Publié par Eduardo Mackenzie le 19 octobre 2021

Avant-hier fut un jour de grande solitude pour des dizaines de milliers d’enseignants en France. Le ministère de l’Éducation nationale a rendu hommage au professeur Samuel Paty, 47 ans, qui a été assassiné il y a un an par un islamiste réfugié en France, alors qu’il sortait de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Abdoullakh Anzorov, un Tchétchène de 18 ans, né à Moscou, a attaqué au couteau le professeur, l’a tué et l’a décapité. Alertée par des témoins, une patrouille de la police a retrouvé l’agresseur deux cents mètres plus loin. Le criminel a crié des slogans islamistes et a tenté de les attaquer avec un couteau et un révolver. Les agents de l’ordre l’on abattu. Quelques minutes plus tôt, l’islamiste avait revendiqué son acte dans un message audio en russe, affirmant avoir « vengé le prophète » Mahomet parce que le professeur l’avait « montré d’une manière insultante ».

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La décapitation barbare du professeur Paty a déclenché une vague de rejet et de fureur dans toute la France pendant des mois. Des personnalités ont demandé au gouvernement de prendre des mesures fortes pour « mettre fin à la gangrène islamiste ». Or, la gauche pro-islamiste a soutenu, au contraire, que ces mesures étaient difficiles à appliquer et qu’elles étaient juridiquement  ʺimpossiblesʺ.

Samuel Paty a été tué quelques jours après que certains individus ont diffusé, sur les réseaux sociaux, des messages et des vidéos hostiles à son encontre pour avoir montré aux élèves les caricatures de Mahomet publiés par Charlie Hebdo, lors d’un cours sur la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de la liberté de conscience, c’est-à-dire pour avoir enseigné trois droits fondamentaux en France.

La justice antiterroriste a mis en examen 15 personnes. Deux hommes, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, sont incarcérés depuis près d’un an pour ʺcomplicité dans un assassinat terroristeʺ. Le premier est le père de l’étudiante de 13 ans qui, quelques semaines avant la décapitation, inventa que le professeur Paty avait sorti des élèves musulmans de la classe pour le fait d’être des musulmans, avant de montrer les caricatures. Enragé, Chnina a donné l’adresse du collège et a gesticulé que ce professeur devait être « stoppé ». Un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, a saisi ce message et l’a gonflé de vidéos et d’insultes encore plus violentes. Tous deux ont fait irruption dans le collège pour demander l’exclusion de l’enseignant. En réponse à de tels appels, le futur meurtrier a contacté Brahim Chnina depuis Toulouse par WhatsApp et lui a demandé des précisions sur l’affaire. Le 8 octobre, une semaine avant le meurtre, Chnina a déposé une plainte contre le professeur pour ʺdiffusion d’images pornographiquesʺ.

Le 16 octobre, le Tchétchène est arrivé  au collège. Il a payé plusieurs centaines d’euros à cinq étudiants âgés de 14 à 15 ans qui avaient accepté de lui signaler le professeur Paty. Anzorov leur avait dit qu’il voulait gronder Paty et lui demander de s’excuser. Les cinq mineurs sont inculpés aujourd’hui, mais en liberté, pour « complicité dans un meurtre lié à une opération terroriste ». La fille de Chnina a été également mise en ex  amen. Devant le juge, elle a avoué avoir menti car elle n’était pas en classe lorsque le professeur Paty a évoqué la liberté d’expression. Plus précisément, elle avait été suspendue de l’école pour non-respect des règles de biosécurité contre le Covid.

L’enquête se poursuit donc et le procès, affirme la presse, sera ouvert dans deux ans. Cependant, ces mesures judiciaires n’ont pas dissipé la peur et le profond   malaise des enseignants. Après ce meurtre, l’enseignement de la liberté d’expression est devenu une source d’angoisse pour les professeurs d’histoire. Le journal Le Parisien a publié un communiqué de Bruno Modica, porte-parole de ces enseignants, qui déclare : « Nous savons que nous devons appliquer nos méthodes sans concessions ni faiblesses, mais certains enseignants sont traumatisés et changent leur façon d’enseigner. » Le magazine Le Point a donné la parole à Laurence Bardeau-Almeras, enseignante toulousaine : ʺJe donne ce cours sur la liberté d’expression chaque année. Evidemment, je me suis dit : ça aurait pu être moi !ʺ.

La famille de Samuel Paty reste inconsolable et bien que leur sentiment ne soit pas celui de la haine contre l’Education nationale qui n’a pas su le défendre et même lui a demandé de présenter ses excuses, ils font savoir, par l’intermédiaire de leur avocate Virginie Leroy, qu’ils ressentent « un grand sentiment d’injustice et de douleur » et que les hommages des 15 et 16 octobre devraient servir à ʺtenir tête à l’islamisme radicalʺ. La déception de cette famille a dû être grande hier lorsque le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a révélé que lors de la minute de silence ʺfacultativeʺ, dans les actes d’hommage à l’enseignant martyr,  ʺil y a eu 98 incidents dont 7 d’une spéciale gravitéʺ.

Ce qui scandalise des millions de personnes, c’est que dans l’année qui s’est écoulée depuis l’attentat, le gouvernement de Macron n’a pas lancé l’offensive de reconquête éducative que beaucoup lui demandaient pour expliquer aux élèves ce qu’est l’islamisme radical et comment la France doit se battre pour protéger ses enseignants et maintenir ces droits sans céder au terrorisme djihadiste.

Un écrivain, David Di Nota, a publié récemment un livre intitulé J’ai exécuté un chien de l’enfer, relatant ses recherches sur la manière dont le piège contre le professeur Paty a été tendu. Il y prouve aussi que la hiérarchie de l’éducation nationale n’avait apporté ni soutien ni protection à l’enseignant et qu’elle a préféré croire  la fable inventée par l’élève de 13 ans. Il souligne que la ligne du ministère de « ne pas faire de vagues » rend la lutte idéologique contre l’islamisme pratiquement inexistante dans l’appareil éducatif. « Vous ne pouvez pas combattre les islamistes si nous ne désarmons pas les concepts qui les soutiennent », a déclaré David Di Nota à une chaîne de télévision.

Un autre professeur, la cible aussi d’insultes et de menaces, est Didier Lemaire, qui enseignait la philosophie dans plusieurs collèges de Trappes. Il estime que « rien n’a changé depuis la mort de Samuel Paty ». Dans son livre, Lettre d’un hussard de la République, il détaille pourquoi il a dû fuir Trappes, ville peuplée à 60% de musulmans,  face à l’hostilité du maire islamo-gauchiste, Ali Rabeh, et comment des milliers d’autres professeurs qui osent enseigner ce qu’était l’Holocauste pendant la Seconde Guerre mondiale sont victimes d’agressions verbales de la part d’étudiants et des parents qui les accusent d’ʺislamophobieʺ sans que les autorités ne fassent quoi que ce soit pour les protéger.

A ce titre, peu ont été surpris lorsque la presse a révélé, jeudi dernier, un sondage Ipsos selon lequel 22% des étudiants français, âgés de 18 à 30 ans, considèrent que le professeur Paty ʺa fait une erreurʺ et a commis une « provocation » quand il a montré les caricatures. Pire : 9%  de ce groupe  ont dit qu’ils ʺpartagent les motivationsʺ de la personne qui a décapité le professeur Samuel Paty !

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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