et il est désormais probable qu’état d’urgence et mérite : recours omniprésent au passeport sanitaire durent jusqu’à l’été 2022, ce qui, le cas échéant, signifiera que non seulement la France restera dans un fonctionnement de pays à régime autoritaire pendant des mois encore, mais aussi que  les élections présidentielles et parlementaires de 2022 auront lieu dans ce cadre, ce qui pourrait permettre bien des manœuvres: le recours au vote par correspondance s’est révélé utile pour que prennent place les fraudes qui ont permis à des crapules gauchistes d’écarter Donald Trump de la Maison Blanche aux Etats-Unis, et il semble que cela ait donne des idées à l’occupant de l’Elysée. Ces idées ne seront pas nécessairement retenues, mais on peut être assuré d’une chose, Macron fera tout pour rester Président, et il a de son côté tant de moyens qu’il a, hélas, de grandes chances pour réussir, et ceux qui espèrent le voir partir devraient se souvenir de l’élection présidentielle de 2017, de l’élimination de François Fillon par une opération sordide, de l’omniprésence médiatique d’Emmanuel Macron, de la façon dont il a été imposé par défaut, après élimination de son principal adversaire et utilisation de la peur d’un fascisme imaginaire censé être incarné par Marine Le Pen (qui n’avait de toute façon pas l’étoffe requise). Les mêmes recettes peuvent être utilisées (avec des variations), et elles peuvent fonctionner. L’utilisation de la pandémie a permis de poser un couvercle sur la colère anti-Macron qui montait dans la population française et de restreindre de multiples libertés. La propagande incessante et l’utilisation de la peur de la maladie ont fait le reste. La restriction de multiples libertés peut s’accentuer. L’utilisation de la peur et de la maladie reste disponible.

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Puis-je l’ajouter ? Que Macron ait un socle électoral important et reste apparemment en tête des sondages montre, si les sondages sont exacts (et je crains qu’ils le soient), qu’il existe chez nombre de Français une capacité d’oubli  et une tendance à la soumission: qu’un individu, Macron, qui a accusé la France de crime contre l’humanité, qui a montré ouvertement son mépris pour la population (et particulièrement pour les plus pauvres), qui a traité le réel désespoir des gilets jaunes avec une obscène arrogance et avec une violence mutilatrice sans précédent depuis des décennies, et qui a géré une crise sanitaire de manière calamiteuse, en enfermant toute la population, en provoquant une récession grave, en interdisant l’hydroxychloroquine et en autorisant le Rivotril pour éliminer les vieilles personnes malades,  en suspendant la possibilité pour les médecins de soigner en leur âme et conscience et de respecter le serment d’Hippocrate, puisse ne pas susciter un rejet plus profond et plus massif est absolument consternant.

Que des millions de Français semblent inconscients de la situation dramatique du pays et des dangers extrêmes qui pèsent sur la civilisation occidentale, et puissent accepter de continuer à être gouvernés par un homme qui n’a rien accompli en presque cinq ans, qui a montré plusieurs fois qu’il avait nettement dépassé son seuil de compétence et qui a pris des décisions ineptes et parfois criminelles (combien de personnes sont mortes pendant la crise sanitaire qui n’auraient pas dû mourir, et ne seraient pas mortes si des décisions plus optimales avaient été prises)  est plus consternant encore.

Que des millions de Français aient accepté docilement que la France passe à un fonctionnement de régime autoritaire au moment du grand enfermement et des autorisations de sortie très limitées, et acceptant de vivre présentement en devant présenter un ausweis pour se rendre au restaurant, au café et dans tous les lieux publics, et qu’en un moment où des dangers très concrets et très mortels montent sur l’horizon, ces mêmes millions de Français disent, parce qu’on leur a bourré le crâne, que leur  préoccupation majeure est le “dérèglement climatique anthropique” laisse sans voix.

Qu’Eric Zemmour, tout en suscitant l’enthousiasme de certains, qui veulent voir en lui un sauveur suprême, suscite aussi la détestation de nombreux autres pourraient indiquer que l’avenir est peut-être porteur de déception.

Je ne veux pas penser qu’un pays a les dirigeants que sa population mérite, car je vis dans un pays où un Président effroyable, illégitime et gâteux est arrivé au pouvoir par effraction, mais une révolte monte aux Etats-Unis et les démocrates seront sans doute balayés lors des élections de mi-mandat, mais je crains que Macron, lui-même effroyable, illégitime (et pas gâteux) ne soit pas balayé l’année prochaine en raison de ce qu’est aujourd’hui, semble-t-il, le choix lamentable d’une majorité de la population française.

Je le dis en espérant me tromper, et en souhaitant que Macron soit chassé au plus tôt. Et je le répète, au-delà de mes désaccords avec lui, je soutiendrai Éric Zemmour, car, sur l’essentiel, il a raison, et je n’ai jamais été de ceux qui lorsqu’on leur montre la lune regardent le doigt et ne voient rien d’autre. Et juste un dernier point : mes articles sur les Etats-Unis et l’évolution du monde ont soudain bien moins de lecteurs. Je comprends que l’élection présidentielle française passionne et qu’Éric Zemmour déclenche lui-même des passions, mais la France n’est pas une ile éloignée de tout. La turbulence du monde a un impact sur la France, et se désintéresser de la turbulence du monde peut nuire à la possibilité de discerner cet impact. Je ne cite jamais Léon Trotsky, car je suis aussi éloigné du communisme qu’il est possible de l’être, mais Léon Trotsky a dit au moins une fois dans sa vie une phrase pertinente : “Vous pouvez ne pas vous intéresser à la guerre, mais la guerre, elle, s’intéresse à vous”.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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