Publié par Gilles William Goldnadel le 26 octobre 2021

L’audiovisuel public a fait l’objet dernièrement de nombreuses critiques, eu égard notamment à son manque de pluralisme et de neutralité idéologique. L’avocat Gilles-William Goldnadel estime que le sujet pourrait être un thème électoral stratégiquement intéressant.

Après Valeurs Actuelles et Causeur (au numéro spécial duquel nous avons contribué), voilà que Le Figaro Magazine de cette semaine consacre sa couverture à l’audiovisuel public, ornée de l’éloquente légende « À gauche toute ».

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Une enquête circonstanciée (diligentée par P.de Boishue, G.de Montjou et J.Waintraub) révèle les dernières manifestations hautes en couleur rouge du tropisme idéologique de France Inter et dans une moindre mesure de France Télévision. Les éditorialistes et les faux comiques de la maison ronde sont passés en revue de détail sans aménité mais avec équité.

Les plumitifs de gauche ont perdu le magistère intellectuel et moral qui leur conférait leur pouvoir sans partage de domination et d’intimidation.

Gilles-William Goldnadel

L’auteur de cette chronique avait déjà tenu informé des derniers errements idéologiques relatés puisque, comme bien le savent ses lecteurs, celui-ci fait depuis des années de la question médiatique publique un enjeu majeur culturel, politique et même psychologique. Que la presse conservatrice dans son ensemble ait donc décidé désormais de regarder sans complexe le problème de face lui paraît, sans emphase, être consubstantiel d’une manière de révolution culturelle.

Cela signifie en creux que la gauche a perdu sa capacité d’intimider. « L’intellectuel » de gauche n’impressionne plus et le journaliste gauchisant ne fait plus peur.

Le premier a suivi la dégringolade de prestige de l’université française aux mains des censeurs woke ou racialistes, le second est davantage regardé comme un militant ou comme un sermonneur prêchi-prêcha que comme un professionnel de l’information.

Pour l’écrire autrement, la force d’abus de leur pouvoir d’exclusion par l’injure ou le ricanement, de décalages criants entre leur virtuel fantasmé et la réalité tragique des simples gens, les plumitifs de gauche ont perdu le magistère intellectuel et moral qui leur conférait leur pouvoir sans partage de domination et d’intimidation.

Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’ils en soient conscients, raison pourquoi ils s’efforcent désespérément, toujours par le dénigrement, jamais par le raisonnement, d’empêcher la reconstitution d’un paysage audiovisuel moins monopolistique en faveur de leur conformisme idéologique.

Au sein du monde politique conservateur français, la détermination de faire de la question de la mainmise de l’idéologie gauchisante dans l’audiovisuel public un scandale démocratique, et même comme je le suggère depuis des semaines un thème électoral stratégiquement intéressant est moins avancée.

On peut craindre ici que, comme souvent, l’explication prosaïque soit la plus pertinente. L’individu politique répugnant à être privé d’antenne publique pour cause de témérité excessive ou de franchise inappropriée. Seule, à notre connaissance, la candidate du Rassemblement National a eu le mérite de proposer la suppression de la redevance audiovisuelle. Malheureusement cette proposition n’est motivée que pour des raisons économiques, au demeurant justifiées, mais non pour des raisons démocratiques autrement supérieures.

La chaîne européiste Arte a accompli sa mission en réglant de manière militante et décomplexée son compte au gouvernement conservateur polonais régulièrement dénigré.

Gilles-William Goldnadel

De l’autre côté de la Manche, Boris Johnson a su poser la question pour ces deux raisons cumulées à l’égard d’une BBC elle aussi inféodée à l’idéologie gauchisante, mais plus modérément qu’en France, par la grâce d’un CSA britannique qui ne se contente pas de sévir comme ici uniquement contre l’audiovisuel privé, par un paradoxe aussi déconcertant que révoltant. Et qui ne semble pourtant révolter que les télévisions privées réprimées autant qu’effrayées.

Je ne terminerai évidemment pas cette chronique médiatique jusqu’ici trop théorique sans livrer comme toujours à mon lecteur, à l’appui, quelques informations pratiques.

Cette semaine l’offensive de la Commission européenne contre le gouvernement polonais pour cause de décision du tribunal constitutionnel polonais offre quelques exemples.

Je rappelle que ce dernier a eu le malheur de déclarer contraire à sa Constitution nationale deux articles du traité européen. Il s’agit donc d’une décision judiciaire souveraine et non gouvernementale. Surtout, si les lois européennes s’imposent aux dispositions législatives nationales, il n’en est pas ainsi des règles constitutionnelles de chaque état très théoriquement souverain. Mais il s’agit de mater la trop chrétienne Pologne, trop rebelle aux « valeurs » sociétales de L’Europe multiculturelle.

On ne s’étonnera donc pas que dans ce contexte de haute intensité idéologique, nos médias publics conformistes aient rempli leur office. C’est ainsi que la chaîne européiste Arte a accompli sa mission en réglant de manière militante et décomplexée son compte au gouvernement conservateur polonais régulièrement dénigré. Ce samedi soir sur Arte Journal, sous prétexte de la question des migrants, traitée quotidiennement de manière victimaire et sans égard aucun pour les populations indigènes, le focus était mis sur une petite manifestation polonaise organisée contre le pouvoir élu démocratiquement. Aucune place n’était faite à la contradiction. Dans le cadre d’une entreprise de décérébration qui ne dit pas son nom.

Notre principale radio de service public ne fut pas en reste.

Cette semaine, Pierre Haski, le préposé à la chronique de politique étrangère, transfuge de Rue 89, a bien évidemment donné sévèrement tort à la Pologne. Il n’est peut-être pas inutile d’indiquer que le même avait confessé candidement sur France Culture qu’il avait été rétribué par Soros aux fins de surveiller le Net afin que ne survienne pas en Europe une catastrophe façon Trump…

Dans un autre domaine, notre échantillon le plus frais en rayon : Ce dimanche, à 13 h 10 sur France Inter. Un certain Lévrier, « spécialiste » es médias est invité. Il annonce qu’une tragédie vient d’être évitée. Tugdual Denis était pressenti pour diriger le JDD, or, horreur et damnation, il est à Valeurs Actuelles ! Aucune contradiction ne lui est opposée.

Le responsable de la matinale de notre radio publique et nationale dirigeait Libération.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info

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