Publié par Magali Marc le 13 octobre 2021

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid est arrivé mardi (le 12 octobre) à Washington pour un séjour de trois jours au cours duquel il devrait rencontrer la Vice-présidente Kamala Harris, le Secrétaire d’État Antony Blinken, le plus haut diplomate des Émirats arabes unis et des dirigeants juifs. La pièce maîtresse de la visite sera une réunion trilatérale entre M. Lapid, son homologue émirati Sheikh Abdullah bin Zayed et M. Blinken.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Shoshana Bryen, paru sur le site d’American Thinker, le 12 octobre.

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La visite du ministre des affaires étrangères

Le ministre israélien des affaires étrangères, Yair Lapid, arrive à Washington pour s’entretenir avec un large éventail de personnalités politiques américaines. Mais le plus important sera probablement sa rencontre avec son homologue, le Secrétaire d’État Antony Blinken.

La dernière rencontre de ce type a eu lieu en mai 2021, à la fin de la guerre des roquettes du Hamas contre Israël, avec l’appui et l’incitation à la violence de l’Autorité palestinienne (AP).

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Cette réunion, entre le Secrétaire d’État Antony Blinken et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, était en soi cordiale, mais elle a mis en évidence un large fossé dans les priorités des deux pays – et ce fossé demeure pour le Ministre Lapid.

M. Blinken avait énoncé quatre priorités pour l’Administration Biden :

  • 1) « Démontrer l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël ».
  • 2) « Commencer à œuvrer pour une plus grande stabilité et réduire les tensions en Cisjordanie et à Jérusalem. »
  • 3) « Appuyer une aide humanitaire et de reconstruction urgente pour Gaza, au bénéfice du peuple palestinien. »
  • 4) « Continuer à reconstruire notre relation avec le peuple palestinien et l’Autorité palestinienne. »

M. Netanyahu en avait cinq :

  • 1) Le souhait que les États-Unis ne reviennent pas sur le JCPOA ( NdT: L’accord sur le nucléaire de Barack Obama en 2015, connu officiellement sous le nom de Plan d’Action Global Conjoint, a accordé à l’Iran un allègement des sanctions en échange de contrôles stricts sur son programme nucléaire. En 2018, le Président américain Donald Trump, s’est retiré de cet accord multilatéral et a commencé à réimposer des sanctions).
  • 2) Le développement de la normalisation entre Israël et le monde arabe et musulman et l’approfondissement des traités de paix déjà en place.
  • 3) L’amélioration des conditions humanitaires à Gaza, notamment la question du retour des disparus et de deux civils israéliens.
  • 4) La construction de la croissance économique pour la Judée et la Samarie, la Cisjordanie, avec la coopération et la participation internationales.
  • 5) La paix avec les Palestiniens, une paix formelle car « Joe Biden avait tout à fait raison quand il a dit que l’on n’obtiendrait pas la paix tant qu’Israël ne sera pas reconnu comme un État juif indépendant. »

L’Administration Biden plaçait les Palestiniens au centre du : « processus de paix » et de la « Solution à deux États ». La réouverture du consulat américain à Jérusalem pour les Palestiniens et la restauration des fonds américains à l’AP malgré la loi Taylor Force étaient en haut de la liste.

Le rôle des Israéliens se limiterait à faciliter ces choses.

La liste complète des cadeaux américains pour l’AP est énorme et financièrement gratifiante pour une autorité connue non seulement pour sa corruption financière, mais aussi pour sa répression des droits de l’homme et des protestations, dont le meurtre de l’organisateur de manifestations Nizar Banat.

L’Iran est au centre des préoccupations d’Israël qui rejette le JCPOA et considère les Accords d’Abraham comme la voie à suivre pour la région.

Il est peu probable que cette réunion soit aussi cordiale que la rencontre Blinken/Netanyahu, précisément parce que les priorités d’Israël ne correspondent plus du tout à celles de Joe Biden et de ses acolytes.

Alors que le président (et M. Blinken) continue à faire de beaux discours concernant les limites de la capacité nucléaire iranienne, ses actions ont eu l’effet inverse : retirer les Houthis, mandataires de l’Iran, de la liste des organisations terroristes et ne pas condamner les attaques à la roquette des Houthis contre l’Arabie saoudite – alors même que les États-Unis ont retiré leurs défenses aériennes du Royaume; organiser des fonds pour l’Iran en lui permettant, entre autres, d’accéder aux fonds bloqués après que Téhéran ait détourné un navire sud-coréen et a demandé une rançon pour ses marins ; lever les sanctions contre deux producteurs de missiles iraniens ; fournir une aide financière au mandataire iranien, le Hezbollah, alors qu’il pille le Liban ; retirer les défenses aériennes américaines de la Jordanie, ce qui a eu pour effet d’augmenter le nombre d’attaques contre l’Iran, de fragiliser le roi et causant les appels du pied jordaniens à la Syrie et à l’Iran, et les appels directs au mandataire iranien et criminel de guerre Bashar Assad.

Le Secrétaire d’État adjoint Hady Amr a déploré le piètre état de la population de Gaza sans faire référence à son contrôle par le Hamas, mandataire de l’Iran, ou au fait que le Hamas installe son infrastructure terroriste dans les villes et villages palestiniens et tire sur Israël depuis sa population civile (un double crime de guerre).

Amr a demandé à Israël de «collaborer» en matière d’aide sans faire référence à la demande d’Israël de libérer deux civils israéliens et de rendre les corps de deux soldats.

Si l’Administration Biden veut vraiment se concentrer sur les Palestiniens et la place des Arabes et des Israéliens – juifs, musulmans, chrétiens et druzes, tous citoyens d’un État démocratique – elle pourrait s’inspirer d’un précédent récent.

L’Administration Trump avait invité les Palestiniens à la table des négociations s’ils remplissaient cinq conditions de base :

  • 1) le respect des droits de l’homme,
  • 2) la transparence financière et politique,
  • 3) la fin des incitations contre Israël,
  • 4) l’arrêt des compensations financières aux terroristes
  • 5) l’élimination du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

La barre n’a pas été placée bien haut, mais elle mettrait le Secrétaire Blinken et le Ministre des Affaires étrangères Lapid sur la même longueur d’onde, ce qui serait mieux que la situation actuelle, et permettrait de se concentrer sur les menaces régionales posées par l’Iran.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Sources :

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