Publié par Jean-Patrick Grumberg le 16 octobre 2021

Pour les régulateurs communistes chinois, même un réseau social américain censuré était de trop.

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Microsoft a annoncé jeudi qu’elle cesserait d’exploiter son réseau social professionnel LinkedIn en Chine d’ici la fin de l’année. Dans une déclaration, l’entreprise a invoqué la censure à mots couverts – pour ne pas être censuré et pour rester politiquement correct, et déclaré que « l’environnement opérationnel [était devenu] nettement plus difficile, et [que] les exigences de conformité [étaient] plus importantes en Chine ».

Cette annonce est un moment symbolique pour les relations entre le monde libre et la Chine communiste dans le domaine de la technologie, car elle confirme la nouvelle approche stricte de la Chine en matière de censure de son industrie technologique.

  • LinkedIn est entré en Chine en 2014 après avoir accepté de censurer le contenu de son site pour cause de « désinformation » et de « sujets politiquement sensibles », comme Taïwan.
  • Microsoft, qui avait lui-même une relation longue et relativement forte avec les autorités chinoises, a racheté LinkedIn en 2016. Ces dernières années, elle a été la seule grande société internet américaine à proposer du contenu en Chine.
  • LinkedIn indique qu’elle exploitera un site d’offres d’emploi réservé à la Chine dans le pays, supprimant de fait la fonctionnalité de réseau social et de partage de contenu du site.

Cette sortie met en évidence la pression qui pèse sur les entreprises américaines quand le gouvernement chinois renforce son idéologie sur l’économie, mais montre également que la désinformation est un formidable prétexte à la censure, et que lorsque les gouvernements occidentaux font monter la pression, la censure monte aussi en Europe et aux Etats-Unis sur les réseaux sociaux.

Suivant une méthode plus douce certes, le même chemin que les communistes, dont les dirigeants de l’Union Européenne, les médias, et la gauche américaine de la Silicon Valley, partagent les racines idéologiques d’intolérance aux idées trop contestataires, est imposé à l’internet occidental.

« Le renforcement du contrôle de la Chine devient de moins en moins conciliable pour les entreprises occidentales », déclare Nina Xiang, analyste financière et auteur de US-China Tech War, un livre sur la concurrence et la collaboration dans le domaine des hautes technologies entre les deux plus grandes économies du monde.

« LinkedIn est à peu près la dernière grande entreprise américaine de technologie opérant en Chine qui implique du contenu », dit Xiang.

« Avec sa disparition, le découplage entre la Chine et le reste du monde ne fera que s’approfondir. »

L’annonce de LinkedIn fait suite à des mois d’intensification de la pression du gouvernement chinois sur son industrie technologique, avec des mesures de répression radicales et de nouvelles règles sévères.

Cette censure inclut un plan qui entrera en vigueur plus tard cette année pour examiner et réglementer les algorithmes de recommandation. Cela couvre les algorithmes que LinkedIn utilise pour suggérer du contenu, ainsi que de nouvelles relations commerciales potentielles aux utilisateurs. Facebook, qui se présente comme une entreprise transparente, utilise depuis longtemps des algorithmes totalement opaques pour orienter les informations qui s’affichent sur les pages des utilisateurs, poussant les médias de gauche, et excluant ceux de droite, interdisant les opinions divergentes sur de nombreux sujets comme le réchauffement, l’immigration, la vaccination, les théories du genre, les transsexuels et les LGBT.

« Le contrôle renforcé de la Chine devient de moins en moins conciliable pour les entreprises occidentales »

La pression montait sur LinkedIn depuis des mois.

  • En mars, des cadres de l’entreprise en Chine ont été réprimandés par le gouvernement pour ne pas avoir contrôlé les contenus politiques partagés sur la plateforme, malgré la censure.
  • L’entreprise a été invitée à procéder à une « auto-évaluation », à cesser de recruter de nouveaux utilisateurs et à rendre compte à l’Administration du cyberespace de la Chine dans les 30 jours.

Cerise sur le gâteau, même l’annonce du départ de LinkedIn de Chine a apparemment été censurée, les références à la « liberté d’information » et aux « exigences du gouvernement chinois » ayant été supprimées de la version publiée en Chine !

La différence avec l’Europe est que les citoyens chinois savent que les informations publiées des médias sont polluées par la dictature communiste, alors que les Européens pensent qu’elles ne le sont que partiellement, voire peu, pas sur tous les sujets, et pas trop à la télévision – qui est la pire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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