Publié par Gertrude Lamy le 18 octobre 2021

Source : Lesobservateurs

L’ironie veut que ceux qui assignent les plus humbles aux vertus de la misère soient toujours les plus opulents.

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Le mythe de l’âge d’or

C’était mieux avant disent implicitement les écologistes. Ils sont les descendants spirituels de Jean-Jacques Rousseau qui avait fait avant eux l’apologie du bon sauvage et le procès (à charge) de la civilisation.

Pourtant les chasseurs-cueilleurs, par exemple, après avoir surexploité la nature à un endroit, se déplaçaient à un autre pour recommencer et recouraient aux infanticides pour limiter leur démographie.

Quand les hommes se sont sédentarisés et sont devenus cultivateurs, ils ont cessé d’être des consommateurs pour devenir des producteurs et les infanticides ont régressé, les communautés se sont densifiées.

C’est la révolution industrielle qui leur a permis d’améliorer leur condition et de travailler moins pour vivre mieux, c’est-à-dire de rendre le travail moins ingrat et moins pénible grâce au progrès technique.

Marx et ses émules, qui prédisaient l’effondrement de la société bourgeoise en raison de la pauvreté qu’elle entraînait, se sont lourdement trompés. Les écologistes prévoient de même la destruction de Gaïa…

Les sociétés modernes

Les pays faiblement industrialisés craignent plus la pollution de l’air et de l’eau que les pays riches. La bonne nouvelle est que c’est précisément en se développant qu’ils parviennent à diminuer les décès liés à ces pollutions.

Dans les pays riches, en effet :

  • des procédés innovants comme le traitement des fumées, le filtre à particules ou le pot catalytique ont réduit la toxicité de l’air;
  • les progrès accomplis en chimie et microbiologie ainsi que le traitement des eaux usées né au début du XXe siècle ont réduit l’exposition des populations aux maladies hydriques.

Les pays qui s’enrichissent connaissent les mêmes tendances. Et c’est principalement dans les pays pauvres, qu’en 2017, les pollutions de l’air et de l’eau ont tué respectivement 1,6 et 1,23 million de personnes.

Les catastrophes naturelles

Pour donner un sens aux catastrophes naturelles, les hommes ont développé trois lectures :

  • la lecture providentialiste et finaliste: elles poursuivraient un but rationnel;
  • la lecture scientifique et humaniste: elles sont le vulgaire produit du hasard et sont destinées à être domptées;
  • la lecture technocritique: elles seraient le résultat du progrès auquel il faudrait mettre un frein.

Les technocritiques oublient que l’espèce humaine ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui :

  • l’espérance de vie n’a jamais été aussi élevée;
  • la proportion de gens qui décèdent de maladies infectieuses diminue depuis deux siècles.

Ces résultats indéniables ont été obtenus grâce au progrès qui a été favorisé par l’interconnexion et dont les bénéfices se sont avérés supérieurs aux risques parce que leur maîtrise a été perfectionnée par lui.

Le changement climatique

De tous les risques modernes, le changement climatique suscite le plus d’inquiétudes.

Face à ce risque-là, comme face aux autres, il y a deux réactions possibles :

  • le catastrophisme : il extrapole les risques de manière outrancière;
  • l’évaluation calme des risques du progrès technique et des bénéfices dont on se priverait en y renonçant.

La deuxième attitude, attitude de résilience, consiste à s’adapter technologiquement et à développer des énergies moins carbonées, des techniques d’émission dites « négatives » ainsi que d’autres dispositifs prométhéens.

Le nucléaire civil est exclu par les technocritiques, non pas parce qu’il a un bilan remarquable en matière de santé et de sécurité mais parce que son abondance et son accessibilité comptent parmi ses défauts:

L’innovation salvatrice n’est plus reléguée au rang des chimères inaccessibles. Elle est redoutée.

