Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 octobre 2021

Le président Macron a demandé à Gérald Darmanin de convoquer le président de la Conférence des évêques de France, après ses propos sur le secret de la confession.

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Mgr Éric de Moulins-Beaufort, pour qui le secret de la confession est « plus fort que les lois de la République », a été prié d’expliquer sa position au sommet de l’Etat français. Elle a suscité, on s’en doute, de nombreuses réactions négatives dans cette France qui a tourné le dos à ses racines, au lendemain des accusations de pédocriminalité dans l’Église catholique française publiées dans le rapport Sauvé.

Interrogé jeudi 7 octobre, le porte-parole du gouvernement a déclaré :

« Il n’y a rien de plus fort que les lois de la République dans notre pays, ça tient en une phrase, » en confirmant que le président de la République recevra Mgr de Moulins-Beaufort pour clarifier les choses.

Le ministre de l’Intérieur a déclaré que toute personne ayant connaissance d’un crime sur un enfant devait être « déliée du secret ».

« Il y a un secret professionnel qui existe pour les avocats, pour les médecins, et il y a le secret de la confession, qui a été d’ailleurs en partie reconnu par notre droit depuis très longtemps », a déclaré Darmanin.

« Mais s’agissant des crimes qui touchent les enfants et afin d’éviter la récidive (…), il m’apparaît normal », a poursuivi le ministre, de « pouvoir délier du secret les personnes qui signalent aux services de justice ou de police des enfants qui sont maltraités, violentés ».

« On doit être délié, c’est la loi qui le dit d’ailleurs, du secret ». « La loi de la République s’impose aux lois des églises. C’est comme ça. C’est la République française ».

La rencontre est prévue pour mardi 12 octobre.

Dans un communiqué, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a indiqué que cet entretien sera l’occasion de

« Rappeler qu’aujourd’hui, le secret de la confession, imposé aux prêtres par le droit canonique, n’est pas contraire au droit pénal français », mais que « le secret de la confession a toujours été respecté par la République française. »

« C’est l’honneur de la République française que de respecter ainsi la dignité de la conscience de chacun », conclut-il. 

“Le secret de la confession ouvre un espace de parole libre qui se fait devant Dieu ».

« Le secret de la confession s’impose à nous et il s’imposera… En ça, il est plus fort que les lois de la République », expliquait-il sur franceinfo, en ajoutant qu’il regarderait « de très près la recommandation de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) » sur le sujet. 

  • La commission Ciase préconise que les confesseurs aient l’obligation de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.
  • Dans une note du 8 décembre 2020, la Conférence des évêques de France défend au contraire que les « informations recueillies, par un auteur, une victime ou un témoin, à l’occasion d’une confession » ne doivent en aucun cas être rapportées par le confesseur.

« Il n’est pas permis à un prêtre de faire usage de ce qu’il a entendu en confession et donc, il ne peut en aucun cas signaler aux autorités judiciaires un pénitent, que ce soit l’auteur, la victime ou le témoin », dit la note.

Le droit français a-t-il laissé une ambiguïté dans les rapports de l’Église et de l’Etat, révélée dans cette affaire ? Le sujet doit-il se régler dans sa dimension morale ? Religieuse ? Légale ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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