Publié par Dreuz Info le 11 octobre 2021

J’ai lu avec intérêt et plaisir l’article de M. Manuel Gomez concernant les manifestations d’Algériens le 17 octobre 1961.

Voici la lettre que j’ai adressée à la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. Elle soulève la question de la décision du gouvernement de proposer aux autorités locales d’attribuer un nom de rue ou de place publique à Messali Hadj, dont les troupes, militants, ont combattu les troupes françaises les armes à la main pendant la guerre d’Algérie. C’est une véritable honte.

J’avais écrit auparavant au président de la FNACA qui m’a répondu qu’il allait se saisir de la (ci-dessous, copie de sa réponse).

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A Madame la Ministre déléguée auprès de la Ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants

Objet : La France ne peut honorer la mémoire de Messali Hadj
Pièce jointe : Article de presse

Madame la Ministre,

J’ai l’honneur de porter à votre haute attention une initiative qui comporte une falsification de l’histoire ainsi qu’une grave atteinte à la mémoire des soldats morts pour la France. Les pouvoirs dévolus à votre ministère vous permettent de faire rectifier ces initiatives inacceptables.

La presse a divulgué, en mars, le « Répertoire de dirigeants, de combattants, d’intellectuels et d’artistes issus de la diversité » entériné par la présidence de la République. Son objectif est de « rectifier un manque de représentation de ces figures historiques dans l’espace public ». Il s’agit d’une liste d’un peu plus de 300 personnes issues de l‘Outre-Mer, des anciennes colonies ou de l’immigration, établie dans le but notamment d’inspirer de nouveaux noms pour les lieux publics.

Parmi ces personnalités qui auraient leur nom affiché sur un lieu public français figure Messali Hadj car il ferait partie des personnalités « qui ont contribué à notre histoire mais n’ont pas encore trouvé leur place dans notre mémoire collective ». Pour avoir droit à un tel honneur, Messali Hadj est présenté comme un « leader politique et acteur de l’indépendance ». Il s’agit là d’une véritable insulte faite au peuple français tout comme au peuple algérien.

Messali Hadj, apparaît sur la scène politique à Paris en 1926 comme un des dirigeants de l’Etoile Nord-Africaine premier parti à revendiquer explicitement l’indépendance de l’Algérie. Il mène ensuite ce combat politique et apparaît comme l’incontestable leader indépendantiste algérien.

Le premier novembre 1954, un groupe de militants, membres du parti qu’il avait créé, le Parti du Peuple Algérien-Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (PPA-MTLD), constitue le Front de Libération National (FLN) et déclenche la lutte armée pour tenter de conquérir l’indépendance de l’Algérie. Quelques jours plus tard, Messali Hadj fonde le Mouvement National Algérien (MNA) et lance ses militants dans la lutte armée contre les troupes françaises et contre les militants du FLN. Il fut vaincu et ses troupes détruites à la fois par les soldats français et par le FLN.

Du côté français, il semble que l’on veuille honorer un homme dont les militants ont combattu les troupes françaises les armes à la main. Il faut ajouter à cela les attentats et les exactions commis contre les populations civiles que l’on attribuait indistinctement, à l’époque, aux « Fellaghas » ou « Terroristes » ou « Hors-la-loi ». Dans ce cadre, il n’y a aucune raison de ne pas proposer les noms des dirigeants du FLN tels que Ben Bella, Krim Belkacem ou Amirouche par exemple pour baptiser nos lieux publics. Il faut noter, ce qui est grave, que dans cette liste n’apparaissent pas les « Algériens » qui ont combattu du côté français.

Il s’agit également d’une insulte faite au peuple algérien et à l’immigration algérienne en France. La guerre fratricide entre FLN et MNA fut sans pitié des deux côtés. Les estimations font état de 10 000 morts et 30 000 blessés. Dès 1958, le FLN avait éliminé le parti de Messali Hadj aussi bien physiquement que politiquement. Le MNA ne représentait presque plus rien ni en Algérie ni en France. C’est ainsi que les grandes manifestations de décembre 1960 en Algérie eurent lieu au nom du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) émanation du FLN. En France, après de sanglants affrontements avec le MNA, le FLN avait soumis l’immigration algérienne. En octobre 1961, c’est le FLN qui organisa les manifestations d’Algériens à Paris. Début 1962, le gouvernement français négocia les termes de l’indépendance algérienne avec les seuls représentants du FLN.

En 1962, à l’indépendance de l’Algérie, le peuple algérien était rangé derrière le FLN. Messali Hadj fut déclaré traître par les nouvelles autorités. Il lui fut interdit de se rendre sur le territoire algérien jusqu’à sa mort en 1974. Les tentatives de Messali Hadj de recréer un parti furent un échec en Algérie comme en France.

Alors que l’Etat français rend hommage aux harkis et leur demande pardon, un groupe de soi-disant experts s’est arrogé le droit de « réhabiliter » Messali Hadj au mépris de l’histoire du peuple français, du peuple algérien et de son immigration en France. La presse informe qu’un « Comité scientifique de plus de vingt personnes parmi lesquelles figurent l’écrivaine Leïla Slimani ou encore l’historien Pascal Ory a été chargé de cette mission. L’équipe dirigée par l’historien Pascal Blanchard a remis cette liste en février à l’Elysée qui l’a depuis validée ». Ce qui est sûr, c’est que les membres de ce comité ne représentent ni le peuple français ni les Algériens.

La France ne peut, à la fois, rendre hommage aux Algériens qui ont pris les armes à ses côtés et honorer cet homme dont les militants ont combattu, les armes à la main, les troupes françaises. Personne ne peut accepter une telle forfaiture contre la mémoire des combattants morts pour la France pendant la guerre d’Algérie.

Confiant dans votre autorité en matière de mémoire de la Nation, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Hocine Kémal Souidi
Docteur en sciences politiques
Professeur des écoles retraité


Réponse du 22 septembre 2021 du président de la FNACA

Monsieur,

Je fais suite à votre mail ci-dessous dans lequel vous portez à ma connaissance votre inquiétude quant à certaines propositions qui seraient faites concernant l’appellation de rue en relation avec les drames connus par l’Algérie et ses combattants.

Pour ce qui nous concerne, la FNACA est dirigée par un comité national représenté par son président.

Je ne manquerai donc pas d’aborder ces éventuelles propositions lors de notre prochaine réunion du comité national afin qu’une réponse soit donnée.

Je vous prie de croire, à l’expression de mes cordiales salutations.

Guy DARMANIN
Président National

Hocine Kémal Souidi

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