Les autres dispositifs prométhéens relèveraient, par exemple, de la géo-ingénierie ou de la gestion du rayonnement solaire. Mais ils ne feraient pas l’affaire des forcenés de la révolution ou de la décroissance.

La croissance infinie dans un monde fini

– Un élément ne devient une ressource que lorsque l’homme parvient, par ses connaissances, à lui conférer une utilité :

La croissance peut être infinie dans un monde fini. Au préalable, pour gérer la rareté, qui constitue le point de départ de l’analyse économique, il faut que soient définis des droits exclusifs sur les choses, via la propriété.

– C’est parce que la rareté est indépassable qu’elle rend nécessaire le système des prix et le jeu de l’offre et de la demande :

Le capitalisme, fondé sur la rareté, donnée naturelle, résout ainsi les problèmes de surconsommation par l’augmentation des rendements à l’hectare, et de surpopulation par la répartition de la population dans l’espace.

En matière de sauvegarde d’environnement, la patrimonialisation, sous forme de propriété ou de copropriété privée, est le moyen moral d’y intéresser les hommes avec de meilleurs résultats que les pratiques répressives.

Nature et culture

Ceux qui reprochent à l’homme de s’extraire de la nature l’accusent simultanément d’entrer par effraction dans un monde sauvage qu’il faudrait sanctuariser.

Ce n’est pas la moindre des contradictions qui caractérisent les écologistes. Même lorsqu’il intervient dans la nature, l’homme ne fait qu’utiliser ses lois, que ce soit celles de la physique, de la chimie ou de la biologie.

On ne peut donc juger ces interventions que selon des critères qui sont proprement humains, tels que la justice, l’éthique ou l’esthétique, rien moins que sauvages. Aussi ce qu’ils appellent naturel est-il subjectif.

D’aucuns idéalisent la nature, puis dénient à l’homme le droit de s’ériger en arbitre de cette nature idéale. Pour eux, l’homme est un organisme comme les autres qui doit respecter l’intégrité de tous les êtres vivants.

Autrement dit, quand ces organismes représentent des nuisances pour l’homme, il lui est interdit de se défendre contre eux. Il doit se laisser faire parce qu’il est avantagé par rapport à eux: il est doué de raison

La nature serait un objet figé auquel les hommes ne devraient pas toucher, alors que pourtant, par exemple, ils n’ont pas inventé les migrations animales et végétales, quoi qu’ils les aient intensifiées via la mondialisation.

Les dictateurs en herbe

Sans surprise, la militarisation de la société imposée par le confinement au début de la pandémie a suscité beaucoup d’enthousiasme chez les écologistes.

Pour dissimuler leur projet de mise au pas, les dictateurs en herbe emploient la langue de bois: On parlera […] de renoncer à notre « souveraineté économique » en échange de la renaissance de notre « souveraineté anthropologique »…

Les propositions de la Convention citoyenne pour le climat sont au diapason de cet autoritarisme inavoué :

  • rationner toutes les consommations individuelles (pour contrecarrer la supposée surproduction);
  • ignorer les technologies indispensables contre le réchauffement climatique (pour éviter la remise en cause de l’abandon du nucléaire);
  • taxer davantage les dividendes et restaurer l’impôt sur la fortune (pour empêcher l’accumulation de richesses nécessaire aux investissements dans les technologies de demain).

Les dictateurs en herbe veulent qu’advienne une société sans classes en faisant de l’écologie son véhicule: la défense d’une nature personnifiée n’est que le dernier avatar du ressentiment contre les sociétés bourgeoises.

Conclusion

Nous serons d’autant plus capables de relever le défi écologique (qu’il ne faut pas sous-estimer) que nous serons plus libres et plus nombreux. Prométhée nous a donné le feu sacré de l’Olympe. À nous d’en faire bon usage en ignorant ceux qui ne rêvent que d’humilier les hommes. Le progrès n’a pas fini de nous émerveiller.

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